‹ La province de Québec, son organisation politique et administrative, ses ressources agricoles, minieres et industriellesChapitre 5 sur 77 · CLIMAT · texte numérisé non relu

CLIMAT

outre à la terre un repos absolu ; au printemps, le dégel l'imbibe et la prépare admirablement pour la production, en développant naturellement les sucs les plus nutritifs qu'en Europe on est obligé de provoquer artificiellement.

Diverses plantes cultivées se développent plus facilement et prospèrent mieux par l'emploi de semences provenant d'altitudes polaires, que de graines qui ont mûri dans des zones méridionales. Les graines de la plupart des végétaux dans le nord, les graines des localités septentrionales germent plus promptement et mieux, et donnent naissance à des plantes plus vigoureuses et plus rustiques que les graines de provenance méridionale. Le pouvoir germinatif des graines du nord est incomparablement supérieur à celui des semences méridionales, non seulement par le nombre de graines aptes à germer, mais aussi par l'énergie avec laquelle la germination s'effectue et par leur haut degré de pureté. La science agricole, grâce à l'expérience, est absolument fixée sur ce point pour le climat du Canada.

La province de Québec étant placée par

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sa situation géographique entre les 45e et 53e degrés de latitude nord, et entre le 57e et 80e degré de longitude ouest, offre donc une grande variété de terres arables, douées d'un rare pouvoir fertilisant. Cependant, les défrichements agricoles y sont encore à peine parvenus au 49e parallèle.

Bon nombre de personnes qui y résident depuis longtemps croient avoir remarqué des changements notables dans la température de ce pays, survenus à la suite des défrichements, qui ont été aussi considérables dans le dernier quart de siècle que dans presque tout un siècle antérieur." Non seulement, dit M. UlricBarthe, la' physionomie du sol s'est transformée, mais encore l'atmosphère s'est modifiée sensiblement. Du reste, sur toute la surface du globe, la civilisation et le travail de l'homme transforment la nature. Déjà le Klondyke, sous le 62e degré de latitude, a perdu de son aspect farouche, grâce à l'invasion de quelques 25 à 35 mille hommes ; la Sibérie elle-même, métamorphosée par le Transsibérien, apparaît déjà sous un jour différent. Ainsi en est-il des " quelques arpents de neige" des bords du Saint- Laurent, comme on appelait le Canada au

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