CHAPITRE ni
AU YÛN-NAN
(SUITE
AU YÛN-NAN
(SUITE
1868. — Ma Hsien, que nous avons vu rentrer à Kuang-i, se remit en campagne dans le sud, afin de se venger du mal que lui avaient causé les gens de Lin-an.
n parvînt facilement à l'entrée de la plaine, mais il se heurta là contre des fortifications solidement défendues. Il fallut de vigoureux efforts pour franchir ces passages et arriver à Lin-an-fu. Deux mois d'un siège meurtrier pour les deux partis n'ayant amené aucun résultat décisif, Ma Hsien tenta un effort suprême à la tête de ses soldats d'élite ; repoussé avec perte, il se retira et revînt à Kuang-i. Ce fut son dernier fait d'armes en 1858.
1869. — Dans le nord, Yang Shêng-tsung* (^ ^^)i dont la famille, originaire du Sstl-ch uan, avait fait une fortune considérable dans l'exploitation des mines de galène et de cuivre que possède le département de Tung-chuan
* n occnpe aujourd'hui le poste de Chên-fai ou général de brigade à T'êng- Tiieh-fing (^^ ^ IS)* ^'^^ ^^ même mandarin, commandant alors à Chaotung, qui reçut chez lui la mission de Lagrée. On sait que M. de Lagrée mourut àTuDg-ch'uan dans la maison de ce même fonctionnaire, qui a conservé un très bon souvenir des membres de la mission française et surtout du docteur Joubert.
(^ jll), voulut, à l'exemple des chefs de district voisins, présider à la défense de son département. Il ne négligea rien du reste pour recruter des volontaires et, afin de les rendre plus redoutables, il fit fabriquer des fusils chez tous les fabricants des environs. En attendant, il les arma de son mieux, dans le but de protéger la campagne contre les nombreuses bandes de maraudeurs qui l'infestaient.
Son armement terminé, il fit quelques expéditions heureuses contre les rebelles. Ces avantages stimulèrent son ambition, si bien qu'il s'arrogea bientôt toute la direction du département. Le préfet de Tung-chuan-fu (^ )\\ /jf^p), qui, malgré l'état de confusion où se trouvait le pays, était resté à son poste, s'opposa de toutes ses forces aux prétentions et aux mesures arbitraires de ce mandarin parvenu, et refusa de lui laisser employer les fonds du gouvernement ; malheureusement, il ne fut pas secondé par la population, qui éprouvait le besoin d'avoir un chef capable d'arrêter les progrès des rebelles. Yang Shêng-tsung, fort des sympathies populaires, résolut de se débarrasser d'un fonctionnaire dont l'attitude mettait un frein à son despotisme, et, sous prétexte qu'il nuisait à la défense, il le fit décapiter (1859). Il commanda dès lors en maître. Cependant, malgré toute sa bravom-e et l'intégrité de son administration, il ne put effacer la tache qu'il venait de faire à son nom en ordonnant la mort d'un mandarin dont la famille ne manquerait pas tôt ou tard de lui en demander compte.
Le repos de Ma Hsien fut de coiu-te durée. Il fit d'abord quelques excursions aux environs de .Kuang-i, puis leva le camp en emmenant toutes ses forces, sans pourtant dégarnir son quartier général, qui pouvait être attaqué d'un moment à l'autre.