IT POURQUOI LES BELGES DOIVENT SONGER BIEN SÉRIEUSEMENT À L'ÉMIGRATION
En Belgique, le commerce, l’industrie et l’egriculture sont éprouvés depuis longtemps par une crise qui menace de devenir ne veritable calamité, Pour beaucoup de Belges cette crise est une cause de gène bien pénible, pour d’autres, et ils sont plus nombreux qu'on ne pense, c'est la ruine complète.
Les charbonnages, qui étaient autrefois pour notre pays une source si féconde de prospérité, ne rapportent plus à leurs actionnaires les beaux dividendes d'autrefois. Ilen est même qui ne rapportent absolumient rien.
Lorsqu'on parcourt les cantons industriels, et surtout les splendides Bassins de Mons, de Charleroi et de Liége, on est affligé à la vue de tous ces établissements fermés, de tous ces fourneaux éteints, de tous ces chemins couverts d'herbe et de ronces, conduisant aux usines silencieuses. Les pays qui se disputaient autrefois nos produits, nous font aujourd'hui une concurrence désastreuse et beaucoup de capitalistes belges se voient obligés d'envoyer à l'étranger l'argent qu'ils veulent rendre productif.
D'innombrables faillites prouvent l’état de souffrance de notre commerce, Les employés sans place et les ouvriers sans besogne prouvent que la Belgique est trop peuplée pour les ressources dont elle dispose. Et, ce qui achève notre ruine, l'importation augmente sans cesse, pendant que l'exportation diminue d’une façon vraiment inquiétante.
Que dirai-je de l’agriculture ?..
Le petit fermier est devenu un véritable esclave, qui travaille du matin au soir, du premier jour de l’année jusqu’au dernier, toujours
pauvre ou à peu près, toujours le cœur rempli d'inquiétude, parce que
AN HSE
la moindre perte prend pour lui les proportions d’une grande catastrophe. Le cultivateur-propriétaire, celui qui se trouve à la tête d’une petite fortune, s'estime très-heureux s’il ne doit pas entamer son capital, contracter des dettes, hypothéquer son bien. Il doit s'imposer les plus grands sacrifices pour placer ses fils et ses filles, et ceux-ci ne pourront pas exercer plus tard la profession de leurs parents, car les capitaux et les terres leur feront également défaut.
Quel remède à tous ces maux, sinon l’émigration ?
Et pourquoi le Belge, si cruellement éprouvé, attendrait-il que ses dernières ressources soit épuisées, pour diriger vers un pays où des terres inoccupées, d’une fécondité pour ainsi dire inépuisable, offrent au cultivateur intelligent abondance et richesse, où une population amie tend les bras aux artisans adroits, honnûtss et laborieux ?