‹ La province de Québec, son organisation politique et administrative, ses ressources agricoles, minieres et industriellesChapitre 75 sur 77 · CITE DE MONTREAL · texte numérisé non relu

CITE DE MONTREAL

Montréal, la plus grande des villes des possessions britanniques dans le Nouveau- Monde, est la métropole commerciale de la Puissance du Canada, le siège de ses plus fortes institutions financières, le centre de la plus grande activité industrielle, la porte par où s'écoule la plus grande partie de son commerce extérieur. Située au milieu du continent, à près de mille milles de l'Atlantique, Montréal est un grand port océanique de l'est comme elle est la porte de l'Ouest Canadien. Son passé

se rattahe aux premiers jours de la colonie, alors que le pays était à l'état inculte, habité par des sauvages ; sa population est en majeure partie composée des descendants des pionniers français qui les premiers jetèrent les germes de la civilisation dans la vallée du St. Laurent et qui ont attaché leurs noms à l'histoire de ce continent. Le visiteur voulant étudier la manière de vivre du peuple Canadien, son développement industriel et intellectuel, ses aspirations et ses promesses d'avenir, trouvera dans la ville de Montréal tout ce qu'il faut pour l'intéresser et l'aider dans sa tâche.

La ville de Montréal est située au sud-est dans l'île triangulaire formée par les embouchures de la rivière Ottawa, qui, après une course de 600 milles, se jette dans le Saint- Laurent. La longueur de l'île est de 30 milles et sa plus grande largeur de 7 milles. Les eaux du St- Laurent et de la rivière Ottawa baignent ses rives au sudet à l'est. La montagne Mont Royal, sise directement en arrière de la ville à laquelle elle a donné son nom, possède les plus beaux parcs naturels du continent. La ville de Montréal et ses faubourgs se trouvent

situés entre la rivière et le pied de la montagne et s'étend de droite à gauche. Au nord et à l'ouest de la montagne, la campagne est généralement plane.

Située au confluent de deux grandes rivières et accessible aux transatlantiques, Montréal était destiné à devenir un grand centre d'affaires. La région des grands pins du Canada, quoique exploitée depuis plusieures années, possède encore dans ses sombres forêts des richesse incomparables dont le débouché naturel est la rivière Ottawa. A leur confluent près de Montréal, l'Ottawa et le St.-Laurent forment une voie navigable de première classe pour les transatlantiques. Les premiers français qui firent la traite de la pelleterie n'avaient pas manqué de reconnaître les avantages naturels de l'endroit et longtemps avant de créer des établissements permanents sur l'île, c'était leur coutume de venir y planter leurs tentes à chaque saison pour y attendre la venue des sauvages, du sud et de l'ouest, arrivant avec leurs canots chargés des produits de la chasse.

Montréal aujourd'hui, est entouré de faubourgs ne formant avec elle qu'un même centre industriel et commercial.

La population de Montréal et de ses faubourgs, suivant les recensements de 1891 et de 1901, s'élevait aux chiffres suivants :

Montréal 267,730 219,615

Ste-Cunégonde 10,912 9>29i

St-Henri 21,192 ^SA'^S

St-Louis 10,933 3)97o

Vestmont 8,856 3^587

Maisonneuve 3)958 1,226

Outremont i>i48 .408

DeLorimier i)379 «450

Verdun i?898 -296

Montréal a un parcours de 180 mille de rues, et il y a dans ces rues 666,900 verges carrées de pavage permanent. Le revenu civique annuel est de plus de trois millions de dollars.

En 1902 le revenu s'est chiffré à 13,379,- 219 et les dépenses d'administration à $3,- 305)867.

Le port de Montréal est le plus à l'ouest des ports accessibles aux vaisseaux océaniques de tonnage ordinaire sur le St. Laurent.

Voici pour 1903, la nationalité et le tonnage des transatlantiques qui l'ont fréquenté :

ationnalité

Vaisseaux

Tonna^

Anglais

Norvégiens . , .

Allemands . . .

Américains . . .

Danois

Australien . . .

