ORGANISATION MILITAIRE
des chefs de district, les vivres et provisions nécessaires. Choisis parmi les fonctionnaires en disponibilité (Hou-pu), ils n'ont en général qu'une maigre solde, mais ils disposent de pouvoirs si étendus, qu'ils peuvent, sans qu'il soit possible de contrôler leurs actes, réquisitionner un quart, un tiers et parfois la moitié en plus que n'exige le règlement; aussi l>ressiu*ent-ils les populations par toutes sortes de moyens et sont- ils en butte à leur colère, après avoir épuisé leur patience.
Pendant que Ma Ju-lung était à Tung-k'ou, nous fûmes témoins d'une émeute excitée dans deux villages voisins P^r la rapacité du Liang-t'aï. Ce mouvement aurait pris de grandes proportions si le général n'y avait mis ordre, <l' abord par une enquête confiée aux notables, ensuite par la ^destitution du mandarin coupable, qui fut, en outre, dégradé.
Le même défaut de contrôle existe, mais sous ime autre ft>rine, dans les rassemblements de troupes. Les chefs de ^orpa font généralement figurer sur les états de solde et sur <^eitx: d'approvisionnement le tiers ou le double des hommes ^^l'îls ont en réalité. Comme la ration de riz d'un homme ^^ Campagne est presque insuffisante, c'est une façon de se ^^ttraper; et l'excédant de solde va grossir la caisse du ^^B,ndarin. C'est encore là une source de mécontentements ^^^ut le gouvernement ignore la plupart du temps la véritable cause.
I^endànt notre séjour dans la capitale, nous fûmes témoins ^'^ l'arrivée de plusieurs corps de miliciens, recrutés par les ^'^^fis de district, pour prendre part à l'expédition que le ^ice^roi et Ma Ju-lung préparaient contre Shun-ning et ^^Uig-ch'ou.
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La plupart d'entre eux, ayant déjà pris les armes dans 1 moments difficiles, avaient répondu au premier appel ( leur chef et quitté la charrue ou leurs travaux domestiqu afin de contribuer à la délivrance de la province. Rien c plus curieux que leur accoutrement, qui, par la diversité d formes et le bariolage des couleurs, nous rappelait les A^ ^ guisements de carnaval : les uns avaient la tête couvetr-^ d'un casque en cuir, assez semblable au casque prussieTi^ mais enjolivé d'une longue queue de renard qui venait balayer leurs épaules, oniement de grande utilité, selon eux. pour parer les coups de sabre; d'autres étaient coiflFés de turbans rouges, bleus ou jaunes. Presque tous portaient la cuirasse dans le geiu'e de celles que nous avons décrite>i; mais, au lieu d'être en bourre de soie, ce qui serait d'un prix trop onéreux, elles consistaient en papier ou bien en plaques de fer forgé, superposées les unes sur les autres comme des écailles de poisson, et maintenues entre deux petites épaisseurs de coton pour les empêcher de faire du bruit pendant la marche. Un pantalon bleu, en simple cotonnade, serré à la taille par une large ceinture, et une paire d'espadrilles en paille tressée complétaient leur costume. L'armement était aussi bigarré que l'uniforme : les chefs avaient distribué à quelques-uns de leurs hommes les armes perfectionnées dont ils pouvaient disposer, et comme elles étaient en nombre très restreint, la plupart n'avaient pour se défendre, outre la paire de sabres traditionnelle au côté gauche, que des lances et des instruments tranchants en forme de croissant.
Ces soldats, ainsi équipés, sans discipline aucune, marchent par files aussi irrégulièrement qu'un troupeau de montons; les chefs, au lieu de se tenir à la tête des colonnes, arriv^ent
'HV, DE MÉ5G TZC A MAX-HAO.
cha^ine fiataillon, poiisHé par Fappât de largent allait à ton de rôle fKirter h^iii contingent de victimes!
TooH CC8 préparatifs militaires nous ayant retenus dan la capitale plus lon^emps que nous ne le pensions, ce n fut que le 27 décembre 1872 que nous nous embarqnâme [Hiur descendre à Hsin-Hsing. Nous ne fûmes pas pe étonnés de trouver dans le Wllage de Ta->ing-fou, naguèr HÎ paisible, un peu d'animation et des figures nouvelles. M Té-lising, à qui nous en demandâmes la cause, nous répond qu'un grand nombre de familles musulmanes ayant été forcée de quitter les maisons qu'elles occui^îent à Hsin-hsing pou faire place aux Chinois qui étaient venus réclamer leur dro de propriété, il leur avait offert un asile momentané à Ti yîng-t'ou, en attendant qu'elles fussent en état de regagne leurs foyers. Cette j>opulatîon flottante donnait au villag une physionomie plus riante; la mosquée, à peu près di' serte aui)aravant, était encombrée par les dévots et k enfants.
Ce n'était jias le seul spectacle qui nous était réservé car, quelques jours plus tard, nous fûmes par curiosité (n voulant pas croire sur parole ce qu'on nous en avait dii témoins de la lecture et de l'exécution d'un jugement de j)lus barbares : deux femmes étaient condamnées à être ei terrées toutes vives. Voici les causes qui avaient détermîn une si terrible sentence :
Un jeune homme des environs, d'origine chinoise, tomb é{>erdument amoureux de la jeune veuve d'un musulmai l>lacée en tutelle chez son beau-frère (aussi musulman), depui la mort de son mari. Ne pouvant arriver jusqu'à elle pou lui faire part de sa passion, il eut recours, selon l'habitud du iNiys, îi des entremetteuses ou Mei-jén (^ ^). Il choisi