MONCK, GOUVERNEUR
LA session de 1859 s'ouvrit le 28 février et fut prorogée le 4 mai. Le ministère réussit à faire ratifier le choix de la ville d'Ottawa comme siège futur permanent du gouvernement. Il n'obtint tout de même que cinq voix de majorité. On assure que ce fut le gouverneur Head qui fit faire à la reine ce choix malencontreux ; il lui représenta que c'était là le plus sûr moyen de ne pas froisser les susceptibilités des partis. Ottawa, par sa position géographique, pouvait en effet se réclamer autant de la province de Québec que de la province d'Ontario.
On compléta l'acte de la tenure seigneuriale de 1854; cette difficile et épineuse question se trouva ainsi définitivement réglée.
A cette occasion, il se produisit une espèce de scission entre le parti cleargrit et le parti
libéral ; ce dernier ne pouvait pardonner à ses alliés d'avoir refusé de voter la somme additionnelle réclamée pour le règlement de la question. Peut-être aussi commençait-on à se fatiguer d'alliés qui ne parvenaient pas à se débarrasser de préjugés ridicules à l'égard de tout ce qui était catholique et français.
On modifia le tarif de façon à élever certains droits de 15 % qu'ils étaient à 20%. Ce fut le commencement de cette politique de <( protection », dont J. A. Macdonald devait faire un si bon usage auprès de l'électorat. Il faut admettre que la politique protectionniste contribua énormément au développement industriel et manufacturier du pays. Le système protecteur convient à certaines contrées ; Stuart Mill prétend qu'il est d'excellente application pour des pays neufs.
Pour l'Angleterre la chose est différente ; sa condition et sa position géographique étant exceptionnelles, le libre échange, qu'elle doit aux efforts mémorables de Cobden, a produit des résultats merveilleux.
La question de la double majorité fut l'objet d'une proposition de censure de la part de M. J. Sandfield Macdonald, à l'adresse du gouvernement Cartier, qui persistait à rester au pou-
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voir malgré qu'il eut coutre lui uue uiiuorité haut-canadieuue. Il n'y a pas de doute qu'il y avait quelque chose d'anormal dans le fait d'adopter des mesures concernant le Haut- Canada contre le gré, le désir et le consentement d'une majorité des représentants de cette province. La proposition de J. S. IMacdonald, toutefois, fut rejetée.
Après la prorogation des Chambres, Brown continue son agitation et réclame la représentation basée sur la population ; il y ajoute de violentes attaques contre les catholiques et les Canadiens-français, ce qui contribua à éloigner davantage le parti libéral bas-canadien du parti de Brown.
C'est à cette époque que se tînt une grande convention libérale à Toronto à laquelle fut discuté le projet d'une confédération canadienne.
A Montréal, un mouvement analogue s'opère, à la tête duquel se trouvaient MM. A. -A. Dorion, Drummond, Dessaules, McGie. Là aussi on prêche un changement de constitution, on réclame une union fédérale, mais bien différente de celle qui devait se conclure huit ans plus tard. Ce mouvement cependant eut peu de succès ; le Bas-Canada prenait assez peu
d'intérêt à la question ; le Haut-Canada y était beaucoup plus intéressé, à cause de l'accroissement énorme de sa population : sa représentation n'était pas ce qu'elle aurait dû être ; en outre, il lui répugnait d'être gouverné par une minorité ; sa position financière d'ailleurs donnait quelque inquiétude.
La Confédération devait donc se faire surtout pour le Haut-Canada et clans son intérêt. Et c'est ce qui arriva.
La session de 1860 s'ouvrit, à Québec, le 28 février. Ce fut une session d'affaires. Brown continue toujours à agiter la question de la représentation. La visite prochaine du Prince de Galles, que la Reine, invitée à présider à l'inauguration du pont Victoria à Montréal, avait délégué à sa place, provoqua de grandes démonstrations de loyauté.
Son arrivée au pays donna lieu à d'éclatantes réjouissances publiques. A BeHeville et à Kingston, il se produisit quelques désordres, parce que le cortège officiel avait refusé de défiler sous des arcs de triomphe décorés d'emblèmes orangistes.
De 1861 à 1866, aux sessions qui se tinrent à Québec, on ne fait que renouveler les discus-
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sions sur la représentation nationale et la confédération.
Des élections générales suivirent bientôt et ramenèrent les mêmes hommes au pouvoir.
Brown et Dorion furent défaits,
La session de 1862, ouverte le 20 mars, fut prorogée le 9 juin suivant. Elle devait voir la fin du ministère Cartier-Macdonald. Lord Monck, qui avait succédé à Head le 25 octobre 1861, présida à l'ouverture de cette session.