Montréal est abondamment pourvu de chemins de fer qui mettent la ville en communication directe avec toutes les parties du Canada, et les centres commerciaux et industriels des Etats-Unis par leur connexions avec les lignes américaines. Cinq grandes voies ferrées entrent dans la ville de Maisonneuve. Ce sont le Grand Tronc, le Pacifique Canadien, l'Intercolonial, le Canada Atlantique et le Grand Nord.

La ligne principale du Grand Tronc part de Portland, sur l'océan Atlantique, dans l'Etat du Maine, et s'étend à l'ouest à travers les Provinces de Québec et d'Ontario, poursuivant sa course sur le territoire américain jusqu'à Chi-

cago, sur le lac Michigan. Les branches de son réseau pénètrent jusqu'au centre du Canada et se relient avec les principaux chemins de fer des Etats du Nord et de l'Ouest.

Ses lignes passent à travers les parties les plus riches de la Province de Québec, pour se rencontrer à Montréal. De là, elles se dirigent vers l'ouest, à travers la Province d'Ontario passant par Kingston, Toronto, Hamilton et London et s'étendent jusqu'à Buffalo, Détroit et Chicago dans les Etats-Unis. Plusieures branches s'élancent de cette voie principale et couvrent pratiquement la partie la plus ancienne d'Ontario. La route Canadienne et ses branches de la Nouvelle- Angleterre s'étendent jusqu'à Boston et New London sur l'Atlantique par le Vermont Central qui est sous le contrôle du Grand Tronc. Le terminus de toutes ces artères est Montréal, où sont situés les bureaux et les ateliers de la compagnie, qui a son siège principal à Londres, Angleterre.

Le Pacifique Canadien est le grand transcontinental de la Puissance et relie entre elles toutes les Provinces de la Confédération. Sa ligne principale s'étend dans l'est depuis St. Jean, un port de la Province du Nouveau-

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Brunswick sur l'Atlantique, à Vancouver dans la Colombie Anglaise, sur les côtes du Pacifique, passant par Montréal, Ottawa, Winnipeg, traversant les grandes prairies de l'Ouest et les Montagnes Rocheuses et arrivant ainsi jusqu'à Vancouver. Son système de transport se continue par une ligne de vaisseaux océaniques de cet endroit jusqu'au Japon et en Chine. Une de ses branches part de Montréal, longeant les rives du St. Laurent jusqu'à la ville de Québec ; une autre, par le sud-est de la Province jusque dans la Nouvelle-Angleterre, assure le service entre IMontréal, Boston et les autres centres Américains. Au sud-ouest de Montréal par voie de Toronto et London à Détroit, dans l'Etat du Michigan, il touche à toutes les lignes américaines. Ses branches sillonnent la province d'Ontario.

Il traverse les grands champs de blé du jManitoba et des territoires du Nord-Ouest reliant ainsi tout le pays avec le port de Montréal. Le bureau chef et les ateliers du Pacifique Canadien sont aussi à Montréal.

Le chemin de fer Intercolonial, comme le chemin de fer de l'Isle du Prince Edouard appartient au Gouvernement fédéral ; il a été

construit dans le but de relier les Provinces Maritimes au centre du Canada. Son terminus de l'est est à Halifax, dans la Nouvelle- Ecosse, un port de l'Atlantique. De là il s'élance dans la direction du nord-ouest traversant la Nouvelle-Ecosse et le Nouveau-Brunswick jusqu'à ce qu'il touche le fleuve St. Laurent dont il longe la vallée sud jusqu'à Montréal.

Montréal possède encore une ligne la mettant en rapport avec les grands lacs. C'est le chemin de fer Canada Atlantique. Son terminus actuel de l'ouest est Parry Sound, un excellent havre de la Baie Géorgienne. Le "Grand Nord" pénètre aussi dans MontréaL

Des tramways sillonnent l'Ile de Montréal, dans toutes les directions, la mettant en rapport avec plusieurs bourgades voisines. Ces tramways ont un parcours total de 103 milles. Ils ont transporté durant l'année dernière 50,622,- 967 passagers et encaissé : recettes brutes, ^2,041,197 ; profits nets, $912,185.

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