VALLÉE DE L'OTTAWA
La rivière Ottawa, qui torabe dans le St. Laurent à l'extrémité ouest de l'Ile de Montréal, divise la Province de Québec de celle d'Ontario. Dans sa course générale, qui est du nord-ouest au sud-est, elle forme avec le fleuve un angle d'environ quarante-cinq degrés. Sa longueur est de 600 milles. Sur ce parcours, elle reçoit de nombreux tributaires dont le plus considérable, la rivière G-atineau, longue de 300 milles, sépare la vallée vers le milieu, en ligne presque perpendiculaire du nord au sud. On estime à plus de 30,000 milles carrés l'étendue du territoire arrosé par l'Ottaw^a et ses tributaires. La partie située au sommet de l'immense triangle formé par la vallée d'Ottawa est couverte d'une population nombreuse et riche, ce sont les comtés qui avoisinent Montréal du côté • du nord et du côté de l'ouest.
Mais quand nous parlons colonisation dans la vallée de l'Ottawa, nous avons en vue surtout les comtés d'Ottawa et de Pontiac qui occupent à eux seuls toute la rive nord de l'Ottawa et se prolongent jusqu'à la limite septentrionale de la province. La population de ces deux comtés s'élevait, ^n 1861, à un peu plus de 41,000 Habitants ; on l'estime aujourd'hui à près de soixante mille, dont moitié d'origine française et moitié d'origine britannique. Il s'y est formé depuis quelques années trois établissements assez considérables d'émigrés allemands qui sont aujourd'hui très-prospères.
Comme daiis cette section de la province les terrains sont de formation laurentiennc, le sol en est, en grande partie, rocheux, montagneux et tourmenté, mais couvert de bois de commerce d'une grande valeur.
Cependant le sol des vallées et des côtes à pente douce est très-fertile et offre un vaste champ à la colonisation. Les opérations des commerçants de bois facilitent beaucoup l'établissement de ces terrains, en ouvrant des chemins et fournissant un marché à haut prix pour les. produits du cultivateur, ainsi que de l'emploi pour lui-même et ses animaux, dans une saison où il peut le faire sans préjudice aux travaux de sa ferme. Ce district est bien arrosé et remarquable par les nombreux et puissants pouvoirs d'eau que fournissent les rivières, les ruisseaux et les lacs qui traversent sa surface.
Les premiers colons de l'Ottaw^a ont été les marchands de bois. Pour subvenir aux besoins de leurs V£istes chantiers, la plupart d'entre eux ont été obligés d'improviser, de distance en distance en pleine forêt, d'importantes exi^loitations agricoles qu'ils abandonnaient après avoir exploité le bois de commerce des eijvirons. Ces grandes fermes ont été le noyau de la plupart des centres de population actuels. D'abord éloignées les unes des autres, elles ont servi comme de jalons aux établissements qui sont venus se grouper plus tard sur leurs traces.
Le nombre d'acres arpentés en lots de ferme dans cette région et actuellement disponibles, est de 1,358,500, au prix de trente centins l'acre.