‹ La province chinoise du Yün-nanChapitre 84 sur 91 · AVANTAGES DES VOIES FERRÉES · texte numérisé non relu

AVANTAGES DES VOIES FERRÉES

cette route, aujourd'hui désertée par le commerce, servira nécessairement, pour tous les motifs que nous avons exposés, de principal débouché à tout le commerce des provinces du sud-ouest de la Chine.

D'autre part, si le gouvernement chinois, entraîné par le mouvement du progrès et reconnaissant lui-même la nécessité de créer des moyens de locomotion plus rapides,' se décide à secouer les entraves de son antique civilisation pour introduire les voies ferrées sur son territoire, quelles routes profiteront le plus de ce nouveau mode de transport? H suffit, pour répondre à cette question, de voir la distance et les difficultés que présentent les routes de terre.

Le premier projet d'un chemin de fer a été indiqué par le capitaine Sprye. Il consiste dans un tracé qui relierait Rangoun à Kiang-hung, sur le Mei-kong (environ 450 milles), et qu'on prolongerait ensuite à l'intérieur du Yttn-nan. Bien que ce projet puisse procurer de grands avantages aux contrées et à la population qu'il intéresse, son long parcours et par conséquent les frais qu'auraient à supporter les marchandises lui donnent peu de chance de succès.

A l'ouest il y a la route de Bhamo à Ta-li, Quoique celle-ci soit plus courte que la précédente, les obstacles naturels y sont accumulés au point de rendre l'établissement d'une voie ferrée presque chimérique. Dans le sud-est, une ligne pourrait aisément être créée de Pai-sê-ting à Yilnnan-fu; mais, comme nous l'avons vu, la pénible navigation du Hsi-chiang, les frais de transport et le peu de sécurité qu'on trouve sur le cours de ce fleuve, font de cette voie un faible auxiliaire. Nous ne parlerons pas des routes du Yang-tzti-chiang, qui, par leur position géographique, sont tout-à-fait en dehors de la question.

Sans vouloir exagérer Timportance de la route du Tungking, dont nous avons fait ressortir les avantages, elle se place pourtant, dans l'hypothèse d'une voie ferrée, en première ligne. En effet, si l'on considère la faible distance qui sépare Mêng-tzû et Man-hao de la capitale, on voit qu'il suffira de quelques heures pour se rendre du fleuve Rouge dans cette dernière ville. Les travaux et les dépenses à faire sont peu de chose, si on les rapproche des autres lignes. La route de l'ouest, celle qui passe par Lin-an, Tung-hai, Hsin-hsing-chou, Chin-ning et YUn-nan-fu, est assez accidentée jusqu'à Lin-an; sauf quelques collines qu'il faudrait percer, le tracé n'oifre pas de difficultés sérieuses. A partir de ce point, on pourrait s'élever sur une suite de montagnes pour redescendre dans la plaine de Ch'i-chiang, gravir ensuite le plateau de Tung-hai et redescendie à Hsin-hsing-chou. De cette ville à Kuei-yang, on peut contourner les collines et gagner directement la capitale en suivant la rive orientale du lac. Du côté est, c'est-à-dire en passant par A-mi-chou, Mi-lo, Lu-nan, I-liaiig et YUn-nan-fu, la ligne peut être tracée jusqu'à la capitale avec bien moins de difficulté; bien que le terrain soit plus propice, il faudrait cependant contourner quelques chaînes de montagnes, mais ces travaux ne rencontreraient pas d'obstacles sérieux.

Avec des avantages d'une si haute importance, on doit conclure sans peine que le mouvement commercial, en grande partie, sinon tout entier, destiné aux provinces du sud-ouest, qui suit à présent les voies du Yang-tzû ou du Hsi-chiang, sera forcément entraîné de ce côté. H est difficile de dire jusqu'à quel point un chemin de fer établi dans cette partie du YUn-nan porterait atteinte au commerce destiné

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