‹ La province chinoise du Yün-nanChapitre 56 sur 91 · LE FU-TAI MET LE SIEGE DEVANT KUANG I. L · texte numérisé non relu

LE FU-TAI MET LE SIEGE DEVANT KUANG I. L

rhomogénéité qui les unissait pour montrer au Fu-faî, qui s'était flatté de les réduire dans l'espace d'un mois, qu'ils étaient au moins aussi braves que ses troupes. Ils crurent donc superflu, vu leur petit nombre, d'occuper des positions en dehora du plateau sur lequel était bâti leur village, et ils se contentèrent de concentrer sur ce point leur résistance.

Les impériaux disposèrent leurs colonnes autour du plateau et se mirent en mesure de commencer le siège. Les combats, presque insignifiants jusqu'alors, prirent un caractère meurtrier; l'argent ne manquant pas, le Fu-fai mit à prix les positions ennemies, et ce moyen, qui avait réussi à Chêng-chiang, eut ici un égal succès. Les bataillons, poussés par l'amour du lucre, allaient se heurter contre des retranchements formidables, derrière lesquels les musulmans préféraient la mort à une pnidente retraite. Cependant, avec le temps et malgré les pertes éprouvées tous les jours par les impériaux, ils parvinrent à occuper une partie extérieure du plateau. Alors, des difficultés autrement sérieuses se présentèrent : avant d'arriver à Kuaug-i, il fallait forcer deux ceintures de fortins.

Le Fu-t ai, sensiblement désappointé, ordonna une nouvelle levée d'hommes. Liang Shih-mei en amena 4,000; mais, comme il était en mauvais termes avec le gouverneur, il omit à dessein de lui faire visite et alla directement prendre position à l'endi-oit qui lui avait été désigné, au sud de la ville. Le Fu-fai, blessé de ce procédé si contrake aux coutumes chinoises, le lui fit savoir par un de ses officiers qui était aussi l'ami de Liang. « Je viens, » répondit celui-ci, « me omettre avec mes soldats à la disposition de mon pays, et >non pas à celle d'un homme pour lequel j'ai le plus pro- ^fond mépris. Je ferai mon devoir comme je le dois, et

> aussitôt ma tâche terminée, je rentrerai dans mes foyers, » Le Fu-faî, à qui cette réponse fut textuellement rapportée, ne répliqua rien; mais, dès ce moment, il combina sa vengeance.

Après le départ de Ma Ju-lung, les chefs auxquels il avait confié le commandement négligèrent leur devoir et ne poussèrent pas les travaux du siège de Tung-k ou. Les rebelles, que cette nonchalance enhardit, firent une sortie, s'emparèrent des lignes avancées et bousculèrent l'ennemi jusqu'au village de Hsiao-tung-kou. Ce coup de main mit en leur pouvoir une grande quantité de munitions, et, n'étant pas assez nombreux, pour occuper les camps qu'ils avaient pris, ils y mirent le feu. Les officiers impériaux, humiliés de cet échec, allèrent à Ta-ying-tou faire leurs excuses au T'i-t ai et lui demandèrent de leur accorder quelques jours pour prendre leur revanche ou traiter de la capitulation.

Le chef des insurgés. Ma Cheng-lin^ (|| J^ ^), siu*nommé Lao-fa-lang (^ ^ gjj), parce qu'il était natif de T a-lang, ayant été tué par un éclat d'obus, son lieutenant, Yang Chin-p'ing (^ ^ ^), lui succéda. Ce dernier, animé de sentiments différents, offrit à Ma Ju-lung de traiter avec lui de la capitulation.

Les négociations traînèrent en longueur; cependant le chef rebelle finit par accepter les conditions de Ma Ju-lung : il consentit à livrer trente-trois têtes exigées par ce dernier, à

* Ce qui contribua beaucoup à prolonger la durée du siège de ces deux villages, c'est que Ma Ch'ông-lin, quoique musulman, appartenait à une secte nouvelle appelée Hsin-chia^ c'est-à-dire religion nouvelle de Mahomet, établie depuis quelques années; Ma Cirêng-lin étant considéré comme le chef de cette secte et Ma Ju-lung étant mahomôtan de vieille date, il existait un certain antagonisme entre eux.

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