LE SIÈGE DE KUANG-I EST LEVÉ
payer une petite indemnité pour le licenciement des troupes et la destruction des fortifications. La veille du jour de la capitulation, îî y eut une certaine effervescence; mais Yang Chin-ping avait pris des dispositions pour empêcher les troubles. Les têtes promises furent envoyées au quartier général, munies chacune d'un écriteau, et le même jour on les expédia à la capitale.
Les questions d'ordre général réglées, Ma Ju-lung laissa à Tung-k ou un corps d'occupation, licencia les autres et retourna, avec sa garde, à Hsin-hsing-chou. Durant les fêtes du nouvel an chinois, il fit venir sa troupe d'artistes qu'il avait laissée à la capitale et la fit jouer pendant un mois au théâtre de Chiu-lung pour divertir la population.
n reçut ensuite de Pékin l'ordre d'aller pacifier Fu-hsi, puis de réduire, dans l'ouest, Shun-ning ()|g ^) et YUn-
^'ho'» m m-
A Kuang-i, le Fu-t'ai n'avançait pas. Les rebelles, au lieu de ralentir leurs moyens de défense, travaillaient activement à détruire les galeries souterraines que les impériaux creusaient pour faire sauter leurs remparts. Environ cinquante galeries avaient été creusées et coupées à temps ; celles qui avaient pu être chargées étaient trop profondes et, par conséquent, de nul effet.
Le Fu-fai, qui avait fondé de grandes espérances sur le
bombardement, fut, par la suite, forcé de discontinuer ce
moyen d'action. Une grande partie des obus n'éclatant pas,
les assiégés, pour les mettre à profit, eurent l'idée de fondre
deux canons en étain garnis intérieurement de feuilles de
tôle, à l'aide desquels ils renvoyaient à l'ennemi ses pfopres
projectiles. Bien que très imparfaits, ces engins étaient assez
puissants pour lancer des obus ronds de 19 centimètres. Les
rebelles avaient aussi miné tous leui-s fortins, et à peine les impériaux en prenaient-ils possession qu'ils ne tardaient pas à être foudroyés par l'explosion et enfouis sous les décombres. Ce stratagème réussit plusieurs fois et, dans la suite, les impériaux n'osaient plus occuper les positions abandonnées.
Malgré toute l'activité dont ses troupes faisaient preuve, Liang Shih-mei était mal considéré; le Fu-t'ai ne manquait pas de faire peser les fautes des autres sur ses soldats; on l'accusait, en outre, d'avoir des intelligences avec les insurgés. Ce chef, d'une nature indépendante et fière, las de cette fausse situation, avertit le Fu-tai qu'étant obligé de revenir à Lin-an pour affaires, il le priait de faire occuper sa place, et il partit.
1872. — Dès les premières chaleurs du printemps, la peste, sous forme de boutons appelés par les Chinois yangtzû^ (j^ -^), commença à se déclarer avec une certaine intensité dans les rangs impériaux. Le Fu-tai lui-même en fut atteint et dut, sur les conseils de son médecin, quitter le théâtre de la guerre et rentrer à Tung-hai pour se soigner.
Hu Hsiu-lin (^ ^ jj^)^ chargé du commandement pendant son absence, voyant tous les jours les rangs décimés par le fléau, tenta des démarches auprès des insurgés en se faisant fort d'obtenir du Fu-tai toutes les conditions qui seraient an-êtées d'un commun accord ; mais les rebelles, qui avaient la mémoire des capitulations comme les entendait le Fu-tai, accueillirent mal ces avances.
' C'est La peste dont nous avons parlé dans Yllinéraire de CTi'wig-chUng-fn à Yun-nan-fu,