‹ La province romaine de DalmatieChapitre 16 sur 32 · ielinatchko-polje di Tibalyina · texte numérisé non relu

ielinatchko-polje di Tibalyina

XXY Xironii. Yîddo di Melkovit).

La TabU omel la station de Tronutrij simple faute de copiste, car la distance donnée par elle de XII M. P. entre Tilurio et Bilubio est ceUe de Tilurio à Tronum, et les Xm M. P. qui séparent Tronum de Bilubium, dans

Y Itinéraire y manquent au total de la longueur de la route, qui n'est que de 58 M. P. dans la Table, tandis qu'elle atteint dans Y Itinéraire le chiffre exact de 68.

En revanche, la Table porte deux stations omises dans

Y Itinéraire : celle de Ad Novas (Novas^ Rav.), à moitié chemin entre Bilubio et Ad Fusciana et celle de Bigeste^ à égale distance de ce dernier point et de Narona (Viddo) (XIII M. P).

M. Glavinich, qui a reconnu en 1873-74 la route de Narona à Bigeste et au-delà, les place :

Ad NovaSy à Runovitj dlmoski, avec M. Mommsen. Bigeste, à Vitina diLyubuski.

Le pont qui traverse à Vitina le Mlade, nom du haut Trébijat, a été, suivant une tradition conservée par les habitants, construit sur remplacement d'un pont plus ancien. Une église voisine a été bâtie avec des pierres d'un cimetière. Quelques rares fragments d'inscriptions

latines en ont été tirés. A Tihalyina, la route a 8™, 12 de largeur.

Lyubuski est dans la vallée du Trébijat, vaste et belle plaine au S.-E. de celle d'Imoski, où des débris, un temple et des inscriptions ont été découverts * ; la région 3st remplie, paraît-il, de ces débris, de châteaux, de lécropoles', etc.

Des inscriptions et les traces d'une ancienne cité ont îxé à Runovitj l'emplacement de Ad Novas, dont les labitants, les Novenses^ figurent parmi ceux qui ont paricipé à la reconstruction du pont sur VHippus (Cettina).

Le Ravennate, enfin, nomme sur cette même voie, iprès Tilv/rion^ Julianum, qu'à cause de la ressemblance iu nom M. Glavinich assimile à Ugliana di Sign.

La route de Salone à Siscia (Sissek) s'avançait au-delà àUJEqimm (Tchitluk), dans la Bosnie actuelle, au milieu d'un territoire encore bien peu exploré et bien peu connu.

Elle est la même pendant quelque temps dans la Table que celle de Sirmium (Mitrovitz), dans V Itinéraire (VAu" toniriy mais la Table est plus complète.

Table.

Itinéraire.

Ravennate

Mquo.

jEquo,

In Alverio.

Pelva.

Derva.

lonnaria.

Silviœ.

^ De Samte-Mane; U Herzégovine, pag. 17 et 31. * Bull, di arch, e st. daim., I, pag. 70-76.

Table.

Itinéraire.

Ravennate ,

Sarute (oiiSaritte),

Sarnade,

Sapua.

Indtnea.

Baloie.

Baloia.

Leusaba.

Leusaba.

Lausaba.

Lamatis.

^mate.

Lamatis.

Castra.

Ad f.adios.

Ad Fines.

Fines.

Servi tio.

Servitii,

Serbitiu

La différence est notable pourTévaluation des distances. La Table compte 50 milles entre ^quo et Leusaba\ l'Itinéraire, 77 ; elle est moins sensible entre Leusaha et Servitium : 51 dans la Table^ 56 ùdXi^V Itinéraire. Si Ton admet que Sarnade de V Itinéraire soit le Sarute ou 5aritte de la Table, celle-ci mettant 24 milles entre Saritie et Leusaba, V Itinéraire 18 seulement de Sarnade k Leusaba , la difiFérence , quelque grande qu'elle soit, est moindre que celle qui existe dans les deux itinéraires entre .Equum et Sarnade. Gomme il est diflBcile de faire concorder entre eux les noms des différentes stations, on doit en conclure que deux routes distinctes existaienl entre Leusaba et Sarute, d'une part, et de l'autre entre ce dernier point et Mquvmi.

M. Kiepert, sur la carte qui accompagne le Corpus [III, 2), place quelques-unes de ces stations près des localités actuelles ci-dessous :

Pelva,

Lichtani.

Salvix.

Glavitza.

Leusaba.

Podrajnilza.

Mmate,

Bunari.

