‹ La province chinoise du Yün-nanChapitre 41 sur 91 · COMPLOT DÉCOUVERT DANS LA (^APITALE · texte numérisé non relu

COMPLOT DÉCOUVERT DANS LA (^APITALE

cnirent le moment arrivé de faire éclater leurs sympathies pour les rebelles; les plus influents s'efforcèrent de convertir à leurs sentiments le général et Ma Tê-hsîng, qui restèrent Mêles au gouvernement impérial. Les mécontents cherchèrent alors à jeter le désordre dans la ville. Ma Ju-lung, qui surveillait attentivement les progrès de la conspiration, jugea opportun d'arrêter le mal avant de lui laisser prendre des proportions plus sérieuses, et soumit à ses collègues un plan qu'ils adoptèrent. Comptant sur le dévouement éprouvé de quelques chefs et de leurs tioupes, il fit fermer le& portes de la ville et doima l'ordre d'arrêter ceux qu'on lui avait désignés comme les plus coupables. Quarante officiers de tous grades ainsi qu'un grand nombre de soldats eurent la tête tranchée. Quant à ceux qui n'étaient que faiblement compromis, ils se hâtèrent, dès que cela fut possible, de sortir de la ville, où leur vie était en danger. C^ette mesure énergique eut les plus salutaires effets : elle élimina de la garnison tous les éléments mauvais ou douteux, fit taire les soupçons de trahison et rétablit la confiance du peuple en Ma Ju-lung, confiance que les derniers événements avaient fortement ébranlée.

Comme les rebelles étaient bien plus nombreux que ne Texigeait l'investissement de la capitale, les corps inactifs furent répartis dans toutes les directions pour venir en aide à ceux qui avaient arboré leurs couleurs. Encore quelques mois et la province était subjuguée par la' rébellion; tout l'ouest et le sud-ouest, depuis Ssù-mao-fing (J@^ ^ ]|g) jusqu'à Yung-pei-fing (^^ :\^ 1^, étaient déjà déclarés en sa faveur, et, dans l'est, quelques villes avaient levé l'étendard de la révolte et n'attendaient qu'une occasion pour suivre le mouvement.

Sung Yen-chun, qui, dès les premières années de la rébellion, s'était échappé de Cli'u-hsiung-fu sous des habits de paysan, avait été promu au grade de Tao-fai, puis à celui de Fan-tai, quelques mois avant la mort du vice-roi Lao, le 27 février 1867. Ce fut lui (en l'absence du Futai Tsen Yu-ying, continuant à guerroyer dans l'est), qui remplit les fonctions de vice-roi par intérim. H déploya beaucoup de zèle dans l'administration de la guerre, et profita de ses bonnes relations avec le T'i-tu pour réclamer la restitution de son fils qui, depuis la prise de Chu-hsiung, était entre les mains de Ma Ch'êng-lin. Ce dernier, à la demande de Ma Ju-limg, sous les ordres duquel il se trouvait, ne fit aucune objection à rendre le jeune prisonnier, que son père, dont il était l'unique héritier, s'empressa d'envoyer dans le Chiang-hsi, au milieu de sa famille.

Pendant que les belligérants sont en présence, examinons de plus près ces armées ambulantes, si vite réunies et dispersées. La principale armée de Tu Wên-hsiu assiégeait la capitale dans un état satisfaisant d'organisation, et les revenus des puits à sel suffisaient à peu près à son entretien; elle pouvait, ainsi que nous l'avons vu, attendre patiemment l'issue du siège. Le gouvernement de Ta-li n'avait à s'occuper que d'expédier des convois de munitions sur les points où ils étaient demandés. Dans certaines localités où les chefs se procuraient les matières premières, on fabriquait la poudre.

Les musulmans, plus expérimentés que les Chinois sur l'art de la guerre, avaient tiré de la Birmanie, par l'intermédiaire des caravanes, une grande quantité d'armes à feu (des fusils à pierre la plupart) de toutes formes et de toutes

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