‹ La province chinoise du Yün-nan (volume 2)Chapitre 64 sur 174 · PROSPERITE DES MINES DE CH'A-TIEN · texte numérisé non relu

PROSPERITE DES MINES DE CH'A-TIEN

résultats. Us adressèrent une demande de concession * au chef de la localité.

De tous côtés on signala la présence du minerai d'étain, de galène argentifère et de zinc, mais en quantité parfois **i minime que les entrepreneurs, découragés, préférèrent renoncer à leurs travaux et à leur droit de propriété. Le marchand ou industriel chinois, fidèle à ses habitudes de sévère économie, n'aime pas à dépenser son argent quand, a. XIX premiers pas qu'il fait, ses etforts ne sont pas couronnés dcî succès. C'est ainsi que des concessions abandonnées furent reprises par des travailleurs plus persévérants, qui virent dans la suite leurs sacrifices compensés au-delà de toute ^^pérance.

Les produits augmentant, les sentiers ti'acés dans la mont:a,gDe devinrent trop étroits pour donner passage ^ux nom- ^l'eiix mulets ou bœufs employés à transporter le mbierai Jusqu'aux fourneaux. On oiUTit de larges voies de communication, parfaitement dallées, qui, partant du village, s'étendaient, à travers les ondulations du massif, jusqu'au centre ^^s exploitations; elles permettaient de plus, en diminuant

^ Le mot concession de mine, qui signifie en Europe monopole d'exploitation

^^ïoyé sons certaines réserves à une compagnie, a, en Chine, une acception

afférente. Toute personne qui demande à ouvrir une ou plusieurs galeries en

^^^it toujours Tautorisation des fonctionnaires locaux sans avoir rien à débourser;

elle opère à ses frais, et le sol qu'elle fouille devient sa propriété exclusive; si

^"^ suspend ou abandonne l'exploitation jwur un motif quelconque , nul n'a le

wn>it d'y travailler sans le congé préalable du propriétaire.

Bien que plusieurs galeries soient ouvertes dans le même endroit par un seul ou plosicars propriétaires, tout nouveau venu, dûment muni d'une autorisation, P^^t, en vertu des règlements des mines en vigueur dans le YUn-nan, s'établir Ott bon lui semble , sans être exposé à la moindre récrimination , à moins qu'il ï* interrompe ou n'entrave les travaux de l'occupant voisin. En ce cas, le litige ^ porté devant un jury composé d'industriels et de mineurs, et les deux parties ^ *»umettent rigoureusement à la décision prononcée.

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les frais de transport, de voyager en tous temps et sans se préoccuper des intempéries, qui souvent arrêtaient la marche des convois par suite des ornières impraticables formées dans la saison des pluies.

Notre hôte, ainsi qu'une grande partie des habitants de ce district, avait ouï dire que les Européens étaient passés maîtres dans la métallurgie et qu'en outre de leurs connaissances pratiques, ils avaient le don de voir à six pieds sous terre et d'être ainsi en état de déterminer la direction des filons ; que, si la vue n'était pas suffisante, ils y suppléaient au moyen de la canne qu'ils i>ortaient toujours avec eux. Poussé par un sentiment de curiosité, ou peut-être dans l'espoir d'obtenir quelques renseignements précieux pour lui, notre hôte s'empressa de nous proposer d'aller voir la montagne. Cette proposition fut, on le pense, la bien venue, car avec un tel patronage, les difficultés que nous aurions pu rencontrer si nous avions été seuls, s'aplanissaient d'ellesmêmes.

La route dallée, dont nous avons parlé plus haut, est assez large pour que quatre chevaux puissent passer de front ; elle monte en pente douce, en suivant de nombreuses sinuosités.

Sur le plateau, la plupart du temps envahi par des brouillards, la nature prend un aspect sévère. Des géodes et des cônes aigus, dont quelques-uns boisés, sont disséminés çà et là; quelques temples, adossés aux collines, donnent asile au mineur dévot, qui n'a pas le temps de descendre au village pour remplir ses devoirs religieux.

