SITUATION GENERALE DE LA PROVINCE
tonte lïâte ses chefs de corps. Les préparatifs (Vune expédition pour des parages aussi éloignés prennent d'habitude beaucoup de temps, mais ici, le cas était si impérieux que tout fut réglé en quelques jours. Il expédia quelques bataillons en guise d'avant-garde pour annoncer son arrivée et quitta lui-même Yun-nan-fu aussi paisiblement qu'il y était enti'é en revenant de Tung-hai.
Kuang-i libre, Liang Shih-mei assassiné et remplacé par Hu Hsiu-lin, il ne restait plus au sud en fait de rebelles que quelques chefs à Mêng-tzû et un autre à Kuo-chiu. Cîependant, malgré leur caractère indépendant et l'arbitraire dont ils faisaient preuve quelquefois, ils n'empêchaient pas le commerce de reprendre un peu d'activité; la province était désormais pacifiée depuis le Chin-sha-chiang au nord jusqu'au A-ti-chiang^ (p^ Jfg jji) ou Hung-chiang (j^ ^) au sud. L'est était soumis depuis longtemps et sauf quelques vols à main armée, rien n'était venu troubler la ti*anquillité de ce côté. Il ne restait donc que la partie occidentale, située entre Ta-li, Mêng-hua (^ >flj), Yimg-chang (^^ ^), Shun-ning ()|g g), Yiin-chou (^ j^) jusqu'à la frontière de la Birmanie qui fut encore au pouvoir de la rébellion.
Depuis que la capitale avait été délivrée et Ch eng-chiang et Hsin-hsing rendus aux impériaux, on pouvait suivre les progrès faits par le mouvement régénérateur. Aux marchands du pays venaient se joindre ceux du Ssû-ch'uan, du Kuei-chou et quelques-uns du Chiang-hsi, et la population qui avait fui devant la guerre rentrait peu à peu en possession de ses terres.
* Ce fleuve prend un nom dans chaque district qu'il traverse : à Yuan-chiang U est connu sous le» nom de la ville; plus bas il 'est appelé A-ti-chiang", et à Man-hao Hung-chiang.
Ce fut pendant la onzième année du règne de Tungchîh (1872) qu'une grande partie de la population du sud et de Fouest fut réintégrée dans les lieux et places qu'elle occupait avant la rébellion. Ceux qui, ruinés par la guerre, n'avaient pas les moyens de prendre possession de leurs biens, devaient néanmoins en faire la déclaration dans le district où ils résidaient sous peine de perdre leurs titres de propriété. Dans beaucoup de préfectures, de choit et de Jmen, les registi'cs du cadastre avaient disparu; on trouvait même difficilement dans les archives des Ya-mên, en partie détruites, des renseignements de nature à éclaircir les affaires; de là une foule de discussions sans issue. Malgré les moyens de conciliation employés par les mandarins civils et militaires afin de satisfaire leurs administrés, ils ne purent y arriver : ceux, dont les propriétés étaient plus ou moins bien situées, profitaient de ce qu'il n'y avait plus de preuves pour demander plus qu'il ne leur revenait; ces faite s' étant reproduits dans plusieurs districte, l'administration civile déclara comme appartenant à l'état tous les terrains dont les propriétaires avaient dispani, et fit la part des autres d'après les déclarations des notables du pays. Dès lors, toutes les difficultés furent aplanies, car chacun, craignant l'arbitmge des notables, rechercha la conciliation.
Le commerce et l'agriculture n'étaient pas seuls en bonne voie de rétablissement; l'industrie minière, peut-être la plus éprouvée de toutes en raison du grand nombre de travailleurs qu'elle avait perdus, faisait des efl^orts pour reprendre ses exploitations abandonnées. Les gens du Lin -an, qui avaient moins souffert que ceux du nord ou de l'ouest, s'étaient remis avec joie à leurs travaux.