Castra,

Dobrinye.

Ad Ladios,

Banyalouka.

Ad Fines.

Latyatche.

Servitium.

Gradisca.

Je trouve d'un autre côté, reproduite par M. de Sainte- Marie\ sans indication de sources et sans préoccupation des tracés que nous venons d'exposer, la nomenclature suivante :

Sarute,

Serayevo.

Baloie,

Busovatz.

Leiùsaba.

Travnik.

Ad Fines,

Kotor.

Serviiium.

Banyalouka.

Banyalouka se trouvant ainsi acceptée comme terme ou seulement station de la route, il serait déjà difiBcile d'admettre que le tracé d'une route de Sign à Banyalouka ait été aussi détourné. Mais la disproportion est énorme entre la distance réelle de Sign à Serayevo et les données des itinéraires. Elle est, à vol d'oiseau, de 150 kil. environ, triple de celle qu'indique la Table (35 milles) et

^ De Sainte-Marie; Les Slaves méridionaux, pag. 42.

supérieure déplus de moitié (59 milles =88^,500) à celle de V Itinéraire. Il y a donc là un obstacle décisif à Tassi*-* milation de Sarute à Serayevo.

La distance à vol d'oiseau de Travnik à Sign étant aijL contraire à peu près la même que celle qui est indiquée sur la Table y et celle qu'elle donne de Leusaba à Servie Hum étant aussi assez sensiblement égale à celle ds Travnik à Banyalouka, on pourrait placer Servitium ^ Banyalouka, Leusabe à Travnik et Sarute au point où Ist route traverse le Verbas, à Skopia, dont l'éloignemeat de Travnik se rapporte aux chifiFres donnés par la Tabl&y si des raisons capitales ne s'opposaient à l'adoption de cette hypothèse.

M. Glavinich placerait Sarute^ la Sarziaàes Actes des Conciles, dans la vallée de l'Unnatz supérieur, entre le Yadovnik et la Tsernagora, indication assez vague; Silviâs ou Silvia, leSaXouta dePtolémée, le 5a/vîatict*m des Actes des Conciles, serait dans le territoire de Graovo, le long de la pianura de Tserni-lug, versLivno, entre le Dinara- Prolog, qui le séparerait du territoire A^jEquum (Tchitluk) et le Yadovnik. Wesseling, enfin, propose pour JEmate et Lematis, Imatz, dont le nom rappelle le leur.

La route de Sign à Travnik se trouve décrite au chapi tre LX de l'ouvrage de Pouqueville, Voyage dans la Grèce' La pente du Prolog, douce à la montée, descend rapidement à travers bois et rochers vers la plaine de Livno, au-delà de laquelle on remonte vers un pays aride que l'on traverse pendant quatre lieues avant de redescendre à Snitza. A une heure de cette localité, on trouve une

plaine couverte d'herbages, à rextrérnité de laquelle est le village de Kuprès (Kupresch), plaine presque impraticable en hiver, à cause de son élévation, etsouvent dévastée par des tourbillons de neige. Au-delà de collines couvertes de bois, la vallée de Skopia présente de tous côtés des champs cultivés, des habitations nombreuses et est traversée par le Verbas. Une vallée étroite et profonde mène au hout de trois lieues à une montagne couverte de beaux arbres, d'où la vallée de la Lassova conduit à Travnik. « Comme la Bosnie ne fut jamais qu'un lieu de passage des Romains, on ne trouve, ajoute-t-il, ni sur la route TUe je viens de décrire, ni aux environs de Travnik, aucunes traces d'antiquité. »

M. Tomaschek * propose les assimilations suivantes :

Servitium.

Gradisca.

Ad Fines.

Latyatche.

AdLadios,

Tarn, à droite du Verbas.

Castra,

Banyalouka.

Lamatis, jEmatt. HanPavitj.

Leusàba, Podrajnitza,

A ce dernier point, la route se bifurquait pour aller, d'un côté au S.-O. vers la Pechka et les sources de la Sanna, c'est le chemin donné par V Itinéraire \ de l'autre, c'est la voie décrite par la Table^ au sud, vers Varcarevo et la haute Pliva.

Les stations de la première route sont ainsi fixées par

DALMATIB.

Sarnade.

Petchka.

Salvia,

Glavitza.

Pelva.

Listani.

la seconde

Baloia.

Varcarevo.

Indenea.

Jezero.

Saritte.

Saritchi.

lonnaria.

Vagany (sources de la Yanska).

In Àlperio.