Une foule de sentiers qui viennent aboutir à la route rayonnent dans tous les sens et desservent les galeries éloignées. A droite et à gauche, devant et derrière, des

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exca-Tations béantes et le sol fraîchement remué, annoncent des travaux en pleine activité. Partout oii se porte le regard on voit entrer et sortir l'infatigable mineur; ses vêtements de toile grise, rougis par le frottement des parois des galeries et par la poussière de minerai lui domient une apparence fantastique. En l)eaucoup d'endroits, les passages sont si étroits et si bas que les ouvriers sont obligés, pour y pénétoer, de ramper comme des lézards; ils sont du reste munis de fortes genouillères en cuir, et, comme il leur serait impossible de porter leur charge entière sur le dos, le minerai extrait est placé dans des sacs, ce qui permet de le diviser en deux parties qu'ils font passer moitié sur les épaules, moitié devant eux. Ils ont pour coiffure un grand turban de même étoffe que leur vêtement, ou un chapeau à conies, auquel est suspendue ime lumière fumeuse, soutenue par un tuyau de bambou qu'ils allongent ou raccourcissent à volonté selon les endroits qu'ils ont à traverser.

Les ouvriers chargés d'abattre le minerai et ceux qui le portent au dehors sont ordinairement choisis parmi les plus Jeunes et les plus vigoureux. Le manque d'aii- et les difficultés que présente l'extraction altèrent singulièrement leurs forces, et c'est tout au plus si, passé trente ou trente-cinq ans, un mineur peut continuer ce dur métier. Ceux d'entre €ux dont la santé est épuisée par un séjour trop prolongé rfaiis les galeries font place à de plus jeunes; mais comme Ie« premiers ont acquis beaucoup d'expérience, on leur confie la surveillance et l'inspection des travaux souterrains.

Les galeries que nous avons viisitées ont généralement à l'entrée l'",90 de haut sur O'",00 de large; ces dimensions, qui seraient suffisantes pour permettre une extivac^tion relativement facile, diminuent peu à peu, jusqu'à n'être plus

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souvent qne des ti-ous de renard où il faut se glisser rampant. Toutes les galeries prennent jour dans les liani de la montagne ; parfois les filons sont assez réguliers et i prolongent assez loin sans trop de détoiu-s : par contre, i suivent d'autres fois une direction très irrégulière, disp raissent presque tout-à-fait et présentent des amas consid râbles, ou bien encore descendent des pentes rapides, même plongent verticalement.

Dans les endroits où le minerai, au lieu d'êti'e en filo est aggloméré, tout a été parfaitement débité, et ces e droits forment des refuges, où les ou>Tier8 viennent se i poser. Comme il serait impossible à un nombreux personii de se mouvoir dans des passages où un seul homme a bea coup de peine à sortir, des gares sont ménagées de distan en distance afin d'assurer le va-et-vient sans interruption.

Quand les galeries se prolongent à plusieurs centaines < mètres, la raréfaction de l'air fatigue les travailleurs ; bieni les lumières s'éteignent, et l'exploitation doit être abandonn si l'on ne peut, en perçant des puits ou de nouvelles gai ries, rétablir le courant d'air. Mais la plupart du temps i semblable travail est au-dessus de leurs moyens, alors si tout qu'ils ont déjà fait de grosses dépenses en pure pert aussi aiment-ils mieux recourir à une méthode plus simp] donnant des résultats médiocres, mais peu coûteuse.

Les machines employées en cette cii'constance sont cell qui servent communément à vanner le grain. Ils installe une de ces machines à l'endroit où l'air, quoique impur, t encore respirable; placée de façon à ne pas intercepter passage, elle est mmiie d'un tuyau de décharge en bois, ( 25 à 30 mètres de long, qui va s'adapter à une ou vertu percée à l'arrière d'une autre machine placée plus en avai

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la^quelle aspire l'air envoyé par la première. On en établit quelquefois jusqu'à une quinzaine. Ces grossiers appa- , mus à force de bras, sont loin de remplir les conditions nécessaires à une bomie ventilation; et malgré la peine qn'oii prend à les installer, leur imperfection est si grande et la force motrice si irrégulière, que ce n'est qu'avec de pénibles efforts qu'on parvient à alimenter d'air une profondenx- de 100 à 150 mètres. Dans plusieurs galeries, on a . tenté de produire l'aération à une plus grande profondeur, maïs sans succès. Il est inutile d'ajouter qu'un tel système ne peut être employé que dans les galeries dont le filon se développe assez régulièrement, car dans le cas où il faudrait suivre des inclinaisons trop rapides ou des angles trop brusques, il n'est pas applicable.

