PRIX DES TERRES ET CONDITIONS D'ÉTA- BLISSEMENT
Le prix des terres est purement nominal ; il varie de i à 3 francs l'acre, et le colon le moins fortuné peut toujours aspirer à devenir propriétaire d'un ou de plusieurs lots.
Bien plus, lorsque le ministère des Terres a la preuve qu'il a affaire à un colon de bonne foi, il tempère volontiers pour lui la rigueur de ses règlements, et facilite, dans la mesure du possible, son établissement sur nos terres publiques.
Pour l'information toute particulière de ceux qui arrivent avec certains capitaux, et qui désirent faire l'acquisition de lots, déjà défrichés, les agents de la Société, dans les diverses paroisses du district, seront toujours heureux de les renseigner sur les fermes qui peuvent être à vendre.
Toutes les informations qui précèdent et qui suivent, relatives à l'acquisition de lots ne
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regardent que les lots à être concédés par le gouvernement provincial.
GRANDEUR DES I.OTS
Chaque lot de loo acres dans la province de Québec forme un rectangle de 5,280 pieds de long sur 858 pieds de large, soit 1,625 mètres 50 de long sur 261 mètres 52 de large. Cela donne une superficie de 105 acres ou 42 hectares, mais les 5 acres supplémentaires sont alloués pour les routes.
Disons tout d'abord que c'est à l'agent local du ministère des terres de la Couronne que doit s'adresser, soit verbalement, soit par écrit, toute personne désirant faire l'acquisition d'un lot de terre.
L'acquéreur doit prendre possession de la terre dans les six mois qui suivent la date de la vente.
Il doit y résider et l'occuper, soit en personne, soit par d'autres, au moins pendant deux ans à compter de la vente.
Dans le cours des quatre premières années, il est tenu de défricher et de mettre en culture
au moins un dixième de la terre, et d'y construire une maison habitable de seize pieds sur vingt.
Il doit payer comptant un cinquième du prix d'achat, et la balance en quatre versements égaux et annuels, portant intérêt de six pour cent par année.
De plus, si le lot se trouve dans une région qui tombe sous le coup de l'Acte des Mines, le colon est tenu de se conformer aux dispositions de la loi qui régit les mines et les eaux.
Toutes ces conditions sont énumérées dans le contrat que l'on remet à l'acheteur.
Avant la loi de 1903, il s' élevait assez souvent des difficultés pour les colons qui choisissaient des lots dans les " limites " vendues aux marchands de bois, mais aujourd'hui il ne saurait plus en être ainsi. Les terres étant classées en terres cultivables et non cultivables, le jour où un colon a choisi un lot et que ce lot lui a été octroyé par le gouvernement, il n'a plus à redouter les vexations du marchand de bois, ni la dénonciation du contrat. En un mot, du jour où il a obtenu son lot et tant qu'il est de bonne foi dans l'exécution du contrat, le colon est roi et maître chez lui.
Tout ce qu'il est humainement possible de faire a été fait pour améliorer le sort du colon. On a multiplié pour lui les encouragements et facilité sa tâche par tous les moyens à la disposition du gouvernement. On a fait en sa faveur une législation en quelque sorte privilégiée ; on l'a mis à l'abri des vexations, des évictions, des exécutions judiciaires qui auraient eu pour effet de le réduire à l'impuissance et au dénûment ; enfin, on a agrandi considérablement le champ de ses ressources en le rendant propriétaire de tout le bois qu'il abat sur le lot qu'il a acquis, au fur et à mesure qu'il le défriche, pourvu qu'il paie au gouvernement le même droit de coupe que le marchand de bois est tenu de payer sur la concession forestière qu'il exploite. Mais cette dernière condition est souvent illusoire, attendu que le paiement du droit de coupe est compté au colon en déduction du prix de son lot, et que, dans une infinité de cas, pour aider aux colons nécessiteux, le gouvernement fait l'abandon volontaire de ses droits.
Enfin pour terminer ce chapitre, donnons un extrait du dernier rapport de l'agent d'immigration pour la province de Québec. Il
démontre que, loin de se ralentir, l'immigration progresse sans cesse et dans de bonnes conditions.
" Le chifiFre total des immigrants au port de Québec, en destination de la province, a été, cette année, de 12,344. C'est une augmenta, tion de 2,133 sur le chiffre de l'année dernière,
"Ces immigrants sont d'une très bonne classe.
"Je suis heureux de pouvoir dire, que en général, la majorité de ces immigrants étaient dans une condition matérielle avantageuse, et qu'un petit nombre seulement d'entre eux étaient dépourvus de moyens de subsistance.
" Les demandes de travailleurs, tels que garçons de fermes et servantes, augmentent dans une proportion qui dépasse souvent nos moyens d'y pourvoir, et cette demande est considérable surtout chez les cultivateurs. Aucun immigrant n'a besoin d'attendre longtemps un emploi, s'il a la volonté de travailler,
" Je constate avec plaisir que la grande majorité de ces immigrants sont deS fermiers, garçons de fermes et servantes, gens qui nous sont utiles et faciles à placer."
Comme on le voit, il est facile à tout
homme qui veut travailler, de trouver de l'emploi et même nous conseillerions aux jeunes gens qui voudraient s'établir plus tard au Canada de venir s'y engager pendant un an ou deux. Ceci leur permettrait non seulement de gagner de l'argent, mais de connaître les usages et les habitudes du pays, connaissances toujours utiles, lorsque l'on va à l'étranger et que l'on ne veut pas marcher en aveugle.
Pour tous renseig7tenients concernant les colons^ il n'y a qu''à écrire au département des Terres de la Couronne à Québec qui enverra franco " Le Guide du Colon. "