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emple, leur promettant de la manière la plus formelle qu'ils s'en trouveront bien.
Jeux qui croient devoir me désapprouver peuvent le faire; mais qu'ils s'expliquent franchement, carrément, en ma présence. Accuser les absents n’est pas une preuve de bravoure ! |
Les premiers cultivateurs belses qui arriveront ici, pourront être ines voisins. Si je les ai trompés, l'occasion ne leur manquera done pas de me flanquer une bonne doublure. Muis je suis sans cramte. Au contraire: J'espère que mes compatriotes, lorsque nous aurons àcquisle droit de vote, m'enverront sièger..….au conseil communal, à moins qu'ils ne me confient les délicates fonctions de œarde-champêtre
pour lesquelles je me crois quelques aptitudes,
La soume que paie en Belgique le petit fermier pour oceuper une terre qui lui fournit à peine le strict nécessaire, suffirait ici pour le rendre propriétaire d'une terre pour le moins aussi grande.
Il est si facile, au Canada, de s'établir pour son propre compte, que les cultivateurs ont souvent beaucoup de peine à trouver des domestiques. Je me hâte de dire qu'il ne faut pas ici un personnel bien nombreux pour les travaux agricoles. Tout se fait mécaniquement.
Les fermiers possèdent pour la plupart d'immenses prairies, qui leur permettent d'élever sans peine de nombreux troupeaux.
Dans la province de Manitoba, on laisse souvent le bétail au pâturage pendaut tout l'hiver. Il ya des cultivateurs qui n'ont jamais fumé leurs terres, et cependant ils ont chaque année des récoltes maenifiques.
La première aunée, ils labourent à une profondeur de deux pouces, pas plus. La seconde année et les suivantes, on se sert de charrues à quatre, einq, six et même huit fers. À ces charrues est attaché ün siège sur laquelle se place le conduct'ur. [I en est de même pour les faucheuses et les moisconneuses. De cette manière, deux hommes peuvent abattre énormément de besowae. Donnez-leur une bonne servante, bien soigneuse, bien active, et ils exploiteront facilement une trèserande ferme.
En Belgique, beaucoup d'ouvriers et de petits fermiers sont de véritables esclaves.
foutile de dire ce qu’ils mangent et dans quel misérable lit ils se reposent de leurs fatigues.
Quelle différence avec ce que l’on rencontre dans les fertiles contrées du Canada !
Le moindre salaire est une piastre par jour. Bien souvent on y ajoute la nourriture : trois bons repas par jour, à chaque repas de a viande ou du poisson, et de la patisserie après le dîner.
Les vivres coûtent moins cher au Canada qu'en Belgique, l'ouvrier de la campagne pouvant, moyennant une toute petite somme, habiter sa propriété et se procurer à peu près gratuitement son bois de chauffage, la classe laborieuse jouit ici d’un bien-être inconnu dans les vieux pays. Elle peut facilement conquérir l’aisance et parvenir même à la fortune. Je pourrais citer plus d’un exemple d’un pareil succès.
Voilà des faits que je n’ai pas lu dans les romans : J'ai vu, de mes propres yeux vu, ce que l’on appelle vu.
Comment un cultivateur intelligent et courageux ne vivrait-il pas dans l’abondance, alors que la terre—si fertile quelle peut, pendant de longues années, se passer d’engrais—ne lui coûte presque rien, alors que le labour exige peu de soins et que les récoltes sont toujours abon-
dantes.
On vend meilleur marché qu'en Europe,” me dira-t-on. (Cela est vrai. Mais comparez le prix de revient et le rendement, et vous trouverez encore une fameuse différence en faveur du cultivateur canadien.
Un de mes amis, qui a parcouru le Canada dans tous les sens, m'a dit: “Je n'ai rencontré aucun fermier malheureux, tous étaient entièrement satisfaits de leur sort.”
Le contraire m'étonnerait.
Cependant, de Québec, la ville où débarquent les émigrants européens, à Winnipeg, le chef-lieu de la province du Manitoba, le voyage est passablement long—environ 1900 milles —et il est assez coûteux.
Voilà pourquoi je n'oserais pas conseiller à mes compatriotes peu fortunés de se diriger directement vers le Manitoba ou vers une autre
pr ovince.
