‹ La province chinoise du Yün-nanChapitre 24 sur 91 · SUCCES MILITAIRES DE MA HSIEN · texte numérisé non relu

SUCCES MILITAIRES DE MA HSIEN

D soumit succesôîvement les localités de T'mi^-liai-lisîen (îi M îS)^ ^e Kun-yang-chou (^ }^ JW), de Hai-kou f;^ P), d'An -ning- chou (^ |^ jW)^ de Lao-ya-kuan 'é fi H). de Lu-fêng-hsien (jj^ jî i|^) et de Kuangtimg-hsien (J^ ^ ip^), qui, incapables de résister, allèrent au-devant de ses exigences. Ce n'est qu'à Yao-chan (]@| ^^) qu'il éprouva de la résistance, et dans une rencontre qu'il y eut avec les habitants et des troupes de Ch'u-hsiung-fu (^ i^ ftt}-» ^^ e^^* ^* cuisse traversée par un fer de lance. Quoique blessé, il n'en conserva pas moins le commandement et poursuivit sa marche jusqu'à Ch'u-hsiung (^ i^). Là il eut affaire à une défense sérieuse. Ne voulant pas cette fois épuiser ses . troupes par des assauts désastreux, il fit creuser (les mines près de la porte du sud-ouest.

La population, un moment alarmée en face d'un nombre aussi considérable d'ennemis, reprit confiance lorsqu'elle vit les lents travaux des assiégeants, car elle attendait d'un moment à l'auti-e des renforts du gouvernement impérial. Deux mois s'étaient à peine écoulés que les galeries étaient terminées, chargées et prêtes à accomplir leur œuvre de destruction. Par une matinée calme et claire, Ma Hsien, qui avait disposé ses soldats en colonnes, donna l'ordre de faire sauter les rempaii». Une détonation épouvantable se produisit et, lorsque le nuage de fumée et de poussière fut dissipé, on put voir une immense brèche par laquelle le flot musulman se précipita dans la ville. Les vainqueurs commirent beaucoup d'excès et massacrèrent sans pitié tous ceux* qu'avait signalés d'avance leur antipathie contre les mahométans. On ne pouvait attendre, du reste, autre chose de la part de troupes mal disciplinées qui emportaient une ville par force. Les mandarins furent presque tous pris et passés

par les amies ; le préfet Sung Yên-di un (^j^ ^ ^) réussit seul à s'échapper sous l'habit d'un paysan; sa famille fut dispersée, et son fils, jeune encore, tomba aux mains de Ma Chêng-lin, qui le remit à Ma Hsien quelques années plus tard pour le rendre à son père, nommé dans la suite Fautai de la province.

La prise de Ch u-hsiung-fu eut des résultats considérables pour la cause musulmane. Non seulement elle fit passer de grosses sommes d'argent entre les mains de ses partisans, mais elle releva le moral de ses soldats que les derniers échecs avaient abattus; elle permit, en .outi-e, aux deux armées de faire leur jonction et décida les habitants des environs, effrayés du sort de la malheureuse cité, à se soumettre aux vainqueiu'S.

Les troupes de Ma Hsien, stimulées par le butin qu'elles venaient de faire, demandaient à marcher en avant; maïs leur chef, dans le but de combiner ses mouvements avec ceux de Tu Wen-hsiu qui devait arriver bientôt, modéra leur ardeur et resta dans la ville. Dès que le pavillon blanc, couleur adoptée par celui qu'il attendait, se montra à l'horizon. Ma Hsien qui souffrait beaucoup de sa blessure, lui remit la cité et se retira. A An-ning-chou, se trouvant dans de meilleures dispositions de santé, il résolut, de concert avec ses officiers, d'aller de nouveau assiéger la capitale. Il s'avança lentement jusque dans la plaine de Kun-minghsien* (^ Ç^ |p^) pendant qu'une partie de son armée, contournant les montagnes qui bordent la ville au nord, vînt prendre position à l'est. Iniformé que la ville manquait de provisions. Ma Hsien jugea plus sûr de la prendre par

• Nom du district qu'administre le Chih-hsîen de la capitale.

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