ROUTE DE TA-LI-FU A BHAMO
pestilentielles que les muletiers disent être forcés de traverser ^ Ma Tê-hsîng, qui avait fait plusieurs fois ce voyage, nons a souvent dit que ces parages ne pouvaient être fréq[iieiités en été à cause des miasmes pestilentiels qui se dé- ^ag'cnt des fleuves. Si Ton en croit les Chinois, respirer le brouillard matinal qui s'élève sur l'eau suffit à donner la mort en quelques heures; aussi, n'est-ce qu'en se bouchant le nez et les oreilles et surtout en fumant quelques pipes d'opium, regarde comme im préservatif, qu'ils s'aventurent à traverser ces dangereux endroits. Ma Tê-hsing nous a assm^é n'en avoir jamais souffert, mais il a vu beaucoup de» gens de la caravane (car, à cette époque, on ne pouvait traverser ces montagnes qu'en troupe et en armes) être attaq^u^s de fièvres pernicieuses contre lesquelles on ne connaispas de remède. Il était d'avis que ces endroits ne sont bons à habiter; cependant les Chinois superstitieux ont beaucoup exagéré le mal.
Xes marchandises qui, avant la rébellion et depuis que le
^^a-lme est rétabli, an-ivent par cette voie, dépassent rarement
Ta,-li-fa. De là elles ont encore quatorze jours de marche
P».x terre pour être rendues à la capitale. Or, en supposant
^"ttc le prix de transport soit sur tout le trajet de T. 0,30
P»x cheval, ce qui est le cours régulier au Yun-nan, nous
trouvons que le poids de 100 livres chinoises (60 kilos)
^oûte pour trente-quatre jours de marche T. 10,20 (71 fr.
^O c.); et nous n'y faisons pas entrer les droits de douane
^t autres dépenses. A notre connaissance, peu de marchandises
Peuvent supporter des frais si dispendieux. D'un autre côté,
' Nous avons vn les habitants du plateau de Mêng-tzrt donner les mOmes '^"^ons pour se rendre à Man-hao, et ceux de Yiian-chiang refuser, à moins ^ï^ bien payés, de franchir la frontière pour entrer dans le Laos, d'où vient **® ^ande partie du coton consommé dans tout Test et le sud du Yun-nan.
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la configaration da pays ne permet pas. à moins d'énorH^^ dépenser, que le gouvernement chinois ne fera certainem^^ pas. d*adopter un autre moyen de locomotion, la route ^ tueUe étant tracée dans des parages trop abrupts. Il s'^suit donc que les produits pénétrant au Yiln-nan par cetr voie ne peuvent guère avancer au-delà de Ta-li-fu, par* qu alors, ils rencontrent la concurrence des produits exp^ diés à meilleur marché par les autres routes. Comme I population entre Ta-li-fu et Bhamo est surtout montagnard et que les ailles sont peu peuplées, le courant d'împortatic est. pour ainsi dire, limité. Quant à l'exportation, il ny que les métaux provenant des mines situées à Textrémî ouest, les drogues médicinales et un peu de thé qui puisseï descendre par cette voie.
La seule possibilité, à notre avis, d'établir une route con merciale en état de desservir toute la pro\ince à partir C la capitale et de dériver à son profit le courant des affaires q^ se divise aujourd'hui entre les autres voies, consisterait dan rétablissement d'un chemin de fer entre Ta-li-fu et Bhamo. C projet, qui a été de la part des explorateurs anglais l'obj^ d'études sérieuses, est entouré de grands écueils et exij non seulement des travaux gigantesques, mais aussi d sommes d'argent considérables. En présence d'une pareil entreprise on se demande si le bénéfice, quelque impc tant qu'il fût, serait en rapport avec les dépenses. 1 question d'argent serait facile à résoudre, car les capil listes anglais ne manqueraient pas de faire crédit à n telle entreprise ; mais là n'est pas la seule pierre d'achopi ment : il faudrait auparavant s'assurer du consentement ci gouvernements sur le territoire desquels la ligne projet devrait passer, et c'est là un obstacle à peu près invincib
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puis en vingt-cinq jours au moins à la capitale. Total, un peu plus de trois mois.
Le Hsi-chiang, d'après ce que nous ont rapporté plusieurs voyageurs qui Tout suivi à différentes époques de Tannée, offi'e au moins autant d'obstacles à la navigation que le Yang-tzû-chiang ; les rapides y sont multipliés et difficiles à franchir; de plus, les rives sont infestées de pirates, qui de temps à auti'e pillent les bateaux qui passent. Malgré les efforts des autorités chinoises pour assurer la sécurité des marchands, on ne peut compter que sur une protection relative dans certains districts du Kuang-hsi.
Avant la fermeture de la voie du Tung-king, le coiu'ant commercial, en ce qui concernait le Yiln-nan, était très restreint ; mais depuis sa fermeture, tous les produits des mines du sud et d(» Test ont pris cette route. Les droits de douane que les produits qui viennent de Canton ont à acquitter dans les provinces du Kuang-hsi et du Ytin-nan, ainsi que les frais de transport, sont très élevés; cependant, on importe par là une quantité d'articles de production chinoise et européenne, qui sont vendus sur les marchés du sud du YUn-nau à plus bas prix que ceux qui arrivent par la route de Cliaofung-fu en traversant tout le Ssil-clùian; route considérée par les marchands comme la plus économique.
La sixième route, celle qui, d'après la situation géographique de la province, est appelée à prendre le plus grau^ développement, est sans contredit celle de Man-hao par 1^ fleuve Kouge ou Song-koi.
Cette route fluviale, à notre avis la route naturelle il^^ Yiin-nan, était, avant la révolution qui a dévasté cette régio"^ suivie par tout le courant commercial qui alimentait ur^