Bilibrig(Prologh).

Le point de départ et le point d'arrivée de la route étant connus j à savoir :jEquumi^clnÛ\jk) et Servitin/m^quQV'm' dication donnée par la iVbti^ia dignitaPum, de la résidence dans cette ville d'un commandement de la flotte, ne permet pas de placer ailleurs qu'à Gradisca, sur la Save; le tracé par Travnik se trouvant écarté, la première partie de cette voie, de Servititun (Gradisca) àjL6U5a6a(Podrajnitza), peut être considérée comme définitivement acquise. Les deux stations de Ad Ladios et Castra n'en formaient en réalité qu'une seule, Castra ad Ladios, que les antiquités découvertes près de Banyalouka * autorisent à placer près de cette dernière ville.

Quant à la partie comprise entre Leiùsaba (Podrajnitza) et JEquum (Tchitluk) , la position centrale de Sarute, Saritte ou Sarnade j n'étant pas encore bien fixée, il est plus difficile de la déterminer. M. Tomaschek rejette, comme on Ta vu, l'assimilation entre Saritte et Sarnade. Je ne

* 0. Blau; Reisenin Bosnien uni Herzegovina.BQvYm^ Reimer, 1877, pag. 131.

vois pas de raisons suffisantes pour accepter la distinction çu'il veut établir. L'emplacement proposé pour Saritte par M. Glavinich se rapproche beaucoup de celui que préfère M. Tomaschek, et il semble naturel d'admettre pour la première direction celle qui est proposée par MM. Mommsen et Glavinich, sans qu'il soit encore possible de se prononcer pour la route voisine, indiquée par les itinéraires.

Après le passage du Tilurius ou Hippus (Gettina) , une route s'éloignait vers le nord de celle qui conduisait à Na/rona (Viddo) et allait à Argentaria (Srebnitza). On y rencontrait à

XXII M. P. Ad Libros (T. P.), Libros (Rav.).

IX In Monte Bulsinio (T. P.), Montebulsi

(Rav.).

VI Bistue Vêtus (T. P.), Bùtue Betus (Rav.).

XXV Ad Matricem.

XX Bistue Nova.

XXIV StaneclL

Argentaria.

Le désaccord est plus grand encore pour le tracé de cette route que pour celui de la précédente.

Ad Libros est aujourd'hui Livno. On voit encore de la route qui y conduisait, près du village de Prisap, une chaussée comprise dans la route actuelle, entre les deux plaines de Buchkoblato et de Livno, dont elle sépare les eaux. Elle est longue de 5 kilomètres, haute de 8 mètres environ au minimum, et d'une largeur assez grande pour que trois grandes voitures puissent y passer de front. La

distance de Livno à Salone correspond à celle que donne la

Table. Les traces de la route se retrouvent encore au-delà

de Livno, et M. Glavinich identifie In Monte Bulsinio à

Borovaglava, BisPue Vêtus à Ghuilza di Duvno * .

M. Menke adopte pour cette route un tracé beaucoup

plus méridional :

Bistue Vêtus serait Gabella-Potschitel sur la Narenta.

Ad Matricem Goransi.

Bistue Nova Bitsche.

Stanecli Vischegi'ad sur la Drîna.

Argentaria Srebnitza, mot qui a le même

sens, près des sources de la

Drina.

M. Kiepert place sur la carte jointe au Corpus :

Ad Matricem, à Gornye-Skoplye, sur le Verbas, près

des mines d'argent de Krupa, où nous avons placé Sarute,

Bistue Novtty à Foinitza.

Stanecli serait alors Serayevo.

M. Mommsen émet l'opinion que Stanecli pourrait bien être Taschlydye ou Plevlye, sur la Tyahotina, aflttuentde droite de la Bosna, où M. Otto Blau a trouvé de nombreuses inscriptions, dont Tune ^ indique remplacement d'un municipe dont le nom commencerait par S...

Plusieurs de ces tracés empruntent, on le voit, en partie, des tracés adoptés par d'autres critiques pour la route précédente.

^ 0. Blau; Op. cit,i chap. 9, pag. 87. G. I. L.. III, 2, 6343. 2 Bull, di arch. e st. daim., I, pag. 51 et suiv.

Trois faits restent acquis : l'existence d'une voie romaine, reconnue par M. Giavinich *, entre Boroglava et Duvno, où il place Monte Bulsinio et BisPue Vêtus ; celle d'une ancienne ville sur remplacement de Duvno, et d'une autre à Plevlye.

