‹ La province chinoise du Yün-nanChapitre 64 sur 91 · CAPITULATION DE TA-LÏ · texte numérisé non relu

CAPITULATION DE TA-LÏ

OU déshonorées. Ceux d'entre eux donc qui avaient vu ces scènes de carnage ou qui avaient à pleurer un père, une femme ou un enfant, voulaient continuer la lutte à outrance. Les chefs ne voyaient plus de salut que dans la trahison, mais la population les forçait en quelque sorte à rester fidèles. Des sorties fiirent faites, des combats sanglants furent livrés sous les murs de la cité, mais sans résultats; les impériaux, solidement éta.blis et en nombre imposant, avançaient de plus en plus leurs lignes, de sorte que, malgré la bravoure que déployaient les musulmans dévoués à leur cause, ils étaient toujours vaincus.

Le Yuan-shuai, à l'approche de sa dernière heure, n'hésitait pas à faire le sacrifice de sa vie; s'accusant de toutes les infortunes dont le peuple avait été victime,, il était prêt à offrir sa tête pour lui épargner les horreurs de l'entrée (les ennemis. Ainsi écrasé par le remords, il fit cesser les hostilités, réunit le conseil de la défense pour lui faire part de sa décision et proposa de clioisir des délégués pour discuter avec les impériaux les conditions de capitulation.

Yang Ytt-k'o, prévenu par ses espions de ce qui se passait, ne fut pas étonné de voir hisser sur les remparts de la ville le drapeau parlementaire; désireux, autant que les assiégés, de terminer cette campagne qui, pensait -il, lui donnerait pour récompense de ses services le titre de T'i-tu (général de division) avec le poste de Ta-li qu'il ambitionnait, il reçut les délégués en grande cérémonie et fut très poli avec eux, oe qui n'était pas dans ses habitudes. Comme il ne pouvait rien décider avant de consulter le Fu-fai, il les pria de revenir le lendemain, leur dit qu'alors il serait en état de discuter avec eux les conditions définitives ; il ajouta que

le Fu-t ai était bien dispose pour eux, et que, dans tous les cas, la population, à l'exception de quelques chefs dont l'empereur exigeait les têtes, serait respectée.

Yang Yli-ko se présenta le jour même à Hsiao-kuan-i pour s'entendre avec le Fu-tai. Ce dernier, se voyant à la veille de prendre une éclatante vengeance, combina son plan de façon, que tous les musulmans qui habitaient la cité, et même ceux qui avaient fait leur soumission depuis que les impériaux étaient dans la plaine de Hsia-kuan, fussent massacrés en même temps. Pour arriver à ce résultat, il fallait mettre en pratique ce semblant de protection qui lui avait déjà si bien réussi à Cheng-chiang, Kuang-i, etc. Yang Yii-k 0, non moins fourbe et adroit que lui quand il s'agissait d'intrigues, retourna dans son camp afin d'étudier ses futures victimes et de choisir la combinaison qui lui assurerait le plus éclatant succès.

Yang Tei-ming (^ ^ t[|), chef de l'organisation militaii'e de Ta-li, fut choisi comme chef de la députation. Il se rendit deux fois au quartier général de Yang Ytl-ko avant de lui présenter ses collègues, et quand tout fut convenu avec Tu Wên-hsiu, toute la commission, composée de Tsung Fu (^ ^), de Ma Nien-yU (,B| ^ 3i), de Ma Kuo-hsi (,|| g g) et de Yang Tei-ming, se rendit chez Yang Yli-k 0, où devait avoir lieu la conférence. Le général chinois parla de sa visite au Fu-tai et des difficultés qu'il avait eues à obtenir des conditions honorables. Le Fu-tai, dit-il, avait enfin consenti, à sa demande, à ce que la tête de Tu Wên-hsiu fût la rançon de la ville et à ce que les habitants eussent la vie sauve, mais, pour faire face à une partie des dépenses occasionnées par l'expédition, la ville aurait en outre à payer une indemnité.

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