‹ La province de Québec, son organisation politique et administrative, ses ressources agricoles, minieres et industriellesChapitre 23 sur 77 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

LA colonisation pratiquée comme nous l'entendons de nos jours, avec un objectif défini, des méthodes régulières et efficaces, et un ensemble de moyens reconnus comme étant les plus propres à conduire à la fin désirée, ne date guère que d'un quart de siècle. C'est le curé Isabelle, l'apôtre du Nord, qui, par ses travaux herculéens et sa lutte homérique contre la nature, contre les préventions, contre les résistances politiques, contre la coalition des intérêts hostiles, a d'abord dégagé la colonisation des entraves les plus

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grossières, puis lui a imprimé son caractère véritable et l'a fait entrer dans la voie oii elle s'avance aujourd'hui largement, en écartant de jour en jour les obstacles qui restent, et en faisant les conditions de la vie de plus en plus faciles, de plus en plus acceptables par le défricheur.

Une des grandes causes qui avaient le plus longtemps fait obstacle à la colonisation bascanadienne, c'est la légende du climat, obstinément présenté comme étant trop rigoureux pour les habitants de l'Europe. Grâce à cette légende, on se donnait beau jeu contre la province de Québec, tandis que celle d'Ontario, qui comptait à peine quelques milliers d'habitants au commencement de notre siècle, se peuplait à vue d'œil ; il lui avait suffi d'une cinquantaine d'années pour dépasser numériquement la province voisine, qui portait alors le nom de Bas-Canada et qui lui était politiquement unie, avant que fût fondée la Confédération canadienne.

Depuis longtemps les colons se plaignaient de la sévérité des lois du ministère des Terres de la Couronne. Les hommes de dévouement qui avaient embrassé la cause de la colonisa-

tion avec ardeur, pour l'amour de la patrie, ne savaient à qui ni à quoi attribuer les "ukases" que l'on promulguait de temps à autre, comme pour arrêter l'expansion naturelle de notre peuple par les défrichements nouveaux.

Un spectacle qui n'était pas rare, c'était celui d'agents de terres publiques, en présence du mouvement colonisateur qui se faisait jour partout, cherchant à l'enrayer en prétendant que le bois de commerce l'emportait sur les intérêts de la colonisation. Aussi, grand était le nombre des Canadiens qui prenaient la route des Etats-Unis. Ils éprouvaient trop de difficultés, de la part des agents de certaines circonscriptions territoriales, à se faire donner le lot sur lequel ils avaient jeté leur dévolu.

Les conditions de l'établissement du pays sont bien changées depuis l'adoption, en 1888 et en 1903 de lois qui ont mis fin à ces nombreux abus, en ont corrigé d'autres et ont produit dans la législation un esprit nouveau, bien autrement large et bienfaisant.

Nous allons passer brièvement en revue les principales régions ouvertes à la colonisation dans la province, régions où le colon de

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bonne foi est certain de se créer une bonne situation après quelques années de travail.

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