‹ La province chinoise du Yün-nan (volume 2)Chapitre 71 sur 174 · I-i'aff^aire, ainsi engagée, ne pouvait s'arrêter en si beau · texte numérisé non relu

I-i'aff^aire, ainsi engagée, ne pouvait s'arrêter en si beau

^'l^^inin : sur les instances de notre amoureux, les mati'ones

Iviî préparèrent un rendez- vous chez elles. Le jeune homme,

P^i'clant toute retenue et convaincu d'ailleurs que sa qualité

^^^^ Cliinois était un obstacle insurmontable à l'union qu'il

Aé^tîrait, conçut le fatal projet d'enlever sa future. Les deux

^ï^tx-emetteuses, quand elles en furent informées, refusèrent

^'^^^c indignation de s'y associer ; mais, afin d'endormir leurs

^^^•^vipules, il leur promit 20 taëls à chacune (environ 140 fr.).

"c^xite modeste qu'elle était, cette somme offrait à ces pauvres

^^^^itures une ressource inespérée. Honnêtes jusqu'alors, elles

*^ laissèrent gagner à la tentation, et n'épargnèrent rien

T?ovu assurer le succès d'une action regardée comme un

^ïime. Les préparatifs terminés, l'enlèvement eut lieu.

A^^ingt- quatre heures étaient à peine écoulées depuis le ^èl>art des jeunes gens que le Tsung-f ung, sur la plainte du tuteur, envoya à leur poursuite ; ils n'avaient pas fait grande ^%ence, car on les arrêta chevauchant entre Haï-kou et ^"■ning-chou. Comme on les ramenait, le jeune honmic eut '^ temps de réfléchir aux conséquences de sa conduite et ^ciisaît à s'échapper; les ims disent qu'il corrompit ses

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gardiens avec de l'argent, les autres qu'il dut son salut la vitesse de sa monture. La malheureuse abandonii — . ^ , ramenée à Ta-yîng-fou, fut inten-ogée : elle avoua b^-^jM-t:. Les deux intermédiaires furent arrêtées et toutes les ti^-^n^i^ furent mises en prison jusqu'à la fin de l'enquête. On «i^r^cpédia toutes les pièces de cette affaire à la capitale, où 1^

jugement fut prononcé : la jeune veuve fut rendu à sa -^éT^mille et les deux matrones, déclarées seules coupables, furi^^^^^^ condamnées à être enterrées vives.

Au jour fixé pour l'exécution de la sentence, le Tsu fung, en costume de cérémonie et le bâton de comman ment à la main, attend devant sa porte l'arrivée des \^ times. La garde, composée d'une quarantaine de solda* s'avance en armes et toutes bannières au vent. Les gon^T qui ouvrent la marche, commencent à faire entendre len notes lugubres ; la foule est nombreuse et paraît très éma les femmes surtout se pressent dans les rues pour voir pas& le cortège. Les deux coupables ont l'air parfaitement calm et vont au supplice d'un pas ferme et sans que la moind: impression de douleur se manifeste sur leur visage.

Le lieu choisi pour l'exécution est situé au sud du village sur la rive droite d'un ruisseau ; bien que le trajet soit d'e:» viron deux kilomètres, la foule ne renonce pas à sa cruell curiosité : elle suit l'escorte, qui passe, tout le long cX chemin, entre deux haies de villageois, accourus exprès dt^ environs. Là aussi, ce sont les femmes qui viennent en pltu grand nombre, malgré la torture à laquelle elles soumcttemi leurs pieds impropres à la marche.

Enfin l'on fait halte, et l'on procède à la funèbre toilet'fc des victimes, en liant leurs jambes avec des bandelette^ Debout, dans la même attitude passive et en apparen

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