‹ La province chinoise du Yün-nanChapitre 35 sur 91 · LIANG SIIIH-MEI RÉFORME SON ADM^ISTRATION · texte numérisé non relu

LIANG SIIIH-MEI RÉFORME SON ADM^ISTRATION

clans les deux villages, rentrèrent dans leurs foyers avec la satisfaction d'avoir défendu leurs frères et tenu en échec un ennemi bien supérieur en nombre.

Par contre, le corps expéditionnaire de Lin-an fut assez mal accueilli par le peuple, qui manifesta tout haut son mécontentement. Liang Shih-mei, quoique humilié de sa défaite, avait une telle confiance dans la stabilité de son pouvoir qu'il résolut de punir sévèrement ceux qui osaient blâmer sa conduite. Le village de Ma-chia-ying ^ (i|| ^ ^) lui était particulièrement odieux parce que, lors de l'expédition de Ma Ju-lung, il avait accueilli celui-ci avec sympathie, lui avait fourni des vivres et l'avait renseigné sur les forces des rebelles. Pour se venger de l'échec qu'il venait d'essuyer devant Sha-tien et Ta-chuang, il se rendit avec quelques bataillons au village en question pour y mettre le feu. Les habitants opposèrent une vive résistance, et les soldats, malgré les ordres de leurs chefs, fraternisèrent avec eux ; quelques temples et maisons furent seuls mis au pillage et brûlés ensuite, et cela par les mauvais sujets de l'armée.

Cette exécution brutale fit perdre beaucoup d'influence à Liang Shih-mei. A partir de ce moment, plusieurs villages, qui jusqu'alors avaient tenu pour lui, refusèrent de payer les impôts et se déclarèrent ouvertement en état d'opposition. Assez intelligent pour comprendre que cette façon d'agir lui serait funeste, et jaloux de conserver le concours de ceux qui lui restaient fidèles, il n'hésita pas à changer de politique : ainsi il supprima les taxes onéreuses qu'il avait décrétées pour subvenir aux frais de. son expédition, rouvrit les routes commerciales de YUan-chiang (jj; jx) ^t ^^

^ Ce viUage est situé à 10 lis à Test de la ville; la grand' route qui conduit à Sha-tien le traverse diagonalement. (Voir YlUtiéraire de YUn-ncm-fu à Man-hao,)

Fu-êrh (^ 7^), et oflfrit toute sécurité aux marchands que ses actes arbitraires avaient éloignés du district; de plus, il encouragea l'exploitation des mines et prit des arrangements avec les industriels de Kuo-chiu (g ^) pour diminuer les droits qu'il percevait sur les métaux (plomb, étain, argent et cuivre). Ces réformes, en donnant un nouvel essor aux transactions commerciales, raclietèrent en partie les fautes du dictateur, et la population, absorbée par les affaires, s'occupa peu, dès lors, de l'administration. Craignant cependant le retour offensif des troupes impériales, il ne voulut pas licencier les siennes qui lui avaient prêté une aide efficace, et les répartit dans les villes situées sur les frontières des départements voisins.

1865. — Revenons un instant sur nos pas pour suivre les mouvements du Fan-tai que nous avons laissé à Ch'u-cliing-fu sur le point de continuer sa marche contre les aborigènes. Il ne tarda pas, en effet, à se diriger, avec un corps de 5,000 hommes, composé exclusivement de Chinois, vers les régions élevées d'où il fallait débusquer l'ennemi. Tout alla bien jusqu'à Hsuan-wei-chou (^ i^ ^); ^^ marche était lente, il est vrai, mais il trouvait encore sur sa route les objets nécessaires à l'approvisionnement journalier. Il n'en fut plus de même lorsqu'il quitta la zone productive du YUn-nan pour gravir les montagnes abruptes du Kuei-chou ; les fatigues de la marche, les privations de plus en plus sensibles amenèrent une foule de traînards, qui ralentirent les progrès de la colonne.

A Wei-ning-chou (j^ ^ ^), le peuple, craignant d'avoir à subir les exigences des mandarins, vit d'un fort mauvais œil l'arrivée des troupes du Fân-tai. A peine celui-ci fut-il

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