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QUALITÉ DE L'ARGENT

portât l'estampille du Kung-ku. Les lingots estampés comme nous venons de dire ont la même valeur dans toute la province, c'est-à-dire que l'argent est reconnu au titre officiel de 98 pour 100.

Dans beaucoup de mines les industriels se donnent rarement la peine de faire affiner convenablement leur argent: ils se contentent de l'envoyer chez le Hsiao-cliiang, qui le débarrasse d'une partie du plomb qu'il contient et l'amène au titre de 98 pour 100, titre accepté dans toute la province et sur les marchés comme argent de première qualité ; dans cet état, il est livré au commerce.

D est rare de trouver aux mines ou sur les marchés voisins du bon argent; celui qui passe pour le meilleur est au titre de 90 pour 100 environ : cette proportion descend en certains endroits à 7io c* même jusqu'à y,©. Les marchands qui trafiquent dans ces parages ont besoin d'exercer nne grande surveillance s'ils ne veulent être dupés.

Ces divers titres de monnaie entravent considérablement les affaires, car, dans toute opération commerciale le vendeur, avant de conclure un marché, est obligé de voir le métal avec lequel il sera payé; et souvent même il va chez l'essayeur, qui, moyennant une faible rétribution, lui indique le titre exact; dès lors, il fait ses comptes en conséquence et réclame un excédant, afin de balancer la perte qu'il éprouvera au change.

Tous les droits perçus par les douanes ou barrières sont payés avec ce qu'il y a de plus mauvais en argent. Malgré leurs protestations, les mandarins-percepteurs ne parviennent pas à obtenir mieux ; ils menacent quelquefois de retenir les marchandises ou d'arrêter les convois, mais sans succès. Le

voyageur ou muletier qui amène un convoi des frontières, ou qui vient de l'intérieur, ne porte en général avec lui que l'argent dont le titre a cours sur toute sa route ; or, comme il n'a que juste le nécessaire pour faire le voyage, les mandarins sont forcés d'accepter l'argent qu'on leur donne, si mauvais qu'il soit.

Rien de plus curieux que les produits d'une perception, surtout dans le sud : on trouve à côté des lingots toutes espèces d'ornements et de bijoux; le pauvre ou celui qui est à court d'argent s'acquitte avec des boutons du même métal, d'autres avec des bracelets, des parures de femme; c'est surtout dans les perceptions des marchés que ces derniers objets sont les plus nombreux. A la fin de chaque mois, le produit des douanes et des barrières est centralisé l)ar les agents du trésorier général. Cet argent est envoyé à la capitale où il est affiné au titre de 98 pour 100, le plus haut de la province.

Nous avons vu précédemment que presque toutes les mines d'argent de la province contiennent une notable quantité d'or. Pendant longtemps il fut impossible aux industriels de séparer les deux métaux, et par contre l'argent qui contenait le plus d'or passait, à cause de sa couleur douteuse, pour être de qualité inférieure. Les affineurs, de leur côté, ne parvenaient pas à trouver le moyen de rompre cet alliage. C'est un affineur, natif du Chiang-hsi et attaché à la mine de Ma-lung, qui le premier trouva le moyen d'isoler l'argent de ce métal étranger, qui n'était autre que l'or. H fit une grande fortune, et ce ne fut qu'à sa mort que son invention fut connue. Son procédé consistait simplement à fondre l'argent dans un creuset, puis, à l'aide d'un bâton de soufre, à

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