VISITE AU TEMPLE DE CUIVRE
'Tai que cette attention n'est pas précisément désintéressée: iès que les boutons sont bien développés, ils les coupent pour les offrir aux grands mandarins qui, à leur tour, font un cadeau en argent à celui qui les porte.
Les temples, quoique ayant logé des troupes rebelles, n'ont oas souffert; tout y a gardé le cachet pittoresque que les 'hînois, avec leur goût naturel, savent si bien distribuer. ^ans le bois, au milieu des chênes et des sapins sur leslels gambadent une foule d'écureuils, on rencontre également autres essences, telles que le Huang-lien-fou (^ ^ gg)
le TzO-you-mu (g ^ ^), espèce de gaïac particulier L Yiin-nan^ Tout ce paysage est charmant, et, d'après ce le nous disent les bonzes, on y voit en temps ordinaire de ^nibreux visiteurs, surtout des lettrés qui aiment à méditer à ^rnbre des massifs. Les gardiens de ces saints lieux, loin être las de cette curiosité, en sont enchantés au contraire, lîeque grâce aux offrandes qui en résultent pour eux, elle îxi; à accroître leurs moyens d'existence.
Les sectateurs du Coran doivent avoir été sans pitié pour ft» bonzes et les Tao-shih, car ce n'est qu'à de rares intervalles et dans les grandes villes que l'on rencontre des prêtres de ces cultes.
Sur les collines, à 5 lis au nord-est de la capitale, est
situé le temple de Tsu-shih (jjg^ gjp). Cet édifice, qui date
in dix-septième siècle, est tout en cuivre : pas la moindre
parcelle de bois n'est entrée dans sa constniction ; tuiles,
[wrtes, fenêtres, etc., tout est du même métal. Il est difficile
' Ces deux espèces d'arbres ont de petites feuilles d'un vert brillant par
eaeas et mat par dessous; avec le temps elles atteignent des proportions consi-
érables ; Tune et Tautre sont d'un bois très dur. Le premier, quand il est exposé
Tair, prend une teinte jaune; le second est veiné comme le gaïac et aussi
distant.
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de savoir quel est le mobile qui a inspiré un travail artistique (le cette singularité et aussi coûteux. A notre connaissance, il n'existe en Chine qu'un autre spécimen de ce genre, mais de plus petites dimensions, c'est le temple élevé sur un des versants de la colline de Wan-sbou-shan (^ ^ \ï\\ à Pékin. Il est possible que, l'industrie minière florissant à cette époque au Yiln-nan et durant une paix profonde, les mineurs et les artisans de la province aient voulu donner à Bouddha un témoignage de leur reconnaissance en lui consacrant un temple tout en cuivre. Cette hypothèse, qui parait être la plus logique, est vigoureusement combattue par un grand nombre de personnes autorisées, qui prétendent que la matière ainsi que les frais de construction ont été payés en partie par le gouveniement à titre de don, et en {partie par une souscription publique entre les négociants et industriels. On célèbre dans ce temple une fête particulière : au cinquième mois, les artisans, laboureurs et travailleurs de toutes sortes, y vont en grand nombre porter des offrandes. Avant la rébellion, ce pèlerinage était en vogue, aujourd'hui il e^t tombé en désuétude et les dévots préfèrent se rendre à Heilung-t'an, dont le site, plus vaste, est beaucoup plus pittoresque.
Nous quittons Hei-lung d'assez bonne heure, le 4 de la première lune, afin de terminer nos préparatifs pour nous embarquer le lendemain, ainsi que nous l'avait fait espérer ^[a I-chaug. Il avait hâte, d'après les ordres qu'il avait reçus de son beau-frère Ma Ju-lung, de nous voh: en route; mais tous ses efforts pour nous procurer un bateau restèrent infructueux : réquisitions, offres avantageuses d'argent, rien ne put ébranler la paresse des bateliers. Il est juste d'ajouter