X^oilà pourquoi une foule de galeries, où le minerai est

^l>oridant et de bonne qualité, sont abandomiées; dans d'autres,

tels mineurs s'obstinent, bien que leur lampe s'éteigne, à

^av^^iller dans les ténèbres, et ils sont quelquefois victimes

*^ leur témérité.

le jour où nous allâmes visiter, avec le chef Pêng, une

"^^J^ entrées principales, que les indigènes appellent Lao- ^" ^ng-mên-tung (Grotte vieille porte de rempart), où viennent

^^^^^"^erger beaucoup de galeries, dont certaines sont ouvertes lis un siècle et demi, il arriva un accident de ce genre. Un

Ae

^^^^^^:rier d'une vingtaine d'années fut enti-aîné par quelques-uns ^ ^68 camarades, qui avaient réussi à atteindre un amas con- ^^ arable de minerai, au risque d'être étouffés par le manque ^^~"; mais à peine eut-il ramassé sa charge qu'il fut suffo-

et ne put revenir sur ses pas. Dans la soirée, ses cama- ^^«8, ne le voyant pas de retour, ne doutèrent point qu'il ^* tombé dans la galerie, mais au lieu d'organiser des moyens

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de secours, ils îittendireiit, selon leur habitude, jusqu'au lend( main pour retirer le cada\Te. Quand ces accidents se pn duisent, les préjugés superstitieux des Chinois comprimei en eux les sentiments d'humanité, et ce n'est jamais qu'aprt un laps de temps plus ou moins long qu'ils font ce qi est nécessaire, non pour sauver la vie de la victime, ma pour rendre son corps h sa famille, et aussi parce qu' serait lin obstacle à la continuation des travaux.

« S'il lui est arrivé malheur, » disent-ils, « c'est sans doul » parce qu'il aura offensé le génie de la montagne, ou bie y> qu'il avait fait du mal ou volé un de ses camarades ; ] » ciel, dans sa juste colère, ne frappe que les coupables, e » si la punition est terrible, c'est qu'ils l'ont méritée. » Alon au lieu de déplorer le sort de ces infortunés, on éplucli leur passé, on passe leurs défauts en revue, on les con mente, on les grossit, et le moment n'est pas loin où 1 légende raconte les choses les plus extraordinaires sur lei compte.

Si ces idées superstitieuses ont leur mauvais côté, il coi vient d'ajouter qu'elles empêchent aussi beaucoup de m( faits, qui ne manqueraient pas d'avoir lieu dans des exploita tions où les ouvriers sont si nombreux et aussi peu éloigné les uns des autres. Entre eux, ils sont tellement convaincu que celui qui serait ce qu'ils appellent Kou-hsin-tzû, c'est-^ dire cœur ci^ochu, deviendrait victime d'un accident, qu chacun poursuit son travail sans être jaloux du voisin. Cett raison explique la grande confiance que les mineurs ont le uns vis-à-vis des autres. Ainsi, au lieu de garder avec soi leur minerai de crainte des maraudeurs, chacun l'amoncell près des trous d'extraction, où il reste nuit et jour, sans qu jamais il y ait le moindre dérangement. Ces préjugés, transmi

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par- les vieillards et que rigiioraiice tend à exagérer, leur dofc^iident de secourir un ami ou un parent dont une négligc^Tic^e quelconque a pu causer la mort, quand il leur serait po^stible, sans grands efforts, de porter un secours efficace et de: x-endre ainsi à la vie im fils ou un père, qui, par son ti*5^^v^5iil journalier, fait vivre une famille.

X^îeu souvent^ dans nos excursions, il nous est arrivé de

voiar des galeries obstniées par de simples roches faciles h

exLtx-aire; aucun ouvrier n'aurait dégagé le passage, soit avec

\^ xxiine soit avec un instrument quelconque, sous prétexte

Gtvxei, chaque fois qu'on frappait ces pierres d'un marteau, la

TaoTitagne gémissait, et que si l'on employait un ciseau pour

al>a*trtre l'obstacle, des bruits épouvantables éclataient dans

le «s galeries; ces plaintes et ces bruits, on les attribue au

g'^nîe de la montagne, et dans la crainte de provoquer de

^^ part un accès de colère qui pourrait anéantir la richesse

des filons, on s'abstient de poursuivre les travaux.

