‹ La province chinoise du Yün-nanChapitre 31 sur 91 · MA TE-HSING EXERCE LES FONCTIONS DE VK^E-ROI · texte numérisé non relu

MA TE-HSING EXERCE LES FONCTIONS DE VK^E-ROI

avec les rebelles et corame chef de leur religion, pourrait peut-être détoumer Forage dont la ville était menacée. Le grand-prêtre accepta avec empressement cette dignité temporaire (mai), n prit possession du Ya-racn du vice-roi, où tous le« mandarins vinrent lui présenter leurs hommages et lui remirent le sceau officiel. Le Fu-fai HsU Yuan-chi, épouvanté (les conséquences que cette nomination pouvait avoir pour lui, et réduit à l'impuissance par l'extrême danger de la situation, en perdit la raison.

Le grand-prêtre à peine nommé. Ma Yung entrevit l'espoir d'agir de concert avec lui et ouvilt les négociations à cet effet. Ma Tê-hsîng, afin de gagner du temps, fit traîner ces négociations en longueur et donna ainsi le temps à Ma Julung de paraître, avec son armée, sous les murs de la ville. Désespéré d'avoir perdu des moments précieux en poui-parlers, Ma Yung n'avait plus qu'un parti à prendre : conserver par les armes ce qu'il avait conquis par la ruse.

Ma Ju-lung, qui avait des intelligences dans la place, en força vite l'entrée, et une lutte meurtrière s'engagea dans les rues; ce ne fut qu'au bout de cinq à six jours qu'il réussit à chasser les intrus de la cité (juillet). Il déposa immédiatement Ma Tê-hsing, dont la mission était du reste terminée, et s'occupa de réparer les désordres commis pendant son absence. H envoya une partie de ses troupes à la poursuite de Ma -Yung, qui, avec ceux de ses soldats restés fidèles, s'était réfugié dans les montagnes de Hsun-tien-chou (^ ^ ^)- C'est là qu'il fut pris après une courte résistance, au moment où il se préparait à rejoindre les rebelles qui occupaient les environs de Hui-li-chou (^ 3S ^)7 dans le Ssû-chuan. Ramené sous bonne escorte à la capitale, il

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fut exposé pendant un mois dans une cage de fer, puis, lorsque le peuple eut été convaincu de son identité, il fut condamné à avoir les jarrets coupés et à être ensuite décapité par dix coups de sabre.

La conduite de Ma Ju-lung dans cette affaire et la punition cruelle qu'il infligea à Ma Yung furent, aux yeux des mandarins, un nouveau gage de sa sincérité, et donnèrent au peuple une nouvelle confiance dans l'avenir.

L'ordre rétabli, des dépêches furent envoyées à la cour de ^ékin pour l'informer de ce qui venait de se passer. Celle-ci approuva les actes de Ma Ju-lung et nomma Lao Tsung-kuang (^ ^ jjf^)^ alors Fu-tai du Kuei-chou, aux fonctions de vice-roi du Ytin-kuei* (^ ]^). Ce fonctionnaire, qu'une disgrâce avait amené dans ces parages, avait eu une carrière accidentée. D occupait un poste élevé à Canton quand les Anglo-Français se préseiitèrent devant cette ville, et, à cette occasion, il fut accusé d'avoir entretenu des relations avec l'ennemi et mis en disponibilité. Sa punition fut toutefois de courte durée, et il fut bientôt nommé Fu-tai du Kueichou. D se distingua dans l'exercice de cette charge en réorganisant une administration bouleversée. Il accorda aussi une plus grande latitude aux missionnaires, qui se plaignaient des entraves que le gouvernement apportait à la liberté de leurs mouvements.

1863. — Ma Ju-lung, depuis son retour à la capitale, ne pensait plus à renouveler son expédition contre Lin-an; il attendait l'arrivée du vice-roi avec impatience, afin d'aller réprimer les rebelles de TaJi, qui menaçaient d'avancer audelà de Chên-nan.

* C'est-à-dire du Yiin-nan et du Kuei-chou.

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