‹ La province de Québec, son organisation politique et administrative, ses ressources agricoles, minieres et industriellesChapitre 49 sur 77 · BOIS — MATIERE PREMIERE · texte numérisé non relu

BOIS — MATIERE PREMIERE

Sur les dix-neuf millions d'acres qui constituent le territoire du Lac-Saint- Jean, moins de 500,000 acres sont en culture ou en défrichement, le reste est en forêts.

Ces forêts se composent pour les troisquarts d'épinette blanche, noire et rouge, bois particulièrement propre à la fabrication de la pulpe. Le dernier quart est formé de sapin, de bouleau de cyprès et de pin, essences convenant également à cette fin, mais à un degré moindre.

La quantité de bois à pulpe, dans la région du Lac Saint-Jean, est pratiquement illimitée. Qu'on suppose une moyenne de cinq cordes à l'acre, on arrive à des chiffres fabuleux, qui démontrent tout simplement que cet immense territoire peut fournir une matière première à

peu près inépuisable à l'industrie de la pulpe et du papier.

C'est d'après la moyenne établie ci-dessus qu'on arrive au chiffre de 41,600,000 cordes d'épinette blanche et noiie pour le bassin de la Grande-Péribonka, qui embrasse une étendue de 8,320,000 acres.

Le bassin de la Mistassini, qui comprend environ 4,800,000 acres donnerait 24,000,000 de cordes.

La contrée arrosée par la Chamouchouane renferme au moins 3,200,000 acres de forêt, dont on tirerait 16,000,000 de cordes.

Dans les étendues drainées par les rivières Ouiatchouane, Métabetchouane et autres, il existe une quantité de forêts de conifères, lesquelles donneraient aussi 16,000,000 de cordes à pulpe.

Résumons toutes ces données dans le tableau suivant :

Cordes de Région Eiendjie bois

à pulpe

Péribonka 8,320,000 acres 41,000,000

Mistassini 4,800,000 '• 24.000,000

Chamouchouane 3,200,000 " 16,000,000

Ouiatchouane 3,200,000 " 16,000,000

2l6 LA PROVINCE DE QUÉBEC

Bn estimant à une corde et demie la quantité de bois requise pour faire une tonne de pulpe moulue, les 97,600,000 cordes de bois fournies par le territoire du Lac-Saint-Jean permettraient de fabriquer 65,666,666 tonnes de pulpe, ou 1,000,000 de tonnes par année pendant 65 ans, ce qui équivaut à dire que le territoire du Lac-Saint-Jean seul pourrait suffire à la production annuelle du bois nécessaire à la fabrication du papier, aux Etats-Unis, pendant 65 ans.

Outre le bois, d'autres matériaux nécessaires à l'industrie de la pulpe abondent encore dans la région du Lac-Saint-Jean. Il en est ainsi de la chaux, indispensable à la préparation de la pulpe chimique ; on la trouve en quantité considérable dans bon nombre d'endroits.

D'autre part, les matériaux à bâtir sont aussi très communs. Presque partout, on trouve des calcaires feldspathiques qui se fendent facilement en blocs rectangulaires, très propres à la construction. Quant à la glaise pour faire de la brique, elle existe en telle abondance qu'on ne pourrait vraiment pas dire oii il n'y en a pas.

Frappés de tous ces avantages, des capitalistes montréalais ont formé une compagnie, au capital de 15,000,000 de francs, pour exploiter les forêts du territoire du Lac-Saint-Jean, et pour construire un chemin de fer électrique qui ferait le tour du lac et transporterait la matière première aux usines de Chicoutimi ou de la Grande-Baie, communément appelée baie de Ha ! Ha ! Cette baie, située à la tête de la navigation du Saguenay, à marée basse, mesure huit milles de profondeur sur deux de largeur, et est, à tout prendre, l'un des ports les plus avantageux de toute la province. Elle n'est éloignée que d'une cinquantaine de milles de Tadoussac.

Veut-on maintenant porter ses regards dans une autre direction, vers une partie de la province bien différente et bien éloignée de celle du Lac-Saint-Jean ? M. HoUand, membre influent de la chambre de commerce de Montréal, a fait l'examen des pouvoirs hydrauliques situés dans un rayon de 45 milles d'Ottawa, provenant de la rivière de ce nom et de ses affluents. Le total se chiffre par 890,225 chevaux-vapeur, dans lesquels les petits pouvoirs de quatre ou cinq chevaux ne sont pas com-

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pris. Les grands pouvoirs se divisent comme suit : rivière Outaouais, 664,000 ; affluents, rive gauche : Rideau, 1,300 ; Mississippi, 14,700 ; Madawaska, 20,600 ; Bonnechère, 3,400 ; affluents, rive droite : Petite-Nation, 2,000 ; Blanche, 2,000 ; Lièvre, 98,450 ; Petite-Blanche, 300; Quyon, 24,000; Gatineau, 31,675.

La construction du chemin de fer " Le Grand-Nord " a ouvert la riche forêt de conifères que traverse la rivière Maskinongé, ce pittoresque cours d'eau du nord qui fait sur son cours un saut de 180 pieds de hauteur, appelé la chute Sainte-Ursule, capable de produire une force motrice suffisante pour faire fonctionner une cinquantaine de manufactures.

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