‹ La province chinoise du Yün-nanChapitre 43 sur 91 · LA CAPITALE EST DÉGAGÉE · texte numérisé non relu

LA CAPITALE EST DÉGAGÉE

nouvelles troupes. Malheureusement pour lui, ces renforts arrivèrent trop tard : pendant le temps qu'avait exigé le rassemblement de ses nouvelles forces, les impériaux, que stimulait l'immédiate perspective de délivrer la capitale, avaient rénssî, sauf sur quelques points fortifiés des bords du lac, à refouler les insurgés jusqu'à An-ning-chou.

Dès que la plaine fut débarrassée, excepté à l'ouest, les paysans et marchands de la banlieue, réfugiés dans la capitale, se hâtèrent de regagner leurs foyers, qu'ils retrouvèrent dans le plus grand désordre : presque toutes les maisons étaient en mauvais état, pour ne pas dire en ruines, et tout ce qui était de quelque valeur avait été eidevé.

Le dégagement des environs de la capitale était assurément un avantage inespéré pour les impériaux; mais il ne leur donnait pas le droit de croire tout terminé. Loin de là : les chefs qui avaient accepté la ligue, et auxquels Tu Wênhsiu avait conféré des titres de Ta-ssû et autres, continuaient ses rapports avec lui et obéissaient à ses ordres. Or, comme toutes les localités du Yttn-nan, sauf de rares exceptions, relevaient de ces chefs et que chacun d'eux y avait installé nne garnison plus que suffisante à les défendre, c'était non plus une armée qu'il s'agissait de vaincre, mais une foule de sièges qu'il fallait faire d'un lieu à l'autre. Par mesure de précaution autant que par nécessité, les impôts étaient reçus en natme au lieu de l'être en argent, de sorte que chaque ville rebelle était munie de provisions en abondance et pouvait supporter un siège sans trop d'inconvénients. C'est donc pendant cette période de luttes successives et de sièges dispendieux que nous allons voir les impériaux poursuivre la délivrance de leur territoire.

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