Duvno * a môme été, à cause de l'importance de ses ruines grandioses, longtemps prise pour l'ancien Del/mi" niv/m. Une autre route, également reconnue par M. Glavinich, descendait de ce point vers 5ar5i^^ran(Roclikopolye),plus tard chef -lieu du diocèse appelé Sarsenterensis ^ etEmanio (Imoski). Si Ton admet que Duvno soit Bistiie Vêtus, la distance entre ce point et Plevlye est en réalité beaucoup plus grande que celle que met la. Table entre Bistue Vêtus et Stanecli ; il en est de même de la distance de Gabella-Potschitel à Plevlye, si l'on se range pour Bistue Vêtus à l'opinion de Menke. Il semble néanmoins qu'il soit, en l'état actuel de nos connaissances, préférable de se rallier à l'identification proposée par M. Glavinich, qui a visité avec soin ces contrées. Mais au-delà de Duvno l'incertitude recommence, et Tonne peut, pour Ad Matricemet Bistue Nova, que hasarder des hypothèses. Mostar est trop rapproché de Duvno pour qu'on puisse y placer Ad Matricem, Le chemin qui conduit de cette dernière ville, où la route franchissait la Narenta, sur le pont autour duquel elle s'est formée, à Plevlye, passe aujourd'hui par Névésinyé et Fotcha, deux chefs-lieux de district de l'Herzégovine, au nord d'un massif qui contourne

> Bull, diarch. est. dalm.^ I, pag. 54 et suiv. 2 Cf. Sainte-Marie; Herzégovine ^ Blau ; Op. cit.

238 DALMATifi.

au sud la route qui se dirige de Nikchitch sur le même point. Je proposerais donc de placer Ad MatricemkM^é" sinyé, Bistue Nova à Fotscha, Stanecli à Plevlye, Àrgmtaria à Srebnitza, comme on le fait le plus souvent.

Le Ravennaté indique quelques points intermédiaires sur cette route. Entre Novas et Ad Libros, il nomme EpilenUOj Naurtio et Orbam.

M. Glavinich pense que VAiosusHs du Ravennaté est VAufustianis de la Table ^ et, partant de là, place:

Orbam, entre le château ruiné de Lovretj, appelé Verhgradiaa, et celui que l'on voit à quelque distance de là, sur le Terbotor; Naurtio, dans la vallée de Grabovatz-Zaguozd au muoicipe

de Lontino; Epilentio, dans celle de Kerstatitje-Slivno au municipe de Stantino des Actes des Conciles;

tous sur la route de Tihaljina {AufMtianis)à, Ghuitza di Duvno {Bistue Vêtus) par Imoski, route dont les traces sont encore visibles.

Quant à Splonum\ que mentionnent, outre le passage cité de Dion, deux inscriptions trouvées, l'une en Dacie', l'autre à 5aione', l'identification n'en étant possible avec aucune des villes citées par les géographes ou les itinéraires , il ne nous reste, pour essayer de déterminer son emplacement, que l'indice résultant de la proximité de Salone, d\£qimm, de Riditm mentionnés dans l'inscri-

1 D. Cass., 56, 11 (éd. Gros).

2 Ex m(unicipio) Splono; G, I. L., III, 1, 13^î. ^ Curatori reipublicae Splooistarum. (lbid,t 2026.)

&È06RAPHIB POLITIQUE. 239

)tion 2026| et celui fourni par la marche çle Germanicus [a pays des Mazéens vers iiAd?f i/mm, et il serait peut-être i propos de le fixer dans la vallée de la Gettina.

Ptolemée mentionne en outre Aleta et Herona, entre indecritmi (Mutch) et Delminium (Gardun), et au-delà ¥jEqvdi/m (Tchitluk), Saloniana, dont la position nous est inconnue.

Pline et Ptolemée nous donnent les noms de quelques peuples du conventus, qui semble s'être étendu fort avant dans l'intérieur, au nord même de la Liburnie. « Au-delà du Tedanius , en Liburnie , dit Ptolemée , à Touest, les Mazéens , ensuite les Derriopes et les Derriens ; et audessus des Derriopes, les Dindariens , au-dessus desquels les Ditions, mais au-dessus des Derriens, les Gerauniens ; mais en Dalmatie, les Daursiens, au-dessus desquels les Melcoméniens et les Vardaîens, mais audessous d'eux les Narensiens et les Sardiotes , et encore au-dessous d'eux les Siculotes et les Docléates , et les Pirustes et les Scirtons, près de la Macédoine. » Cette deroière partie de Ténumération confond , on le voit , entièrement les deux conventus de Dalmatie , ceux de Salone et de Narona, Mais Pline est plus précis.

