province romaine de Delmatle» de Vespattea
À OloeléUen (70-285).
Les légions qui avaient quitté la Dalmatie pour s'associer aux troubles civils ne devaient plus y rentrer. Néanmoins, bien que gardée seulement désormais par des troupes auxiliaires * , la province allait, à partir du règne de Vespasien*, jouir, pendant plus d'un siècle, d'une paix profonde. Les légions campées en Mésie et en Pannonie lui faisaient en effet un rempart contre les populations barbares du bas Danube.
Il semble même qu'au moment de la guerre des Daces elle ait été réunie aux provinces voisines sous L. Funi-
^ Celles que nous donnent les inscriptions sont : Cohors UI Alpinorum, VIII voluntariorum, I Helgarum, cohors aquitanorum, I Flavia Britionum , I Bracaraugustanorum , I Morinorura, I Sebastenorum, I miliaria Delmatarum, alae Pannoniorum, legio IIII macedonica, II Pi» Goncordia. (G. 1. 1., III, l : Dalmaiix res militares.)
2 Borghesi; Bull, di corr. arch., 1853.. B., pag. 188, dit en parlant de L. Antonius Saturninus: Ghe si ribella a Domiziano nella Dalmazia. Rien ne vient à l'appui de cette assertion, que contredit au contraire formellement Suétone. Il termine, dit-il (Dom., 6), sans sortir de Rome et par un bonheur singulier, la guerre civile exc'tée par L Antonius, gouverneur de la Haute-Germanie. Au moment môme du combat, le dégel, ayant tout à coup entraîné les glaces du Rhin, empêcha les troupes des barbares de venir se joindre à celles d' Antonius.
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sulanus Vettonianus, que deux inscriptions* nous donnent comme légat propréteur de la province de Dalmatie, item de la province de Pannonie, item de la Mésie supérieure.
Beaucoup d'autres titres sont attribués dans ces inscriptions à ce personnage, qui fut investi d'un grand nombre de fonctions civiles et militaires, servit contre les Parthes à la tète de la 4** légion Scythique*, notamment ians la malheureuse expéditi on de Paetus, s'illustra dans la 3[uerre des Daces, reçut de Domitien, pour prix de ses services, les récompenses les plus honorables, et fut choisi mfln comme patron par une ville des bords de la Save où i été retrouvée la p\us importante des inscriptions qui 16 concernent. Il serait néanmoins surprenant qu'il ait 5té successivement appelé au commandement de ces trois ;)rovinces voisines. Ce qui autorise, mieux encore que le le ferait ce simple fait isolé, l'hypothèse de la réunion le ces trois provinces sous une autorité unique, c'est que /ers la même époque nous trouvons encore, quelque »mps après lui, Q. Pomponius Rufus en Dalmatie et en Mésie, A. Gaecilius Faustinus en Mésie et en Dalmatie.
Les diplômes de Domitien' et de Trajan*, qui nous montrent Q. Pomponius Rufus gouverneur de la Dalmatie en 93, et de la Mésie inférieure en 99, pourraient, il 3st vrai, être interprétés dans un sens contraire à cette
* Leg. pro pr. ProvinciaB Dalmatiae, item provinc. Pannonias, item MsBsisd superioris. C, I. L., III, l, 4013 ; Or. Heazjn, 5431, 5432.
2 Tac; Ann.y XV, 7.
3 C, 1. Z., III, 2, pag. 859.
* Jbid., pag. 863.
supposition. Que le même gouverneur soit resté plus de six ans, sous trois empereurs différents, dans la même province, cela serait en effet extraordinaire. Rufus aurait été appelé, comme Yettonianus avant lui, de la Dalmatie paisible au commandement de la Mésie, menacée par les Daces. Mais A. Gœcilius Faustinus * aurait été au contraire transféré de Mésie en Dalmatie, ce qui semt moins probable. Tout au moins ressort-il de ces faite la preuve de la communauté d'intérêts qui ne cessait d'unir ces fragments, maintenant séparés, de Vlllyricum. Dans les trois provinces, on multipliait les établissements de vétérans' , on créait des appuis à Rome en concédant à des étrangers le titre et les droits de citoyens romains ; on s'efforçait de se concilier l'affection, de s'assurer la fidélité des auxiliaires en leur faisant entrevoir cette concession et ces privilèges comme prix de leurs services et de leur dévouement. Le mot de Dalmates revient souvent sur les diplômes que nous avons conservés. La flotte' s'alimente chez eux comme larmée de terre. On les retrouve partout où il y a la guerre : en Germanie*, en Dade*, en Bretagne*. Une de leurs cohortes, la 1*^, eut même comme tribun ou préfet le poète satirique Juvénar. Aussi,
< C, I. L., III. 2, pag. 865 ; Or., I, 802 (Leg. Aug.) propr. Provinc. MaBSiae Dalmati...).
