‹ La province chinoise du Yün-nanChapitre 30 sur 91 · MA JU-LUNG MARCH?: CONTRE LIN-AN · texte numérisé non relu

MA JU-LUNG MARCH?: CONTRE LIN-AN

.A cette époque se place la mort de l'empereur Hsien-fêiig (21 août 1861), événement qui passa presque inaperçu et n'eut aucun effet sur la situation.

Ma Ju-lung parvint ainsi jusqu'aux abords de la plaine de Lin-an, dont la population, n'oubliant pas qu'il était leur ennemi de la veille, le reçut avec beaucqup de malveillance et entrava ses mouvements. Les indigènes, que Lîang Sliihmei avait su gagner par d'adroites promesses, figuraient, eux-mêmes, dans les rangs des défenseurs et, connaissant à fond le pays, ils auraient réduit à néant le plan de Ma Julung, si quelques villages à Test ne lui avaient conservé leurs sympathies.

Cette campagne ne fut qu'une succession de combats meurtriers, mais Ma Ju-lung, malgré la résistance opiniâtre qu'il rencontra, fut constamment victorieux et put arriver sous les murs de la ville. Ce général faisait de grands préparatifs de siège lorsque des dépêches urgentes le rappelèrent immédiatement à la capitale et lui firent perdre le fruit de nés succès.

1862. — Que s'était-il passé dans le chef- lieu de la province? Un ceiiain Ma Yung (|| ^), auquel Ma Ju-lung avait donné le grade de tsan-chiang* (|^ ^) et qui était depuis la convention à Wu-ting-chou (J^ ^ ^)^ *vait profité du départ de son supérieur pour venir à YUn-nan-fu sous prétexte de prendre part à Fexpédition contre Liang Shihmei. En réalité, il était mécontent de sa nouvelle position et n'attendait qu'une occasion de faire un coup de main. Afin de ne pas donner l'éveil aux autorités, il entra d'abord dans la ville avec une faible partie de ses soldats, puis,

^ Grade équivalent à celui de colonel.

lorsque ceux qui étaient restés dans le voisinage l'eurent rejoint peu à peu, il s'empara de toutes les positions stratégiques de YUn-nan-fu. Le vice-roi lui enjoigiiit en vain de continuer sa marche sur Lin-an : il n'en fit rien, et bientôt même il lança ses soldats sur la ville qu'ils pillèrent en partie, et établit ensuite de forts campements aux différentes portes.

Peuple et mandarins, terrifiés par cet audacieux coup de main, tournèrent leurs regards vers Ma Tê-hsing qui pouvait seul, par le respect qu'il inspirait à tous les partis, réprimer ce soulèvement. Le grand-prêtre s'épuisa en vains efforts pour persuader Ma Yung de rentrer dans le devoir ; ce dernier lui avoua cyniquement que son but était de s'emparer des richesses de la ville et de se déclarer indépendant; il proposa même à Ma Tê-hsing de le mettre à la tête de ses partisans.

C'est dans cet état de choses que le vice-roi Fan alla en personne trouver Ma Yung pour tâcher d'arriver à un arrangement amiable, mais cette honorable démarche n'aboutit qu'à un nouveau méfait : Ma Yung, irrité de l'attitude calme et impassible du vice-roi, se laissa aller à l'impétuosité de son caractère, et le fit assassiner au moment où il se disposait à entrer dans son palanquin (20 mars).

La population consternée voyait déjà dans cet assassinat le signal du massacre et du pillage. Au milieu de la perplexité générale, on ne songea qu'à gagner du temps afin de donner à Ma Ju-lung les moyens de délivrer la ville.

C'est probablement ce motif qui guida les mandarins, poussés par l'opinion publique, à offrir la vice-royauté à Ma Tê-hsing qui, pensaient-ils, grâce à ses anciennes relations

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