‹ La province chinoise du Yün-nan (volume 2)Chapitre 146 sur 174 · FIN DE LA REBELLION · texte numérisé non relu

FIN DE LA REBELLION

rextrême ouest, fut envoyé à Têng-yliêli-fing jusqu'à l'arrivée du titulaire \

La question administrative réglée, il s'agissait de mettre un peu d'ordre dans les affaires de la population, car beaucoup de propriétaires étaient morts ou absents. Quoique les musulmans eussent été cruellement décimés, il en restait encore un assez grand nombre dans les environs de Ta-li, qui avaient accepté du semce dans les rangs impériaux avant et après la trahison de Hsia-kuan, ou bien qu'on avait reconnus innocents. Le Fu-tai, voulant autant que possible les écarter de cette partie de la province où ils avaient été si longtemps les maîtres, décréta propriété de l'Etat tous les immeubles appartenant à ceux qui n'avaient pas changé de religion. La même sentence fut appliquée sur tout le territoire faisant partie du département de Ta-li.

Le Fu-fai, dont la présence n'était plus nécessaire dans ces parages, revint à Yiin-nan-fu (septembre 1873).

Pendant l'absence de ce personnage, le vice-roi et Ma Ju-lung n'avaient pas perdu leur temps : beaucoup de districts furent purgés de bandes, de maraudeurs qui les infestaient. Au sud, dans le district de Pu-êrii-fu et de Sliihping, des chefs jusque là indépendants, se rangèrent sous la bannière impériale, et les mandarins civils purent exercer leur autorité sans difficulté. Les chefs de "Mêng-tzil-hsien, bien que se battant entre eux et s'administrant eux-mêmes, en firent autant. A Ta-chuang et à Sha-tien, les Tsung-fung, élus par le peuple, firent place aux Wei-yuan délégués par le Chili-clum d'A-mi et furent chargés de percevoir les taxes.

^ Yang Shêng-tsung fut, quelques mois après lo retour du Fu-t'ai à la capitale, nommé Chên-fai de 'l^ên^-yiiêh-oliou , mais il m» prit pas ixissessiou de sou i.(K<te.

192 LA RÉBELLION MUSL7.MANE AU YtN-NAN.

Ainsi finît cette guerre civile, le plus terrible fléau qu'ait à supporter un pays. Les ravages causés pendant cette période de seize années sont au-dessous de tout ce qu'une nation civilisée peut imaginer. H est intéressant de voir une population, naguère aussi pacifique que celle du Yiinnan, devenir en si peu de temps l'une des plus guerritTes de l'empire. Intelligents, énergiques, fiers et calmes, les habitants du YUn-nan ont su, même dans les moments les plus critiques, tirer parti de la situation qui leur était faiti?: laboureurs le matin, on les voyait l'après-midi le fusil on la lance au poing monter la garde devant leurs villages menacés, et toujours prêts à vendre chèrement leur vie. Chose remarquable! au lieu de se laisser abattre par le« calamités que leur a valu l'incurie de l'administration provinciale, ils sont toujours restés à leurs postes, confiants dans l'avenir et dans les ressources exceptionnelles que la richesse de leur pays mettait à leur disposition, pour réparer leitrs forces, reprendre les travaux et l'industrie dès que le dernier souffle de la tourmente aurait disparu.

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