‹ La province chinoise du Yün-nan (volume 2)Chapitre 77 sur 174 · SÉJOUR A MAN-HAO · texte numérisé non relu

SÉJOUR A MAN-HAO

pliiîes torrentielles qui survieimeiit dans le haut pays. Pendant ce temps la navigation est interrompue; les bateliers, lialiîtiiés à ces brusques variations, dont la durée ne dépasse pas xuie semaine, prennent leurs précautions en conséquence et se garantissent contre le choc des troncs d'arbre ou autres objets que le courant charrie avec impétuosité. En amont de Mau-hao, le fleuve oftre encore quelques endroits navigables, mais par petits trajets, comme à Ylian-chiang, oîi les gens du pays ont des barques pour faire le seiTice entre ces points. En d'autres endroits, le fleuve coule très encaissé att milieu de hautes falaises presque perpendiculaires; ailleurs, il se précipite si tumultueusement entre des rochers qiiMl serait téméraire de vouloir s'y hasarder.

A Man-hao, nous avons pu nous rendre compte des motifs qui ont contribué à faire regarder, par les habitants du plateau du YUn-nan, cette localité comme un endroit pestilentiel. Sur les deux cent cinquante persoinies qui composaient notre convoi, quati-e seulement ont eu la fièvre, et encore faut-il l'attribuer à leur négligence.

Les habitants des régions élevées, accoutumés à une température peut-être un peu chaude dans le milieu du jour et qui fraîchit sensiblement au déclin du soleil, descendent dans ces parages sans observer la moindre précaution. Dès leur arrivée à Man-hao, situé environ à 1,600 mètres plus bas que la plaine de Mêng-tzû, ils éprouvent des embarras respiratoires, occasionnés par une atmosphère chaude, lourde et qui se renouvelle difficilement. Incapables de la supporter, ils ôtent leurs vêtements ouatés, qu'ils portent toute l'année sur le plateau, et croient obtenir un peu de fraîcheur en passant les nuits fenêtres ouvertes et sans couvertures. Chaque nuit ou à peu près, un brouillard intense s'élève

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du fleuve, accompagné d'un vent froid qui le condense. Ou comprend ce qui doit en résulter pour les nouveaux débarqués : la plupart se réveillent le matin avec un malaise général, précurseur de la fièvre, dont, au reste, quelques gouttes de quinine ont toujours raison, en s'y prenant à temps. Les médecins chinois, n'ayant pas à leur senice un

remède si efficace, se contentent de dire que le malade est en proie aux Cirang-cln (miasmes), et qu'ils n'y peuvent rien.

Les Européens qui accompagnaient M. Dupuis sont restés près d'un mois dans ce village, allant toute la journée à la chasse, à la pêche ou à la recherche des pierres précieuses ; jamais ils n'ont ressenti la moindre indisposition.

Les riverains et les Cantonnais en résidence à Man-hao, quoique dans un état de santé satisfaisant, ont le teint très jaune; ils sont loin d'avoir l'œil vif et l'énergie des habitants du plateau. Que les bords du fleuve, encaissé comme il l'est entre de hautes montagnes, soient un séjour malsain, surtout durant la saison des pluies, c'est incontestable; néanmoins, nous croyons qu'avec quelques précautions il est facile de se soustraire à cette fièvre particulière et qu'on peut, sans crainte de maladies sérieuses, résider à Man-hao.

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