‹ La province de Québec [microforme]Chapitre 45 sur 47 · D PE · texte numérisé non relu

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En Belgique, beaucoup d'ouvriers et de petits fermiers sont de véritables esclaves, Hu

Fnutile de dire se qu'ils mangent et dans quel misérable lit ils se reposent de leurs fatigues,

Quelle différence avec ce que l’on rencontre dans les fertiles contrées du Canada !

Le moindre salaire est une piastre par jour. Bien. souvent on y ajoute la nourriture : trois bons repas par jour, à chaque repas de la viande ou du poisson, et de la patisserie après le dîner.

Les vivres coûtent moins cher au Canada qu'en Belgique, l'ouvrier de la campagne pouvant, moyennant une toute petite somme, habiter sa propriété et se procurer à peu près gratuitement son bois de chauffage, la classe laborieuse jouit ici d’un bien-être inconnu dans les vieux pays. Elle peut facilement conquérir l'aisance et parvenir même à la fortune. Je pourrais citer plu, d’un exemple d'un pareil succès.

Voilà des faits que je n'ai pas lu dans les romans : J'ai vu, de mes propres yeux vu, ce que l'on appelle vu,

Comment un cultivateur intelligent et courageux ne vivrait-il pas dans l'abondance, alors que la terre—si fertile quelle peut, pendant de longues années, se passer d’engrais—ne lui coûte presque rien, alors que le labour exige peu de soins et que les récoltes sont toujours abondantes.

‘ On. vend meilleur marché qu'en Europe,’ me dira-t-on. Cela est vrai. Mais comparez le prix de revient et le rendement, et vous trouverez encore une fameuse différence en faveur du cultivateur canadien.

Un de mes amis, qui a parcouru le Canada dans tous les sens, m'a dit: “Je n'ai rencontré aucun fermier malheureux, tous étaient entièrement satisfaits de leur sort.”

Le contraire m'étonnerait,

Cependant, de Québec, la ville où débarquent les émigrants européens, à Winnipeg, le chef-lieu de la province du Manitoba, le voyage est passablement long-—environ 1900 milles —ct il est assez coûteux,

Voilà pourquoi je n'oserais pas conseiller à mes compatriotes peu ‘fortunés de se dirigèr directement vers le Manitoba ou vers une autre provinec.

Je trouve donc que les cultivateurs peu fortunés feraient bieu de s# établir, pour commencer, dans l'une ou l’autre localité de la province de Québec. Plus tard, lorsqu'ils auront remassé un peu d'argent, ils se dirigeront vers lo Manitoba s'ils le jugent utile, Je donne surtout ce conseil à mes compatriotes des Flandres.

Ceux, au contraire, qui possèdent une somme suffisante pour acheter de grands troupeaux et qui peuvent vivre |» ÿiemièie année sans trop compter sur le salaire de leur travail, n'ont rien à craindre. Le Manitoba sera pour eux la terre promise.

Aux environs d'une ville, le colon industrieux gagne tout ce qu'il veut, à condition qu'il sache se livrer à tous les travaux dont le besoin se fait sentir.

Je connais, pas loin de Sherbrooke, un cultivateur qui a pu amasser en peu de temps une petite fortune.

Voici comment il s'y est pris :

Ïl commença par acheter des terres en bois debout à raison de 20 piastres d3 l'acre. C'était un prix très-élevé, car uu peu plus loin il pouvait acheter à raison de 5 à 8 piastres de l'acre. Mais de l'endroit où 11 comptait s'établir, il pouvait faire chaque jour deux vpyages à la ville et y conduire du bois de chauffage. C'était sur cela qu'il basait ses calculs.

Il engagea deux bûcherons, à raison d'une piastre et cinquante centins par jour, soit donc trois piastres pour les deux. Il engagea égalemeut un voiturier avec deux chevaux, moyennant detre piastres par jour. Donc en tout, sept piastres par jour.

L:s deux bûcherons lui fournissaient chaque jour deux cordes de bois, que le voiturier transportait en ville où il les vendait à raison de S piastres les deux. Bénélcs net: Uue piastre par jour, que le propriétaire pouvait empocher sans se donner la moindre peine.

Je n'est pas tout,

Un bon bûcheron livre facilement deux cordes de bois par jour.— Une corde, est un tas de bois de huit pieds de long, sur quatre, pieds dle large et quatre pieds de haut.—Comme nos deux hommes ne devaient livrer que deux cordes, il leur restait le temps de préparer et de

conduire au moulin à scie les plus beaux troncs, capables de fournir des planches et des madriers.

Le travail du moulin se payant en nature, le bois de construction pour sa ferme, ses écuries, grange et étables ne coûtait rien au propriétaire,

Le défrichement augmente la valeur des terres d’au moins 10 à 15 piastres par acre.

Lorsque tout le défrichement fut terminé, le propriétaire avait fait, avec son bois de clauffage, assez d'argent pour payer le prix de sa terre, il avait le bois de charpente pour ses constructions et il lui restait eucore plus de 40 piastres.

Ceux qui exécutent eux-mêmes les travaux de défrichement et de transport, réalisent naturellement de plus grands bénéfices.

J'ai en main les documents nécessaires pour garantir l'exactitude des chiffres qui précèdent. *

Peut-on trouver un meilleur placeinent pour son argent que l'achat et le défrichement des terres canadiennes et le cultivateur belge ne devrait-il pas quitter un pays ou l’on est trop à l’étroit, pour venir se fixer dans des contrées immenses et d’une fertilité inépuisable, où les terres se donnent presque gratuitement ?

.ILest vrai, cela ne durera pas toujours: les premiers entrés seront donc les mieux vlacés.

Je ne voudrais pas pousser à l'émigration ceux qui ne se sentent pas le courage de s'exposer à quelques difficultés, de supporter quelques privations, compaynes inévitables d'un premier établisssmant dans uu pays nouveau. Maïs ceux qui, après y avoir murement réfléchi, désirent entreprendre le voyage, pourront faire leur profit des conseils suivants,

Vous cédez votre ferme et vous préparez votre &r:nt. Vous vendez vos meubles et vos instruments aratoires, vous vous débarrassez de tous les objets trop lourds ct trop difficiles à emporter, mais vous conservez soigneuseanent vos matelas en plumes ou en laine, vos oreillers, vos couvertures, vos draps de lit, le linge, les vêtements, les outils de menuisier, les livres et les petits objets auxquels sous tenez et qui ne sont pas tror fragiles. La batterie de cuisine er. cuivre, fonte ou fer

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