LES ÉMIGRANTS
Il y a place au Canada ponr des milliers et des millions d'émigrants, et lorsque je dis ‘“ qu’il y a place ” cela signifie une occupation lucrative, l’aisance, l'abondance et même la fortune.
Cependant, qu'on n'aille pas s’imaginer qu’il suffit d'arriver ici pour se créer immédiatemont et sans peine une position brillante. Tic Cansda n’est pas le pays de Cocagne promis aux enfants sages : les perdreaux rôtis n'y tombent pas daus la bouche des paresseux et les maisons n’y sortent pas d: terre sous le coup de baguette d'une fée.
Ici, comme partout, l’homtme doit subir sa destinée, manger son pain à la suzur d° son front, se soumittre à la loi du travail.
Le gouverarment canaïien possède des terres immouses qu’il offre pour ainsi dire gratuit ment aux émigrants, quelle que soit leur nationalité, Mais il y net des condition: Les paresseux, les ivrognes, les gens de mauvais: conduite auraient tort d- compter sur sa protection.
Je m'étendra: plus longuement sur c: sujet dans le dernier chapitre ou la conclusion de cette brochure.
Encore un mnt cependant,
Dans cette étude je m'occup: tout spécialement de la Province de Québec. C’est la contrée qui offre aux colons sinon les plus grands
Pa 11
avantages, du moins les avantages les plus immédiats et les plus certains.
Voici ce qu'écrivait à ce sujet, en 1873, l'honorable Ls. Archambault, alors Ministre de l'Agriculture et des Travaux-Publics :
‘La conquête de l’aisance, qui en Europe représente les travaux réunis d’une famille pendant plusieurs générations, est la plupart du temps ici l’œuvre d'un seul individu. Demandez à ce négociant dont la fortune vous éblouit, à quelle époque remontent les opérations commerciales de la maison qu'il dirige, et il vous répondra qu'il y a 30 ans, 20 ans, 15 ans peut-être, il est arrivé au Canada sans protection au-
.Cune, ne comptant pour sa subsistance que sur son travail du lende-
main. Il s’est livré au travail et il est parvenu où vous le voyeg aujourd’'hui.
, Voyez ces belles fermes ornées de riches résidences qui entourent nos villes, ou qui vous apparaîssent ça et là dans nos campagnes; informez-vous quels en sont les propriétaires, et vous serez étonné d’ap. prendre combien ïil y en a qui appartiennent à des nouvaaux venus
débarqués ici sans autre capital que leurs bras.
,, En un mot, parcourez toute l'échelle sociale en Canada, et vous rencontrerez jusqu'aux degrés les plus élevés des Européens que le besoin avait jetés sur nos rivages, et auxquels la fortune a prodigué ses dons. Accueillis avec bienveillance, ils font bientôt cause commune avec nous, et nous oublions qu'ils sonx étrangers longtemps avant qu'ils ne l’aient oublié eux-mêmes. ”
mot