2 C. I. L.,m, 2, pag. 854, 855, 859, 863, 865.
3 Ibîd., pag. 850.
* Ibid.y pag. 852, Cohors V Dalmatarum (an. 74); pag. 870 (an. 116)-
5 Ibid., pag. 876 (aa. 129).
« Jbid , pag. 864 (an. 103), 866 (an. 105), 873 (an. 124).
' Jnsc. Neapol., 4312; Or. Henzen, 5599.
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ayant été à même d'apprécier leur valeur, conseillait-il à la jeunesse efféminée de Rome, avide de hauts postes, d'éviter VIllyricum laPus * . Il nous montre cependant les Liburnes de son temps bien dégénérés, eux aussi, de leurs indomptables ancêtres. Les esclaves liburniens sont surtout recherchés comme porteurs de litières*, huissiers', souffre-douleurs au service des dames romaines * , comme plus tard les Suisses le seront également comme valets de parade et soldats.
La Dalmatie ne fut pas plus négligée que les autres provinces, au milieu de l'immense essor que prirent sous les Antoninsles travaux publics. Trajan, successeur de Nerva, auquel une inscription conservée au musée de Spalato fut consacrée vers la fin de son règne •, fit construire l'aqueduc qui des montagnes voisines amenait Teau à lader (Zara) . Il en reste encore quelques conduits souterrains, dont les apports ne sont pas suffisamment remplacés par les cinq puits auxquels la population vient demander aujourd'hui Teau dont elle a besoin *. Peut-être est-ce à la même époque qu'il faut attribuer l'arc élevé par Melia Anniana. Les travaux disparus ou oubliés dont il con-
* Horrid& vitanda est Hispaaia, Gallicu» axis, Illyricumqae latus. (Juv.; Sai.^ VIIT, v. 114-115.) 2 Juv.; Sat,, III, V. 225.
» Ihid., IV, V. 74-75.
^ Ihid., VI, V. 339-341.
* Imp. NervsB | Caesari Aug. | pontif. max | trib. pot., III j cos. III. (Milth, der. k. k. Central Commission, neue Folge, I Band, 3« Heft, 1875. Vienne.) «(7 /. L., III, 1,2909.
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sacre la mémoire, témoignent comme lui de la richesse et de l'importance que cette ville avait alors acquises* .
A Hostar, a on voit encore un superbe pont en pierre, intact, d'une seule arche, de 80 pieds de hauteur *i, construit, lui aussi, suivant une tradition, en 98, sous le règne de Trajan, et duquel la ville aurait tiré son nom de Mostar, vieux pont. M. Otto Blau* n'est pas d'acord^ il est vrai, avec M. de Sainte-Marie sur l'origine de ce monument , dans lequel, selon lui, rien ne dénote une origine ancienne. <rNi le pont ni ses alentours ne nous offrent, dit-il, ni inscriptions, ni sculptures, ni trace quelconque de Tart romain »; et, s'appuyant sur une inscription voisine, il en attribue la construction aux Turcs. Il est vraisemblable qu'un pont s'élevait autrefois sur la Narenta, là où est aujourd'hui Moslar, VVnione id est Musaro du Ravennate, Massarum des Actes des Conciles*, et que la construction actuelle s'est élevée sur ses ruines.
Enfin, la conquête de laDacie, sa réduction en province, elles travaux que d'un autre côté Trajan fit k Amène, en face de Zara, pour faciliter l'accès de ce port, favorisèrent le développement du commerce de la Dalmatie avec l'Italie et assurèrent sa sécurité.
Les traditions de l'église dalmate placent sous Trajan
< .... Emporium sterni et arcum fieri et statuas superpcni test, jussit. (C. I, L., III, 1, 2922.)
2 De Sainte-Marie ; L'Herzégovine.
^ O. Blau ; Rcisen in Bosnien undder Herzegovina, Berlin, Reimer, 1877, pag. 36.
* Farlati; ///. sacr.y III» 123.