En Angleterre comme au Canada, l'affaire du Trent émut considérablement les esprits. On sait qu'à cette époque une guerre civile sanglante avait éclaté chez nos voisins. Une rupture s'était faite entre les Etats du Nord et les Etats du Sud, et ces derniers s'étaient formés en confédération. Pour des raisons qui ne s'expliquent que par ces instincts secrets qui poussent un peuple à sympathiser avec les faibles, le Canada avait, en cette occasion, manifestement exprimé des sentiments favorables aux Etats du Sud. Et quand on apprit que deux délégués des Etats Confédérés du Sud avaient, contre tous les droits de la guerre, été faits prisonniers à bord du Trent vaisseau anglais et neutre, par le capitaine Wilkes, commandant \ç. San Jaciiito^ ce fut un
soulèvement général. On était persuadé que la guerre était inévitable et que l'Angleterre ne supporterait pas une pareille insulte. Ce fut donc partout un grand déploiement militaire, non dépourvu d'enthousiasme. Heureusement, la diplomatie s'en mêla ; les Etats du Nord, d'abord arrogants, comprirent le danger de leur position ; les deux détenus furent remis en liberté, et on évita de la sorte un conflit sanglant.
Cette affaire du Trent fut indirectement la cause de la chute du gouvernement Cartier- Macdonald.
Ce gouvernement avait d'ailleurs déjà porté un rude coup à la confiance que reposaient en lui ses partisans. Précédemment, il avait été voté une somme de $900,000 pour la construction d'édifices parlementaires ; cette somme avait paru plus que suffisante ; on fut, par conséquent, fort étonné d'apprendre que le crédit était déjà épuisé, quoique les édifices ne fussent pas à moitié construits. IManifestement, il y avait eu mauvaise administration, pourlne pas user d'un terme plus sévère, et il était facile de prévoir que le ministère était à la veille d'une défaite.
Exalté par cette affaire du Tt'ent^ J. A.
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Macdonald, chef de la section haut-canadienne du ministère, proposa une loi de milice extraordinaire. Cette loi établissait une levée générale de 30,000 hommes, et exigeait 28 jours de-service; la mise à exécution de ce projet n'aurait pas coûté moins de $500,000. Une majorité haut-canadienne appuya le ministère, qui fut cependant défait, grâce à la députation bascanadienne effrayée des conséquences du plan Macdonald. Le ministère démissionna le 21 mai 1862.
L'instabilité ministérielle recommençait.
Jusqu'à la Confédération se succéderont rapidement les ministères Macdonald (S. J.)- Sicotte, Macdonald-Dorion, Taché-Macdonald (J. A.). Ce dernier gouvernement fermera l'ère de l'Union.
On fut un peu surpris, à la chute du gouvernement Cartier-Macdonald, d'apprendre que le gouverneur Monck avait appelé M. J. S. Macdonald à former une administration. Le gouverneur n'avait pourtant pas d'autre alternative, à part celle de dissoudre la Chambre.
M. J. S. Macdonald était le chef des libéraux réformistes du Haut-Canada ; c'était mi homme
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d'une grande expérience politique, aux vues larofes et modérées.
Il s'allia à M. Sicotte, qui devint le chef de la section bas-canadienne ; M. Sicotte choisit comme collègues MM. A.-A. Dorion, U.-J.
Tessier, François Evanturel, J. J. C. Abbott, et T. D. McGee. En ce qui concerne le Bas- Canada le ministère renfermait des éléments ■disparates. M. Sicotte avait des idées trop conservatrices pour plaira à M. Dorion, qui d'ailleurs, pouvait légitimement aspirer à occuper le premier rang.
On abandonna un instant les interminables discussions sur la représentation ; le ministère finit la besogne commencée par ses prédécesseurs, et prorogea les Chambres le 9 juin 1862. L'acte le plus important adopté à cette session fut celui concernant la milice. Il amendait l'acte de 1855 et pourvoyait à l'extension du système volontaire. Cet acte de 1862 est resté la base de l'organisation de notre milice telle qu'elle existe aujourd'hui.
Le 27 janvier suivant, les dissensions ministérielles se firent jour, grâce à la démission de M. A. -A. Dorion. M. Dorion entretenait des doutes sur l'opportunité de la construction du chemin de fer l'Intercolonial, projet adopté
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par ses collègues. Ce fut la raison apparente de sa sortie du ministère.
La session de 1863, ouverte le 12 février, et prorogée le 12 mai, vit la chute du ministère.
