‹ La province chinoise du Yün-nan (volume 2)Chapitre 114 sur 174 · EXPÉDITION DE MA JU-LUNG DANS L'OUEST · texte numérisé non relu

EXPÉDITION DE MA JU-LUNG DANS L'OUEST

Les liang-iai qui précédaient l'expédition étant partis et Targent nécessaire aux premiers besoins ayant été réuni, rien ne retardait plus le départ des troupes. Les premiers corps devaient s'avancer jusqu'à Kuang-t'ung-hsien ; d'autres devaient les suivre de près et attendre dans cette ville le gros de l'armée. Tous les soldats chinois de l'expédition avaient très peu de notions du métier militaire, et comme la bravoure est une qualité à laquelle ils sont indifférents et qu'ils étaient, pour la plupart, Min-ping ^ (^ -^), ils auraient préféré rester dans leurs foyers. Les vétérans des campagnes précédentes voyaient avec plaisir cette expédition, qui leur promettait une forte rémunération s'ils revenaient victorieux.

1867. — Après toutes les compagnies. Ma Ju-lung, escorté d'une garde composée d'hommes d'élite, sortit de la (*apitale; le vice-roi et tous les mandarins l'accompagnèrent jusqu'à la porte de l'ouest, suivis eux-mêmes d'une grande foule, avide de ces sortes de spectacles.

A peine les lignes impériales eurent-elles atteint Kuangtung-hsien (^ ^ ^) que les rebelles de Ta-li, depuis longtemps préparés à toutes les éventualités, se mirent en devoir de recevoir leurs ennemis.

Dans cet intervalle, la marche des troupes de Ma Julung fut retardée, par suite de leur mauvaise organisation et du besoin d'argent qui se fit sentir au bout de quelques jours. On attendait de la capitale des fonds qui n'arrivaient pas, pour la bonne raison que les ressources de la province étaient épuisées.

Ma Ju-lung, que l'inaction consumait, proposa au vice-roi d'avancer lui-même les sommes nécessaires à la condition

* Peuple-soldat, hommes des milices.

d'en être remboursé plus tard. Cette combinaison, à laquelle les mandarins ne s'attendaient guère, vu qu'aucun d'eux n'était assez dévoué au gouvernement qu'ils servaient pour faire une proposition si désintéressée en des circonstances défavorables, leur prouva encore une fois qu'ils pouvaient avoir confiance en Ma Ju-lung. Le vice-roi accepta avec reconnaissance, de sorte que l'expédition projetée put suivre son cours.

Pendant que les fonctionnaires du gouvernement légal perdaient ce temps précieux, les soldats de Tu Wên-hsiu marchaient à la rencontre de leurs adversaires, qui, reconnaissant la nécessité d'éviter la confusion à laquelle donnaient lieu, un jour de combat, les couleurs multicolores impériales, décidèrent d'adopter l'étendard rouge en opposition à l'étendard blanc des insurgés.

Ma Ju-lung quitta Lao-ya-kuan pour se rendre à Lufêng-hsien (jj^ g ^), où il avait à régler l'ordre des corps qui l'avaient précédé.

La route impériale qui conduit à Ta-li-fu présente beaucoup de difficultés, surtout pour une armée. Dans certains endroits, les montagnes sont très élevées, et leurs sentiers escarpés sont si mal entretenus que les muletiers qui le« fréquentent sont obligés de se transformer en cantonniers pour y faire passer leurs chevaux.

A Lu-fêng, ayant appris que les rebelles s'avançaient. Ma Ju-lung fit presser le pas à ses ti'oupes ; il passa successivement She-tzii (:|^ ^ ), Kuang-f ung-hsien, où ses avant-gardes l'attendaient, et poursuivit sa route jusqu'à Ch u-hsiung-fu ; là, il établit son quartier général. Il revit avec plaisir cette ville qui avait été le théâtre d'un de ses plus beaux exploits, lorsque, défendant la cause musulmane, il était venu

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