Les Mazéens sont donc voisins du Tedaniios (Zermagna) et des lapydes. Les inscriptions les appellent ifa?ze/V Ils étaient divisés en 269 décuries et formaient la plus impor. lante de toutes les tribus après celle des Dalmates. Strabon^

* FiQibus Maszois; CI. L.. III, 2, 6383. Pr | œfectus | civitatis M»ze (iorum).HeQzen, 5420; /. N.y 4987. Cf., C. 1. 1., 111,2, pag.850, 2 Str., VII, 5, 3.

240 DALIUTEE.

les énumère, ainsi que les Désitiates, parmi les peupla3 paanoniens. Les limites de la Dalmatie et de la Pamioni^ furent , nous l'avons vu , quelque temps très indécises , mais le territoire occupé par ces deux peuples fut attribué plus tard à la Dalmatie, comme le prouve, outre le témoignage de Pline, celui de Dion Gassius, qui fut gouvemeixr de la province, et a, pour tout ce qui concerne la géographie de ces régions, une autorité toute particulière. Ils habitaient donc au nord-ouest de la Bosnie actuelle.

Les Derriopes, que Pline passe sous silence, et les Derriens, qui sont sans doute les Deuri de Pline , divisés en 25 décuries , n'avaient pas une grande importance. Ils étaient, eux aussi, fixés sur le territoire de la Bosnie actuelle, au sud-est des précédents. Les Delmatx ou Dalmates occupaient tout le centre de la province et éclipsaient toutes ces peuplades. Les 52 décuries des Sardéates oa Sardiotes étaient dans le territoire de Sarzia ou Sarute^ entre Sign et Banyalouka , et les Ditiones , qui comprenaient encore 239 décuries, étaient , comme nous l'a montré Tinscription que nous avons citée plus haut, relégués sur les confins de la Mésie , vers l'embouchure de la Drina. Nous retrouverons les autres dans le conventus de Narona.

Un grand nombre d'îles relevaient en outre du ressort judiciaire de Salone,

En îàZ2 Je Tragurium (Trau) et îlfi comme elle, Bua(in^- Boa, T.P,; Bavo, PL, III, 30(26); Boa, R.), peut-être la Uporepiç de Scylax, fut au temps des Romains un lieu de déportation. « Bua joint Traou , dit Spon ; et on l'appelle

aussi nie des Perdrix, à cause de la grande quantité qu'on y en trouve. On les envoie pour la plus grande partie à Venise , salées et encaissées dans des barils comme des harengs. »

Solts. {Solentii^ T. P.; Solenta, Rav., V, 24; 'oXuvra, ScyL), à l'entrée du golfe Manius, est sans doute celle qu'habitaient les Golentini de Pline.

Brazza(m5. Brattia, T, P. ; Brattia, PL; Brazia^ Rav.; Bpxzlinçy fi B/oôtÇoi), Gonst. Porph. ; BpsTtia, île dans l'Adriatique ayant un fleuve, Brettius ; les Grecs l'appellent EXacpoïKjaav, les autres B/serrovtSa, Et. B.), célèbre par ses chèvres, nous dit Pline, la plus grande de toutes les îles de l'archipel, avec ses vingt villages et ses 1,700 habitants, est riche en vins, en bois, en soies, en asphalte. Elle devrait , d'après une tradition rapportée par M. Gliubich* , qui voit en elle, nous l'avons dit, Tancienne Dyscelados, son nom de Brattia, Brada, aune colonie grecque venue d'Ambracie. Des inscriptions trouvées près des villages de Skrip et de Putchischie nous indiquent l'existence, sur son territoire, de centres d'habitation dont Tun même, qui avait un centurion chargé de la garde du théâtre ^, devait jouir d'une certaine opulence. G'est de cette île que furent tirées plus tard les pierres qui servirent à la construction du palais de Dioclétien.

Lésina, ainsi nommée, nous dit Fortis, à cause de la ressemblance de sa figure avec l'alêne d'un cordonnier, a joué, nous le savons, sous le nom de Pharos, un rôle

1 Gliubich ; Numografia dalmata»

^Gurageatem theatri centurioaem. C. /. L., III, 1, 3096.