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Je trouve donc que les cultivateurs peu fortunés feraient bien de, S établir, pour commencer, dans l’une ou l’autre localité de la province de Québec. Plus tard, lorsqu'ils auront ramassé un peu d'argent, ils se dirigeront vers le Manitoba s'ils le jugent utile. Je donne surtout ce conseil À mes compatriotés des Flandres.
Üeux, au contraire, qui possèdent une somme suffisante pour acheter de grands troupeaux et qui peuvent vivre la première année sans trop compter sur le salaire de leur travail, n’ont rien À craindre. Le Manitoba sera pour eux la terre promise.
Aux environs d'une ville, le colon industrieux gagne tout ce quil veut, à condition qu'il sache se livrer à tous les travaux dont le besoin se fait sentir.
Je connais, pas loin de Si! erbrooke, un cultivateur qui a pu amasser en peu de temps une petite fortune.
Voici comment il s'y est pris:
Îl commença par acheter des terres en bois debout à raison de 24) plastres de l'acre. C'était un prix très-élevé, car un peu plus loin il pouvait acheter à raison de 5 À 8 piastres de l'acre. Mais de l'endroit
Où il comptait s'établir, il pouvait faire chaque jour deux voyages à la ville et y conduire du bois de chauffage. C'était sur cela qu'il basait ses calculs.
Il engagea deux bûcherons, à raison d'une p'astre et cinquante centins par jour, soit done trois piastres pour les deux, Il engagca également un voiturier avec deux chevaux, moyennant quatre piastres par jour. Donc en tout, sept niastres par jour.
L:s deux bûcherons’lui fournissaient chaque jour deux cordes de bois, que le voiturier transportait en ville où il les vendait à raison de 8 piastres les deux. Bénéfice net: Une piastre par jonr, que le propriétaire pouvait empocher sans se douner la moindre peine.
Ce n'est pas tout.
Un bon bûcheron livre facilement deux cordes de bois par jour. Une corde, est un tas de bois de huit pieds de long, sur quatre pieds de large et quatre pieds de haut.—Comime nos deux hommes ne devalent livrer que deux cordes, il leur restait le teinps de préparer et de
pa
conduire au moulin à scie les plus beaux troncs, capables de fournir des planches et des madriers.
Le travail du moulin se payant en nature, le bois de construction poux sa ferme, ses écuries, grange et étables ne coûtait rien au propriétaire. j
Le défrichement augmente la valeur des terres d'au moins 10 à 15 piastres par acre.
Lorsque tout le défrichement fut terminé, le propriétaire avait fait,
vec son bois de chauffage, assez d'argent pour payer le prix de sa au il avait le bois de charpente pour ses constructions et il lui restait eucore plus de 40 piastres.
Ceux qui exécutent eux-mêmes les travaux de défrichement et de transport, réalisent naturellement de plus grands bénéfices.
J'ai en main les documents nécessaires pour garantir l'exactitude des chiffres qui précèdent. | |
Peut-on trouver un meilleur placement pour son argent que l'achat et le défrichement des terres canadiennes et le cultivateur belge ne devrait-il pas quitter un pays ou l'on est trop à l'étroit, pour venir se fixer dans des contrées immenses et d'une fertilité inépuisable, où les terres.se donnent presque gratuitement ?
I est vrai, cela ne durera pas toujours: les premiers entrés seront donc les mieux placés.
Je ne voudrais pas pousser à l'émigration ceux qui ne se sentant pas le courage de s'exposer à quelques difeultés, de supporter quelques privations, compagnes inévitables d'un premier établissement dans un pays nouveau. Mais ceux qui, après y avoir murement réfléchi, désirent entreprendre le voyage, pourront faire leur profit des conseils sui vants.
Vous cédez votre ferme et vous préparez votre argent, Vous ven: dez vos meubles et vos instruments aratoires, vous vous débarrassez de tous les obj: ets trop lourds et trop difficiles à emporter, mais vous con- Servez soiencusement vos matelas en plumes ou en laine, vos oreillers, vos couvertures, vos draps de lit, le linge, les vêtements, les outils de menuisier, les livres ot les petits objets auxquels vous tenez et qui ne
sont pas trop fragiles. La batterie de cuisine en cuivre, fonte ou fer