AVANTAGES DES VOIES FERREES
à Touest du Kueî-chou et au nord du Ssù-clnian, arrivant maintenant par le Yang-tzû. Le trafic de ces deux provinces 8e fera peut-êtie par la vieille route, non pas qu'il n'y eût avantage à faire passer les produits d'importation et d'exportation par la voie du Tung-king, mais parce que les habitants, aussi bien chinois qu'indigènes, ont leurs intérêts trop intimement liés avec ceux des marchands du Ssû-ch\ian; ensuite, le haut Yang-tzû avec les vastes agglomérations de population qui bordent ses rives, ses grands marchés et les facilités de transport et de débouché, font que cette voie, même en perdant le trafic des provinces du sud-ouest, sera toujours la plus grande artère commerciale de l'empire chinois.
Il est peut-être un peu prématuré de croire que le gouvernement ait l'intention d'établir des voies ferrées. Le besoin de moyens de transport plus rapides, dans les provinces qui ne possèdent pas ce système de canaux qui fait la richesse de celles du littoral, ne s'est pas encore fait sentir avec assez de force pour attirer l'attention du gouvernement. Cependant, il y a tout lieu de croire que^ si un système de transport plus rapide avait pu être organisé pour porter secours aux provinces qui ont tant souffert de la famine en ces dernières années, on aurait évité de grands désastres, et cette population que la faim a chassée de ses foyers, au lieu d'errer d'une province à l'autre pour se créer des ressources, aurait été secourue à temps chez elle. La disette, qui dans l'intérieur a réduit le peuple à la misère, a aussi éprouvé les provinces du littoral, mais là, grâce à la navigation à vapeur, le mal a passé presque inaperçu, parce que, aussitôt que les grains ont manqué, on en a expédié des autres ports.
Qu'on jette un coup d'œU en arrière et que l'on compare la Chine d'aujourd'hui à ce qu'elle était en 1842 : quel progrès, sans s'en apercevoir, n'a-t-elle pas fait vers la civilisation moderne ! Des arsenaux ont été créés dans différentes provinces; celui de Fu-chou, fondé et dirigé par des officiers français a déjà doté la Chine d'une marine de guerre, et formé dans ses écoles des ingénieurs et des officiers de vaisseau dont une mission en Europe complète l'instruction et l'expérience; on a établi des lignes télégraphiques; une flotte à vapeur de commerce promène sur les mers et les fleuves le pavillon chinois, qu'on ne voyait autrefois que sur des jonques. La création de steamers a forcé le gouvernement, pour les alimenter du combustible nécessaire, d'ordonner l'exploitation à l'européenne de quelques gisements de houille. C'est là une tentative qui donne de légitimes espérances, et l'on peut attendre avec confiance le moment prochain où les riches mines de l'intérieur, et celles du Yiln-nan en particulier, cesseront d'être livrées à la routine. Ce vœu, du reste, nous l'avons entendu formuler par les populations intéressées dans cette féconde industrie.
FIN