242 DALMATIB.

important dans l'histoire. {Pharos\ Str., Mêla ; Phariat PL, PtoL; ins. Faria, T. P.] Faria^ Rav.). Les ruines de Gitta Yecchia, où H. Gliubich a démontré ^ qu'était l'emplacement de l'ancienne cité de Pharia^ et de Lésina ^ qui a pu lui disputer cet honneur, témoignent encore de sa grandeur passée. L'île a fourni d'assez nombreuses inscriptions grecques et latines, mais la trahison de Démétrios et les guerres qui la suivirent la dépossédèrent de la supériorité qu'elle avait eue quelque temps sur Issa.

Lissa^ (/wa civium romanorum, PL; ia<ja, Str., Pt. ; /55a, M. ;m5. hm^ T. P.), avec une ville du même nom, entra de bonne heure dans l'alliance de Rome, dc L'endroit où s'élevait l'ancienne Issa^ nous dit M. Gliubich*, est la partie du port opposée à celle où l'on voit aujourd'hui lia bourgade de Lissa. Son emplacement est, de fait, le plus agréable et le meilleur de ce vaste golfe ; on l'appelle Gradina, et il consiste en une colline qui n'a pas plus de 100 met. au-dessus du niveau de la mer. Sa forme

' Aussi rapprochée de Brundusium que l'autre Pharos d'Alexandrie, dit Mêla. L'erreur est évidente.

2 Faria; Citta Vecchia enoa Lésina. Agram, 1873.

* Lésina, malgré son siège épiscopal et sa cour de justice, est aujourd'hui encore inférieure en population (1,970 hab.) à Citta Vecchia (2.897 hab.).

* « Il y a de très bon pain et de très bon vin (à Lésina) et force sardines pour exciter l'appétit, dont ils fournissent l'Italie et la Grèce. Les meilleures se trouvent à l'île voisine de Lissa. Les Turcs, qui ne manquent pas d'esprit, se guérissent de plusieurs maladies avec des sardines, qui sont rares en Turquie.» (Sponet Wheler., Op, di.)

' Gliubich ; Siud. archeol.

îtait celle d'un cercle complet de 500 met. environ de diaaètre. On en trouve la preuve dans les murs qui en restent ujourd'hui et présentent deux caractères différents de onstructions, les unes cyclopéennes et les autres romailes. Les premières apparaissent çà et là à fleur de terre, le sngde la partie méridionale de lacoUineice sont despoly- :ones irréguliers de forme colossale, adossés l'un à l'autre tt unis étroitement sans usage de ciment.» M. Gliubich en t découvert la base à 2 met. de profondeur. La construction romaine y est adossée. Elle a sur le côté mériiional 300 met. de long., sur 4 met. d'élévation au-dessus du sol et 2 met. de largeur.

Au XVII* siècle, il y avait encore, rapporte Tabbé Caramanéo, une tour dont les pierres ont servi à bâtir une église et d'autres restes qui ont fourni des matériaux le construction. On trouve à chaque pas, dit-il, sur cette «lline aujourd'hui cultivée, des débris de l'antiquité, des >ierres travaillées, des statues, des monnaies, des vases, >tc. En 1803, une statue d'Apollon y fut découverte et jmmenée par le général Gillié au-delà des Alpes. Au midi le la colline, près de la mer, ou a trouvé les murs de 3ains pavés en mosaïque; à l'ouest, l'ancien cimetière; lilleurs enfin, les restes d'un amphithéâtre. C'est d'un mcien chef de la contrée, originaire d*lssa, que serait 7enu, d'après Théopompe, le nom du golfe Ionien* . Sa position avancée, qui lui a valu le nom de Malte de TAdria- Lique, en faisait une station militaire des plus importantes,

« 8tr., VIL 5, 9.

2\i DALUATIE.

utilisée, nous l'avons vu, par les Romains dans leurs guerres contre la Macédoine, et aujourd'hui encore, l'Ile, dont le nom a eu de nouveau en 1866 un grand retentissement, compte près de 7,000 habitants, dont plus de 3,000 dans sa bapitale.

Elle resta tout le temps de Tempire dans la situation privilégiée que lui avait assurée son titre d'alliée et que gardèrent avec elle ses colonies continentales de Tragurium (Trau) et Epetium (Stobrez).

Tauris {Teraria, Rav.) ou Torcola (Desjardins, comm. de la Table) doit à la bataille gui se livra dans ses eaux (47 ans av. J.-C.) son peu de célébrité.

Curzola (KopjtupafjtDuwva, Str. ; Kopxoupa i% fxéXatva, Ptol.; