‹ La province chinoise du Yün-nan (volume 2)Chapitre 151 sur 174 · tuàrmtr eie joib rq/ftieiair · texte numérisé non relu

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TRAITEMENT DU CUIMÎE. 225

qui provient de la cuisson du riz, tout en refroidissant le métal, produit un effet acide et décape toute la surface et lui donne une couleur rose qui aide beaucoup à la vente. Dès que l'eau de riz est évaporée et que la couche supérieure est assez résistante pour être enlevée avec des pinces, on retire ce premier tourteau et Ton poursuit jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien. Ces tourteaux sont mis à refroidii* sur le sol de l'usine, où l'on a préalablement étendu une épaisse couche de rameaux verts de sapin; on recouvre la matière, et quand tout est réduit en cendres, on achève de refroidir les tourteaux dans l'eau claire : l'acide provenant du sapin les décape à fond et ils sont bons à être vendus comme cuivre brut.

Le combustible employé pour ce traitement est de deux sortes : tantôt, c'est du charbon de bois blanc, tantôt du charbon de cliénc mélangé au premier. Ajoutons néanmoins que, l'essence de sapin dominant dans les montagnes où sont établies la plupart des usines, c'est en général ce charbon qui est employé.

Le minerai ai)porté dans l'usine est trié et rangé par catégories; il est ensuite concassé et débourbé pour le débarrasser de la gangue qui l'entoure. Avant de le mettre au fourneau, on y ajoute un cinquième de son poids d'une pieiTC siliceuse également concassée, que les iiuligènes nomment Kai'shih (^ ^), c'est-à-dire pien*e qui corrige ou modifie. Dans la mine de Tan-tan, où, dans les environs de Hsiianv^'ci-chou (^ ;^ iW)î ^^^ ^^ chercher cette pierre, elle revient, rendue dans l'usine, à 1 sapèque Yj, la livre \ Cette pierre a pour eifet de précipiter la réduction du minerai et

* Le change d'un tael (once d'argent) était, au moment do notre passage en novembre 1873, de 1,800 sapéques.

de cloiincr plus de fluidité aux scories ou sao. Quelquefois aussi d'après l'allure du fourueau et la qualité du minerai traité, Ton ajoute de vieilles scories, surtout celles qu'on suppose contenir du cuivre non réduit.

Quand le fourneau est réparé à neuf, on évalue qu'il faut une fois et demie autant de cliai'bon que de minerai ; mais dès que l'intérieur ou que la tuyère sont avariés, il faut augmenter de beaucoup la charge de combustible pour obtenir le même résultat. Pendant la marche, les scories s'écoulent incessamment; l'ouvrier les retire, comme il est dit plus haut, à mesure qu'elles se solidifient, et met à part celles qui paraissent contenir du métal non réduit. Un fourneau tel que celui que nous venons de décrire contient environ 350 à 400 livTes de matière. Cette première matte cuivreuse renferme d'ordinaire 55 à 70 pour 100 de cuivre pur; en cet état, elle est vendue au. prix de T. 4,50 à 5,50 le picul (100 livres chinoises). Dans les établissements un peu importants, ce cuivre, au lieu d'éti'e livré au commerce, subit une ou deux opérations qui l'amènent à un état de pureté tel qu'il n'a plus besoin que d'une dernière fonte pour être parfaitement malléable.

Après cette seconde opération, c'est-à-dire quand il est à l'état de cuivre fondu ou Chu-iung (^ ^), ils est livré au gouvernement. Bien que contenant encore 10 à 15 pour 100 de matières étrangères, oxydes de différentes natures, il est employé par les mandarins dans la fonderie de sapèqucs de Yiin-nan-fu ; là il est mélangé à un alliage composé de 30 pour 100 de zinc ta-hua^ (^ :f^), ou zinc à

* Les mines de zinc produisent deux qualités bien distinctes : la première a la cassure brillante et de grands cristaux (Ta-hua, grande fleur) ^ la seconde a la cassure mate et le grain plus tin (Ilsiao-liua, petite fleur).

Fourneau à affiner le cuivre.

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de fleur, et de 2 pour 100 de plomb ; c'est du moins la position qui sert aux sapèques eu cours dans la province. 3u d'usines épurent leurs produits jusqu'à complète mallité, à cause du surcroît de fourneaux et d'ouvriers ^ige cette opération; la plupart préfèrent vendre leurs uits à l'état de Chu-tung (cuivre fondu). Dans cet état, t propre aux travaux de fonte qui ne demandent pas

grande pureté, et il est recherché pour les grosses ïs. Par l'eflFet de cette seconde fusion, sa valeur est l)lement augmentée : le premier produit que nous avons

plus haut de T. 4,50 à 5,50 en vaut alors de 7,50 à

les 100 catties ou livres chinoises, affinage du cuivre, quand il n'a pas lieu dans les mines, ni arrive généralement, est fait par une classe d'arti-

de la capitale appelés Kai-iurig-chiang (^ ^ E) ^^^ iurs de cuivre. Les fabriques d'ustensiles de ménage us ceux qui ont besoin de cuivre pur pour leurs travaux venir ces ouvriers chez eux pour opérer sur place. t founieau à affiner est d'une construction particulière 3 ressemble en rien à ceux dont nous avons déjà parlé, ieu d'être bâti à demeure, il est mobile, et pour faire uer la matière on le fait basculer au moyen de longues lie^ de bois blanc.

i figure 6 représente la coupe et l'extérieur du fourneau :é sur les tiois pierres qui lui seiTcnt de support. La e inférieure, c'est-à-dire la base, est faite avec une dière en fonte hors d'usage, dont les dimensions varient t 50 à 90 centimètres de diamètre, itte première base établie, on élève dessus, avec un nge formé de 2 parties d'argile pour 1 partie de déde poteries concassées, une muraille cii'culaire, de 7 à

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8 eentiraètres d'épaisseur, jusqu'à la hauteur de 75 à 85 centimètres. Pour que la partie déjà bâtie ne s'affaisse pas sur elle-même, ou n'ajoute le mélangée que peu à peu, mais pas avant que celle qui vient d'être posée soit un peu résistante. Ce travail est très long, car, outre le temps de préparer le mélange, il faut aussi le battre constamment avec des palettes de bois afin de le rendre plus homogène et d'éviter les fissures qui ne manquent de se produire à mesure que l'eau s'évapore.

