REGION DU LAC ST-JEAN
La région qui porte le nom ci-dessus en est une célèbre entre toutes celles dont l'ensemble constitue la province de Québec. Bile est célèbre par la tradition, par la légende, par sa formation géologique, par sa fertilité incomparable, et enfin par le pittoresque et la grandeur de sa nature.
Cette région embrasse une superficie de 31,000 milles carrés ou environ 19,840,000 acres, entre le 48e et le 50e degré de latitude nord, et entre le 71e et le jt^ç: de longitude ouest ; mais la partie actuellement habitée est toute comprise, du sud au nord, entre les 48e et 49e degrés.
C'est déjà dire quel vaste champ reste ouvert au travail et à l'activité du colon, puisque la population actuelle disséminée dans cette région n'atteint encore que soixante-dix mille âmes, malgré les grands progrès accomplis durant la dernière décade.
La colonisation du bassin du lac Saint- Jean n'a commencé que vers les années 1851- 52. A cette époque, Chicoutimi et la Grande- Baie, qui forment aujourd'hui des centres si importants du " pays du Saguenay," étaient encore eux-mêmes dans l'enfance, et, dans l'intérieur, au delà de ces deux embryons de paroisses, en remontant le cours du Saguenay jusqu'au lac Saint-Jean, il n'y avait absolument que la forêt vierge, et pas même l'ébauche d'un canton.
A l'heure actuelle, le nombre des cantons délimités et plus ou moins ouverts à la colonisation, dans le bassin du " Lac " proprement dit, s'élève à plus de trente, dont les plus fertiles, à l'est et à l'ouest du lac, peuvent à bon droit être appelés le "grenier de la province."
Le lac Saint-Jean égoutte l'immense bassin qui porte son nom et est le réservoir de plusieurs grandes rivières.
La plus grande longueur du lac atteint 28 milles (44 kilomètres), et sa plus grande largeur a été calculée à 25 milles. Un mesurage exact lui donne 365 milles en superficie et une circonférence de 85 milles.
Il y a tout autour du lac un vaste système
de communications par eau, formé par les nombreuses rivières qui s'y jettent.
Les principales de ces rivières sont, au sud du lac, la Métabetchouane et la Ouiatchouane ; à l'est, la Belle-Rivière ; à l'ouest, la Chamouchouane ; au nord-ouest, la Ticouapee et la Mistassini ; au nord et au nord-est, la grande et la petite Péribonca.
Ces rivières, en même temps que quelques chemins indispensables, ont offert, jusqu'à il y a quelques années, les seules voies de communications pour les colons. Mais, depuis lors, des ponts ont été construits sur plusieurs d'entre elles et des chemins ont été ouverts en bon nombre dans l'intérieur.
Les rivières, dont la plupart sont navigables jusqu'à vingt et vingt-cinq milles de leur embouchure, par des bateaux d'un faible tirant d'eau, arrosent des terrains d'une si grande étendue et d'une fertilité telle qu'on a pu dire, avec raison, que le bassin du lac Saint-Jean deviendrait un jour le grenier de la province de Québec. Le fait est qu'il peut
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former à lui seul une province entière, et qu'il est devenu déjà un vaste champ d'approvisionnement pour la capitale, en même temps que celui vers lequel se tournent les plus actives, les plus sérieuses tentatives de colonisation et d'exploitation industrielle.
Les colons qui peuvent disposer d'un capital plus ou moins considérable, trouveront à acheter des terres déjà en culture et plus ou moins avancées, soit dans les vieilles paroisses, soit dans les cantons nouveaux. Au dire des cultivateurs de la région, la plupart de ceux qui sont venus y prendre des terres à l'origine, n'avaient pas le sou ; maintenant, bon nombre d'entre eux ont des propriétés de mille à dix mille dollars : tout leur avoir a été acquis par la culture, bien qu'ils eussent à lutter contre une foule de désavantages et d'obstacles qui n'existent plus aujourd'hui. Quand les fils de cultivateurs étaient nombreux, il en partait un ou deux pour les Etats-Unis ; les autres demeuraient avec leurs parents et prenaient charge de la terre. Dans presque tous les cas, ceux qui étaient allés aux Etats-Unis sont encore des ouvriers, tandis que ceux qui avaient pris charge de la terre de leurs parents
sont maintenant sur de bonnes fermes, bien pourvues de bestiaux.
La colonisation se développant sans cesse fait maintenant le tour du lac tout entier. Depuis quelques années déjà, elle s'est avancée rapidement vers l'ouest, par les cantons Normandin et Albanel ; la voilà aujourd'hui qui s'étend vers le nord, et les vallées de la Mistassini et de la Péribonca déploient pour l'homme toute leur fécondité.
Chose digne de remarque, c'est que si la région du Lac St-Jean est propice pour la récolte des grains, elle ne l'est pas moins pour l'industrie laitière. Les chiffres en sont la meilleure preuve tant pour prouver le développement que l'importance des affaires qui se font là. En 1898, l'on exportait pour $220,000 de beurre et de fromage. En 1902, l'on en a exporté pour plus de $600,000, c'est-à-dire qu'en 5 ans la production a triplé.
Voici maintenant pour les récoltes.
COI^ONISATION
Récoltes
Augmentation
Grains, minpts
Patates, minots
Foin, tonnes
Beurre, lÎTres
Têtes de bétail
Population
Dans cette région encore neuve on peut dire que le succès de l'agriculture a marché de pair avec le développement industriel comme il est facile de le voir par le tableau des pages suivantes.
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