‹ La province chinoise du Yün-nanChapitre 51 sur 91 · SUCCÈS DE YANG YC-KU · texte numérisé non relu

SUCCÈS DE YANG YC-KU

Nous laisserons Ts en Yii-ying pour suivre dans Touest la campagne que les impériaux avaient entamée Tannée précédente.

Les troupes placées sous les ordres de Yang YU-k o et de Li Hsin-ku (^ ^ "jjj') avaient, au début, obtenu des avantages ; mais, dans la région des salines, les rebelles, sentant que cette dernière ressource allait leur échapper, faisaient tous leurs efforts pour s'y maintenir. Chaque pas était hérissé dobstacles; la guerre par bataillons avait fait place aux escarmouches de partisans et les moindres accidents de terrain étaient fortifiés. Yang YU-ko, de son côté, jugeait avec raison que s'il pouvait occuper cette partie du district, c'était frapper l'insurrection au cœur en lui ôtant tout moyen de se prolonger. Repoussé à différentes reprises, il fut enveloppé par des troupes fraîches venant de Ta-li; sa déroute fut complète, et il perdit tout son matériel. A la suite de cette défaite, il sollicita des renforts à la capitale, et lorsqu'il reprit l'offensive, il culbuta les rebelles, s'empara des puits à sel et poussa jusqu'à Cheng-nancliou \ pendant que Li Hsin-ku faisait aussi des progrès dans le nord.

Maître de disposer des revenus du tenûtoire conquis pour satisfaire aux exigences de la guerre, Yang Yti-k'o en tira parti pour augmenter l'effectif de ses forces. La population (les villes encore au pouvoir des rebelles, fatiguée de se trouver constamment entre l'enclume et le marteau et doutant fort que le sultan pût maintenir longtemps son autorité,

* En marche sur cette ville, Yang Yu-k'o captura un convoi de lingots d'or et d'argent appartenant à un chef rebelle qui opérait plus au sud : il garda ce butin comme sa propriété.

voyait avancer les impériaux avec plaisir et n'attendait qu'une occasion pour se prononcer en leur faveur.

La belle saison arrivée, Ma Ju-lung se disposa à réunir ses troupes éparses et à commencer la campagne sur Tungkou, mais il trouva ici de nouveaux obstacles à l'accomplissement de ses projets : le Fu-tai s'opposa à ce que les Liang-t ai du général missent en réquisition le riz destiné à ses soldats sous le fallacieux prétexte que, sa propre armée ayant été considérablement augmentée, il avait besoin de toutes les ressources en nature que pouvait fournir le département et les environs. D ne fallut rien moins qu'une protestation énergique du vice-roi, poussé à bout par un acte aussi arbitraire, pour ramener le Fu-tai au sentiment du devoir. Les négociations entamées à ce sujet retardèrent le départ du général, qui ne quitta la capitale que dans le courant du onzième mois. A Hsin-hsing-chou, il régla certaines questions de teiTains qui avaient été mal définies entre les habitants et les Chinois, et se rendit ensuite à Tung-shan, puis à Tung-kou.

C'est ici que se place notre arrivée à Yiin-nan-fu. Après quelques jours de repos, notre première visite fut pour le Fu-tai, que nous allâmes ti'ouver à Ch eng-chiang. Quoique très occupé par le siège de cette ville, il nous reçut cordialement, nous fit visiter ses positions, les travaux entrepris et le peu d'artillerie dont il disposait. D vint ensuite nous voir et, avant de partir, nous demanda des renseignements sur la fabrication des capsules de guerre ; l'expérience qu'il avait eue des armes à feu pendant le siège de la capitale lui avait donné l'idée de réfonner son armement. Il avait, en conséquence, avec les subsides provenant des

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