Le chef du gouvernement était arrivé au pouvoir grâce à son programme d'économie ; il était sincère et voulait racheter ses promesses. Kn conséquence, il réduisit les crédits publics et pratiqua une politique de retranchements. Un programme d'économie est presque toujours fatal aux gouvernements ; il ne pouvait conduire celui-ci qu'à la ruine. En effet, le mécontentement populaire ne tarda pas à se manifester ouvertement, non seulement dans le public, mais au milieu même de la députation ; sur un vote direct de non-confiance, proposé le 8 mai par M. J. A. Macdonald, le ministère se trouvait en minorité de cinq voix. Il n'y avait qu'à démissionner ; mais, comme aucun parti n'avait d'autorité suffisante sur la majorité de la députation, le ministère obtint de Monck une dissolution de la Chambre. Toutefois, avant de se présenter devant le peuple, M. J. S. Macdonald voulait reconstituer son cabinet de façon à gagner la confiance de la section bas-canadienne de la Province. Il aurait voulu reprendre M. A. -A. Dorion pour
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chef du Bas-Canada ; celui-ci y mettait une condition difficile, c'était d'entrer en maître. Il fallait donc se débarrasser de M. Sicotte qui ne paraissait pas avoir de prise sur l'opinion publique, bien qu'il eût une valeur incontestable sur le parquet de la Chambre. Pour parvenir à ce but, M. J. S. Macdonald imagina de faire entrer en négociations M. Sicotte et M. Dorion. Ce dernier refusa tout compromis et s'en tint aux conditions déjà faites. M. Sicotte rapporta l'insuccès de ses entrevues à M. Macdonald qui eut l'idée peu courtoise de demander à M. Sicotte de reprendre les négociations avec M. Dorion en acceptant ses conditions. C'était forcer la main un peu brutalement à M. Sicotte qui refusa de se prêter au jeu. Il considéra la conduite de M. Macdonald comme une trahison à son égard et démissionna, entraînant avec lui ses collègues du Bas-Canada. M. Macdonald était parvenu à ses fins ; mais nous verrons pour quelque temps M. Sicotte et quelques-uns de ses amis rangés du côté de l'opposition.
Devenu libre, M. Macdonald demande à
M. Dorion de former la partie bas-canadienne du ministère ; celui-ci y consent et s'adjoint MM. Holton, Drumniond, I. Thibaudeau, Huntingdon, Letellier de Saint-Just et Laframboise.
Les élections qui eurent lieu bientôt après, changèrent peu de chose à l'état des partis ; ce que l'on perdit dans une province fut regagné dans l'autre. Le gouvernement ]\Iacdonald-Dorion, en minorité dans le Bas-Canada, eut une bonne majorité dans le Haut-Canada. Sous les ministères conservateurs précédents, le Haut-Canada avait été gouverné par une majorité bas-canadienne ; c'était maintenant le tour du Bas-Canada à être sous la férule du Haut-Canada. Depuis plusieurs années, d'ailleurs, on avait renoncé de part et d'autre au principe de la double majorité.
Cette première session du huitième parlement de l'Union s'ouvrit le 13 août 1863 et fut prorogée le 15 octobre suivant. On s'épuisa en discussions arides et insignifiantes. Le seul incident à noter fut ce qu'on a appelé la défection de M. Sicotte. ]\I. Sicotte, nous l'avons vu, s'était jeté dans l'opposition et faisait au gouvernement une lutte très vive. Toutà-coup, la surprenante nouvelle se répandit
qu'il avait été nommé juge de la Cour Supérieure.
Cet événement n'était certes pas de nature à faire honneur à nos mœurs politiques, pas plus qu'il n'ajoutait de prestige à un homme du talent de M. Sicotte. On se montra fort scandalisé de sa conduite qui n'eut pour excuse que des raisons d'ordre absolument personnel.
La défection de M. Sicotte raffermit quelque peu le ministère Macdonald-Dorion qui acheva tant bien que mal la session. Donnons-lui crédit d'avoir rendu plus pratique notre loi de milice.
Le ministère se présenta à l'ouverture de la session de 1864 bien affaibli; sentant venir sa fin, il fit des ouvertures à MM. Taché et Cartier : ceux-ci refusèrent leur concours. Se voyant alors dans l'impossibilité d'administrer les affaires avec une aussi faible majorité, il démissionna.
La session s'était ouverte le 19 février 1864, et le ministère Macdonald-Dorion avait pris fin le 21 mars. Le 30 mars une nouvelle administration était formée ; ce fut celle de Taché-Macdonald, la seconde du nom. Ce nouveau cabinet demanda un délai d'un mois
pour préparer son programme et compléter son organisation.