Dès que la cage du fourneau est montée, il est armé tont autour de lames en fer plat et solidement cerclé. On pratique ensuite deux ouvertures, l'une où doit passer la tuyère, l'autre, aussi large et à la même hauteur, i>our l'écoulement de la matière en fusion, et qui sert aussi à brasser le métal.

Ce fourneau est brasqué à l'intérieur, seulement lorsque la masse est parfaitement sèche. Les premières couches de brasque sont fournies avec du charbon de bois concasse et une partie d'argile; on met du charbon pour faciliter Féchappement des gaz ou de l'humidité par les évcnts ménagés tout autour du foiul. Les couches suivantes sont préparées avec du poussier de charbon, en augmentant un peu la quantité d'argile pour empêcher le métal en fusion de filtrer au travers. L'intérieur, brasqué jusqu'au tour des ouvertures, est séché durant quelques jours à l'air libre; puis pour le sécher définitivement, et afin de ne pas brûler la brasque, on enduit rintérieur d'une mince couche de terre glaise presque liquide; on remplit la cuve de charbon de bois de sapin, et on met le feu par le haut avec des charbons embrasés; la combustion s'opère lentement et les parties trop humides laissent évaporer l'eau sans occasionner de fissures.

11 y a deux tuyères pour chaque opération : ce sont des cylindres de 30 centimètres de long, de la même matière que celle qui a servi à faire le fourneau; Tune est droite, et l'auti'c a le museau arrondi de façon à envoyer le vent peq)endiculairement au milieu du fond. La première est employée pour commencer l'opération; mais aussitôt que toute la matière est fondue, elle fait place à la seconde. Cette nouvelle tuyère installée, on procède à Taffinage; cette partie du traitement, dite par les Chinois Pèn-iung (p^ ^), a pour but de faire successivement passer toutes les molécules du métal sous le vent oxydant de la tuyère et de les mettre en contact avec le charbon, que de temps à autre on jette à la surface du bain. Les ouvriers brassent constamment la matière avec des perches de sapin, qui la font bouillonner. Les hommes qui sont au soufflet le manœuvrent par secousses pour activer l'opération; c'est cette manière de souffler qui a fait donner à l'opération le nom de Pcn-t'ung (soufflage du cuivre).

Après une heure environ de marche dans ces conditions, le métal est à peu près débarrassé de tous les oxydes; l'ouvrier surveillant enlève les scories à mesure qu'elles se forment, et quand il pense que la matière, par les essais qu'il prend, est assez dépouillée, on passe au coulage.

Le fourneau, comme nous l'avons vu, est mobile. On commence d'abord par enlever les tuyères; on débarrasse ensuite la surface du charbon qui la recouvre, et des hommes, armés de longues barres en bois, font basculer le fourneau sur les deux pierres de devant, pendant que d'autres reçoivent la matière dans des moules établis sur le sol de l'usine ou dans des poches. Afin d'empêcher, quand la matière est presque toute coulée, le fourneau qui est très incliné de

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tomber en avant, deux hommes le maintiennent avec des barres et aident à le replaeer d'aplomb.

Ces artisans, dont la spécialité est d'affiner le enivre, ont une telle habitude du métier que bien souvent ils ne preiment pas la peine de prendre des essais et qu'ils connaissent a vue d'oeil si l'opération est terminée ou non. Ils ne se bonient pas à opérer sur le enivre qui dans les nnnes a été fondu une deuxième fois, ils traitent aussi beaneouj) de cuî>Te de première fusion et l'amènent à l'état de eui>Te fondu ou Chii'tung; dans cet état il est généralement employé pour tous les objets en cuivre fondu. Quand il est destiné aux marchands de poteries de cuivre, il est affiné jusqu'à ce qu'il soit parfaitement malléable.

La rébellion, en interrompant tous les travaux et en paralysant le commerce, a jeté le plus grand désarroi dans Tindustrie minière ; les exploitations ne fonctionnant presque plus, tous les métaux ont considérablement renchéri : ainsi le cuirn affiné dit Shu-fiuig (^ ^), qui, avant la rébellion, ne valait que T. 10 à 11 (70 à 77 fr.) le picul, se vendait en 1873 T. 17 à 18 (119 à 126 fr.).

Si en général presque tous les métaux se trouvent répandus en gisements importants et nombreux dans le Yun-nan, Tétain est peut-être le seul qu'on ne trouve que dans un endroit à Kuo-chiu, district du département de Lin -an, à 30 lis de 3Iéng-tzû-hsien. Ce village, par sa situation au centre de montagnes très élevées dont les ramifications s'étendent vers le sud jusqu'à la frontière du Tong-king, est aujourd'hui ^^ centre d'une exploitation des plus florissantes de la pro\'iii ^"^^

Si l'on doit en croire la tradition, on ouvrit au hasard ^'^' premières galeries, il y a environ deux cents ans, alors ^^^

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