ROUTES (X)M MERCI ALES DU YCN-NAN
Sans vouloir exagérer l'importance de la route du ^ king, dont nous avons fait ressortir les avantages, e place pourtant, dans Fhypothèse d'une voie ferrée, en mîère ligne. En eflfet, si Ton considère la faible di^qui sépare Mêng-tzû et Man-liao de la capitale, on qu'il suffira de quelques heures pour se rendre du 1 Rouge dans cette dernière ville. Les travaux et le penses à faire sont peu de chose, si on les rapprocli» autres lignes. La route de l'ouest, celle qui passe Lin-an, Tung-hai, Hsin-hsing-chou, Chin-ning et Yiln-nî est assez accidentée jusqu'à Lin-an; sauf quelques co qu'il faudrait percer, le tracé n'oflfre pas de diffic sérieuses. A partir de ce point, on }K)urrait s'élevei une suite de montagnes pour redescendre dans la plah Cln-chiang, gravir ensuite le plateau de Tung-hai e descendre à Hsin-hsing-chou. De cette ville à Kuei-] on peut contourner les collines et gagner directeme capitale en suivant la rive orientale du lac. Du côtt c'est-à-dire en passant par A-mi-chou, IVIi-lo, Lu-nan, L et YUn-nan-fu, la ligne peut être tracée jusqu'à la ca avec bien moins de difficulté; bien que le terrain soit propice, il faudrait cependant contourner quelques cli de montagnes, mais ces travaux ne rencontreraient pas stades sérieux.
Avec des avantages d'une si haute importance, on doi dure sans peine que le mouvement commercial, en g partie, sinon tout entier, destiné aux proAinces du sud-< qui suit à présent les voies du Yang-tzû ou du Hsi-ch sera forcément entraîné de ce côté. H est difficil dire jusqu'à quel point un chemin de fer établi dans partie du Ylln-nan porterait atteinte au commerce d<
à V ouest du Kuei-cliou et au nord du Ssû-clniau, arrivant maintenant par le Yang-tzû. Le trafie de ces deux provinces 8e fera peut-être par la vieille route, non pas qu'il n'y eût avantage à faire passer les produite d'importation et d'exportation par la voie du Tung-king, mais parce que les habitants, aussi bien chinois qu'indigènes, ont leurs intérêts trop intimement liés avec ceux des marchands du Sstl-ch'uan; ensuite, le haut Yang-tzù avec les vastes agglomérations de population qui bordent ses rives, ses grands marchés et les facilités de transport et de débouché, font que cette voie, même en perdant le trafic des provinces du sud-ouest, sera toujours la plus grande artère commerciale de l'empire chinois.
D est peut-être un peu prématuré de croire que le gouvernement ait l'intention d'établir des voies ferrées. Le besoin de moyens de transport plus rapides, dans les provinces qui ne possèdent pas ce système de canaux qui fait la richesse* de celles du littoral, ne s'est pas encore fait Bentir avec assez de force pour attirer l'attention du gou- "Vemement. Cependant, il y a tout lieu de croire que, si un Système de transport plus rapide avait pu être organisé iKDur porter secours aux provinces qui ont tant souffert de *a famine en ces dernières années, on aurait évité de grands ^^sastres, et cette population que la faim a chassée de ses loyers, au lieu d'errer d'une province à l'autre pour se créer ^^28 ressources, aurait été secourue à temps chez elle. La disette, qui dans l'intérieur a réduit le peuple à la misère, H. aussi éprouvé les provinces du littoral, mais là, grâce à la navigation à vapeur, le mal a passé presque inaperçu, parce que, aussitôt que les grains ont manqué, on en a ex- P^ié des autres ports.
278 ROUTES COMMERCIALES DU YtX-NAN.
Qu'on jette un coup d'œil en arrière et que l'on compare la Chine d'aujourd'hui à ce qu'elle était en 1842 : quel progrès, sans s'en apercevoir, n'a-t-elle pas fait vers la civilisation modenie ! Des arsenaux ont été créés dans différentes provinces; celui de Fu-chou, fondé et dirigé par des officiers français a déjà doté la Chine d'une marine d^ guerre, et formé dans ses écoles des ingénieurs et des offii-' ciers de vaisseau dont une mission en Europe complet^ l'instruction et l'expérience; on a établi des lignes télégra^ phiques; une flotte à vapeur de commerce promène sur le=mers et les fleuves le pavillon chinois, qu'on ne voyait autrei!^ fois que sur des jonques. La création de steamers a forcé 1^ gouvernement, pour les alimenter du combustible nécessaire. -" d'ordonner l'exploitation à l'européenne de quelques gisements de houille. C'est là mie tentative qui donne de légitimes espérances, et l'on peut attendre avec confiance lej moment prochain où les riches mines de l'intérieur, et celles du YUn-nan en particulier, cesseront d'être livréeB à la routine. Ce vœu, du reste, nous l'avons entendu formuler paa les populations intéressées dans cette féconde industrie.
FIN