Quand on reprit le débats, le gouvernement se trouvait dans l'impasse qui avait amené la chute de la précédente administration. Ses jours étaient comptés. M. A.-A. Dorion présenta une résolution de blâme contre M. Galt qu'il accusait d'avoir,en i859,faitun prêt de 100,000 dollars à la ville de Montréal pour lui permettre de racheter des débentures qu'elle avait données à « l'xA.tlantic & St. Lawrence Company«. Le ministère, bien qu'indirectement mis en cause, accepta bravement cette résolution comme impliquant » non^ confiance». Il est vrai que M. Galt faisait partie du présent gouvernement, comme il avait, en 1859, fait partie du ministère Cartier-Macdonald ; c'est ce qui fit que ses collègues se crurent obligés de le soutenir. Le ministère fut défait par deux voix.
Il n'y avait plus de groupement assez nombreux pour diriger la Chambre.
Le ministère conseilla au gouverneur Monk une dissolution. On s'était résigné à ce moyen extrême, quand un incident imprévu fit prendre aux événements un nouvel aspect. Brown avait, durant les dernières années, ajouté à son
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programme politique, le projet d'une fédération des deux provinces ou de celle de toutes les provinces de l'Amérique septentrionale anglaise. L,e lendemain de la défaite du ministère Taché- Macdonald, il fit officieusement savoir qu'il entrerait volontiers en pourparlers, et qu'une coalition serait peut-être possible, si les ministres adoptaient son programme. C'était un moyen de salut inespéré pour le cabinet Taché- Macdonald. Brown entraîna à sa suite un certain nombre de partisans, ce qui contribua à la consolidation da ministère.
Le 22 juin on annonça en Chambre la nouvelle coalition comme un fait accompli, et huit jours après la prorogation était proclamée.
Durant la vacance, on fit les premières démarches officielles et le 19 janvier 1865, la Chambre fut convoquée pour discuter d'urgence le projet, qui occupait tous les esprits, d'une confédération de toutes les provinces anglaises de l'Amérique septentrionale anglaise.
Vers cette époque éclata ce qui est connu dans l'histoire sous le nom de «l'Affaire de Saint-x\lbans>).
On était toujours en pleine guerre de sécession chez nos voisins, et nous avons vu quelle
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part de sympathie était accordée de ce côté-ci de la frontière aux États insurgés du Sud.
Dans Tété de 1864, plusieurs Sudistes, réfugiés dans le Haut-Canada, s'étaient emparés d'une couple de vaisseaux marchands appartenant à de riches négociants des Etats du Nord, et les avaient pillés. Peu de temps après, encouragés par leur succès, plusieurs de ces réfugiés, commandés par un nommé Bennett H. Young, firent une incursion dans une petite ville de l'état de Vermont, St. Albans, pillèrent trois banques, assassinèrent le caissier de l'une d'elles et rapportèrent comme dépouilles la somme d'environ $233,000.
Le Canada s'empressa d'établir une ligne de soldats qui surveilla les frontières, et les Etats- Unis réclamèrent l'extradition des coupables. Quatorze inculpés furent arrêtés et amenés déviant le juge Coursol, à IMontréal. Ils furent tous acquittés sur un point de droit habilement soulevé ; ou les arrêta de nouveau et ils subirent cette fois leur procès devant le juge Smith, un des juges de la Cour Supérieure à Montréal ; celui-ci les acquitta aussi, donnant comme raison que les incursionnistes en question étaient des belligérants, et que leur chef recexait ses ordres des chefs militaires des
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Etats insurgés du Sud. Le gouvernement, croyant que ces jugements étaient inspirés par une sympathie de mauvais aloi à l'endroit des Etats du Sud, fit subir un troisième procès aux prisonniers devant le Recorder de Toronto. Ce dernier confirma le jugement des deux juges précédents et acquitta les accusés, à l'exception de Young qui fut provisoirement libéré, puis, quelque temps après, définitivement remis en liberté. On imagine facilement l'impression causée chez nos voisins par ces procédés si peu de nature à resserrer les liens qui unissaient les deux pays. Ils contribuèrent sûrement à hâter la décision que prirent les Etats-Unis au sujet du traité de réciprocité.
Les Etats-Unis avaient donné, au mois de mars 1865, l'avis requis pour que ce traité prît fin. Rien ne put les faire revenir sur cette détermination, et ce traité, cause certaine de prospérité pour les deux pays, cessa officiellement d'exister le 17 mars 1866.
Ce ne fut pas le seul trait de malveillance de la part de la république voisine à l'égard du Canada ; nous la verrons bientôt contempler d'un œil indifférent cette invasion du Canada connue sous le nom d'« invasion fénienne ».
Au moment où se préparait l'ouverture des