II>e« exploitations dans le genre de celles de Kuo-chiu

pi^éiaentent un coup d'oeil très curieux. Au dehors, sur de

Pâtîtes plates-formes, des ouvriers concassent le minerai et

^^ clivisent en plusieurs catégories. Comme il n'y a sur ces

ï^^xiteurs aucune source qui permette de lui faire subir im

Pi'emier débourbage, ils ont profité de toutes les déclivités

*^ terrain pour creuser de grands bassins, où ils reçoivent

*^^ eaux de pluie et celles qui descendent des collines

'^"^ÎBînes. La saison des pluies durant de juin à septembre,

^*^ font en sorte pendant ce temps-là de recueillir assez

^'^n pour qu'elle suffise aux travaux de toute l'année. Sur

^^ bord de ces bassins, qui servent en général à l'usage

^^ïUmun, ils font des installations spéciales de manière à

Perdre le moins d'eau possible, et, après un premier lavage,

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le minerai est vendu la plupart du temps sur place et descendu dans l'usine, où il subit différentes préparations avant de passer au fourneau.

Près de cent cinquante à deux cents galeries, produisant seulement du minerai d'étain, sont en voie d'exploitation à Kuo-chiu, bien que la rébellion ait singulièrement éclairci les rangs des travailleurs et ébréché la fortune de beaucoup de propriétaires ; toutefois la population industrielle est naturellement attirée par la richesse du district, et peu à peu les vides se comblent et la production augmente.

Depuis la première heure du jour jusqu'à la tombée de la nuit, les bêtes de somme, qui descendent du minerai ou qui montent des provisions, font résonner leurs grelots; les boeufs, dont le pas lent est plus cadencé que celui des chevaux, portent des clochettes en fer battu : les notes lugubres qu'elles font entendre produisent avec le son aigu des grelots un carillon discordant. Ce va-et-vient et ce carillon monotone ne sont interrompus que pendant une heure au milieu du jour, pour laisser paître les animaux.

En rentrant de notre promenade sur les montagnes, nous trouvâmes au village Li Ch'êng-kung (^ ^ ^)^ ^"^ ^^^ chefs de Mêng-tzù; il était venu dans ces parages pour traiter de quelques affaires en litige. Nous fûmes heureux de rencontrer ce chef, qui, par ses relations continuelles avec Man-hao, Hsin-kaY et Lao-kaï, était plus capable que personne de nous renseigner sur les courriers que nous avions envoyés, ainsi que sur le sort de l'expédition, dont les résultats étaient attendus avec autant d'impatience par les gens du pays que par nous-même.

Chacun sentait que, les Européens s'occupant de cette affaire, on pouvait regai-der l'ouverture du fleuve comme un

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rintelligeiice plus prompte saisist^ait bien rexplication des procédés européeus, se rendaient à l'évidence et s'infonnaient si, avec les moyens du pays, on ne poun-ait pas fabriquer les machines nécessaires. D'autres, généralement les vieux ouvriers, ne pouvant s'imaginer qu'il y eût au monde des procédés plus pratiques que les leurs, prenaient ce que nous leur disions pour des contes destinés à les amuser ou à déprécier leur savoir.

Ce fut avec regret que nous quittâmes notre hôte, qui nous avait reçu d'une façon si cordiale, de même que les nombreuses connaissances qu'un séjour relativement limité nous avait peimis de faire. Nous emportions le meilleur souvenir de ces habitants naïfs et industrieux, qui forment la majeure partie de la population de Kuo-chiu.

Li Ch êng-kung, qui nous avait invité plusieurs fois à aller le voir à Mêng-tzû, voulut profiter de notre départ pour nous emmener avec lui. Nous quittâmes le village par une matinée ravissante ; quelques heures plus tard, nous pouvions apercevoir au loin, du haut du massif de Kuo-chiu, la silhouette brumeuse de Mêng-tzû se dessinant sur le fond noir de la montagne à laquelle elle est adossée; et les villages de Tachuang, de Sha-tien et autres nous apparaissaient comme des points blancs, perdus au milieu d'une immense plaine. Quoique la distance de Kuo-chiu jusqu'à Mêng-tzû ne soit que de 30 lis, nos montm-es avaient pris une allure si lente que, la conversation aidant, nous ne nous en étions pas aperçu, en sorte que nous arrivâmes à la ville à quatre heures de l'après-midi.

