‹ La province chinoise du Yün-nan (volume 2)Chapitre 152 sur 174 · L'ETAIN. SON EXPLOITATION · texte numérisé non relu

L'ETAIN. SON EXPLOITATION

ce pays était désert et couvert de forets. Les premiers miueui's qui se hasardèrent dans ces parages étaient conduits par un chef bien connu dans les environs. Possédant une certaine somme d'argent qu'il avait gagnée dans les mines, il réunit quelques mineurs dévoués et vint avec eux s'établir au milieu des boia dans l'intention d'y faire fortune. Après avoir choisi les endroits qui d'après leur expérience paraissaient les plus propices, ils se mirent courageusement à l'œuvre, mais sans succès. Les galeries s'approfondissaient tous les jours, sans que le moindre indice du métal qu'ils cherchaient vînt leur donner une lueur d'espoir. Des mois se passèrent ainsi sans amener de changement. L'argent diminuant, les provisions furent un peu économisées. Le chef cessa de manger du riz pour se nourrir de toii-fu^ (]g j^). Malgré les privations qu'on s'imposait, les dépenses n'allaient pas moins leur train : le dernier lingot fut échangé contre des céréales; encore quelques jours, et les ressources allaient être épuisées. Les ouvriers, s'aperce vaut des inquiétudes de leur chef, essayèrent de le persuader de chercher ailleurs; il s'y refusa. Cependant, à la suite d'une visite minutieuse dans les galeries, n'ayant relevé aucun signe de la présence du métal, il quitta le chantier pour ne plus y revenir. Dans le courant de la même journée, un des ouvriers découvrit une veine puissante de galène argentifère. Détachant plusieurs échantillons du précieux métal, ils se mirent en quête du chef pour lui communiquer l'heureuse trouvaille, et ne parvinrent à le rejoindre qu'à 30 ou 40 lis de la mine.

« Farine de haricots moulus avec de l'eau chaude, précipitée avec du plâtre, elle 86 prend comme du lait caillé; elle est ensuite mise entre des linges et pressé pour en exprimer toute l'eau qu'elle contient. Dans cet étjit elle ressemble beaucoup à du fromage blanc, mais a une odeur accentuée de haricots.

232 I-V METALLUHOIK AU YCN-XAN.

D'après les indigènes, eette exploitation devint si fructueuse que les premiers associés firent chacun une jolie fortune. En témoignage d'actions de grâces au génie de la montagne qui avait favorisé leurs travaux, ils élevèrent dans le voisinage deux magnifiques temples. Bientôt, une foule d'ouvriers, attirés par l'espoir du gain, affluèrent à Kuo-cliiq, et ce district, naguère désert, se peupla rapidement. De nombreuses galeries furent percées avec succès, et depuis eette époque, ce massif montagneux a founii une grande quantité de métal.

Quoique éprouvée par la rébellion qui lui a enlevé un grand nombre de bras, et par la fermeture du Tong-king, cette grande exploitation occupe encore environ 3,000 personnes, dont les deux tiers sont employées à l'extraetiou et au traitement du minerai ; le reste exploite la galène argentifère, le cuivi-e, le zinc et le fer; mais ces derniers minerais ne sont pas le sujet d'un traitement très actif à cause des frais de transport.

Plusieurs des grands propriétaires actuels qui se succèdent de père en fils, nous ont assuré que certaines galeries longtemps exploitées pour de la galène ont subitement présenté dans les filons des interruptions, h la suite desquelles la galène a totalement disparu pour faire place à de puissants filons d'oxyde d'étain, d'un excellent rai)})(>rt.

Le traitement de ce minerai, tel quMl est ju'atiqué \ les indigènes, est des plus simples, et les résultats ol)tei quoique laissant à désirer sous le rajqmrt de la purc^ et de la production, peuvent être considérés comme sat faisants.

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