‹ La province chinoise du Yün-nanChapitre 16 sur 91 · HUI-LUNG EVACUE ET LIVRE AUX FLAMMES · texte numérisé non relu

HUI-LUNG EVACUE ET LIVRE AUX FLAMMES

('/^l^}, défendu par les barrières Hsia-kuan (JJ% ||) et Shang-kxian * (Jt H), ils pouvaient se croire en sûreté et s'occuper activement de leur armement, car les fortifications naturelles qui défendent ces deux passages sont si importantes que les Chinois ne pouvaient songer à les attaquer; la possession de la vaste plaine qui s'étend entre la ville et le lac leur était donc assurée.

Tu Wên-hsiu, voulant mener rapidement la campagne commencée, s'entendit avec des négociants musulmans qui avaient des intérêts en Birmanie, pour faire des achats (Varmes et de munitions. Des caravanes furent immédiatement organisées, dont le retour devait leur assurer les moyens de poursuivre leurs succès; ce n'était plus désormais qu'une question de temps.

Dans le sud, Hui-lung ([g| ^), centre de la résistance mahométanc, fut attaqué par les forces réunies de la plaine (le Lin-an, avant qu'on eut reçu les renforts sur lesquels on comptait. Les assiégés, qui avaient pris très peu de précautions avant le massacre, soutinrent néanmoins avec succès les assauts des Chinois et auraient probablement fini par lasser leurs adversaires, si un fléau cruel et implacable, la famine, ne fut venu s'abattre sur eux. Ils avaient bien l'espoir d'être ravitaillés, mais les vivres ne seraient-ils pas interceptés par l'ennemi et ne valait-il pas mieux tenter une sortie au lieu d'attendre que la faim eut épuisé le peu de forces qui leur restait encore? Ils résolurent donc de se frayer un passage par la porte du nord, la seule qui leur

' Ces deux barrières situées la première au sud de Ta-H et la seconde au Dord, forment des fortifications naturelles d'un accès très difficile et protègent la ville contre toute attaque. Voir le plan de Ta-li et de ses ouvrages de défense.

permit de gagner les montagnes, et de gagner Kuang-i (M S^)' ^^*^^ centre de défense situé à 90 lis, pour y rallier leurs frères d'armes.

Us profitèrent de la nuit pour mettre leur dessein à exécution. A la faveur des ténèbres et grâce à la négligence des soldats improvisés et mal armés qui les assiégeaient, ils firent sortir les femmes et les vieillards escortés d'une partie des défenseurs, emportant avec eux le peu d'argent qu'ils possédaient. Le lendemain, ceux qui restaient mirent le feu aux quatre coins du village qu'ils avaient défendu pendant un mois avec un véritable héroïsme, et l'abandonnèrent. Les Chinois essayèrent bien de les arrêter, mais ils furent repoussés avec perte. A peine arrivés sur les hauteurs qui dominent la charmante plaine de Lin-an, ils purent contempler leur œuvre et voir du haut des collines, où leurs ennemis n'osaient pas les poursuivre, les flammes dévorer les derniers restes de leurs demeures.

Jamais peut-être retraite plus pénible que celle-là ne fut effectuée. Il faut connaître les sentiers tortueux et mal tracés par lesquels la prudence leur conseillait de passer pour se faire une idée des difficultés que dut éprouver ce cortège composé d'individus que plusieurs jours de souffrance avaient déjà affaiblis. Les femmes surtout, dont les petits pieds rendent la marche des plus difficiles, eurent à subir une torture affreuse. Grâce toutefois à la parfaite connaissance du pays que possédaient les fugitifs, ce trajet de 90 lis eut lieu sans accident, et ils arrivèrent le lendemain sur les montagnes qui avoisinent la jolie vallée de Ch'i-chiang-pai (-tj */I ^W)t ^ l'extrémité méridionale de laquelle se ti-ouve Kuang-i, où ils devaient trouver un asile protecteur et des compagnons d'armes.

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