Quand on quitte la montagne pour prendre cette partie de la grande plaine de Mêng-tzû, qu'il faut traverser poui* se

LA VILLE DE MÊNG-TZU. 249

reiicire à la ville, on est étonné, malgré l'habitude qu'on peut avoir de cette province, de rencontrer des gens en armes, les paysans par exemple, qui, tout en conduisant leiu-s buffles et leurs charrues, portent des sabres ou des lances, comme si d'un moment à l'autre ils s'attendaient à être attaqués par reniiemî.

Cette partie de la plaine est pauvrement peuplée; quelques vUI^i^ges d'I-jen notamment sont dispersés cà et là. A mesure qu'on avance vers la ville, le terrain s'abaisse progressivement, les centres d'habitation se multiplient, et les rizières fout place à ces vastes champs où, malgré la fertilité du sol, le manque d'eau ne permet pas d'établir des rizières.

On voit encore, au nord-est des faubourgs, les ruhies provenant des efforts tentés en 1857 par Ma Ju-lung lors des premiers troubles; les trous de mine qu'il fit creuser afin d'abattre les remparts, quoique inondés depuis et en partie ^wuleversés, sont encore visibles; les indigènes ne s'em- V^essent guère de faire disparaître ces traces de leurs maux P^sés, comme s'ils voulaient se remémorer l'année et les causes néfastes qui leur ont amené tous ces désastres.

En présence des larges routes, des nombreuses auberges et de« vastes écuries, on peut juger du premier coup d'œil de l'importance comme entrepôt commercial que devait avoir cette ville, alors que le Yun-nan était paisible et que les communications avec le sud étaient ouvertes au commerce. Le poste de Chih-hsien, mandarin civil du district, est peut-être le plus considérable de la provhice au point de vue pécuniaire, à cause des nombreuses mines sur lesquelles il perçoit des droits; celles de Kuo-chiu seulement lui rapportaient avant la rébellion 10,000 à 15,000 taëlspar an. Ce poste, bien connu parmi les fonctionnaires comme très lucratif,

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a tonjonrB été occupé par des* protégés de quelque jrrai dignitaire, qui avaient besoin de refaire leur fortune. Ai revenu* de* mines il faut ajouter ceux qui proviennent d marchandises circulant par le Tong-king et par Man-hao, do une partie est résen'ée au mandarin. Tous les jours, dise les gens du pays, des centaines de chevaux étaient employ à monter ou à descendre les marchandises qui arrivaient < qui partaient par cette voie, dont Mêng-tzû était le princii entrepôt, pour être ensuite réexpédiées dans diverses localitt

La >ille de Mêng-tzû présente, ainsi qu un grand noml de \illes du Ytln-nan, un rectangle assez régulier. Bâ presque à l'extrémité sud-est de la plaine, elle voit s'étend au-delà de ses murs de nombreuses plantations d'arbi fruitiers, des jardins potagers et de vastes rizières. Quoiq cette plaine ne soit pas moins grande que celle de Lîn-j elle est . loin d'être aussi . productive à cause de l'inégi distribution des eaux.

L'intérieur de la cité n'offre rien de particulier ; les templ les maisons, les rues y ressemblent à ceux des autres vill Sauf A-mi-chou, c'est assurément celle de la province où population aborigène est en majorité; néanmoins. Chinois I-jên vivent côte à côte en bonne intelligence. Cet acco des habitants permit à Mêng-tzil de résister vîetorieusemc aux rebelles et d'échapper ainsi à une ruine certaine. Api la retraite de l'ennemi, en 1857, les chefs, qui avaient a de concert devant le péril, ne s'entendirent i)lus et toi nèrent leurs armes les uns contre les autres.

Trois d'entre eux, Chang Laï-ching, Yang Chiu-kueï Fêng T'u-ssû, avaient pris en main la dictature; natui grossières et brutales, sortis des rangs inférieurs de la j ciété, enorgueillis par leurs succès, ils devinrent jaloux Y

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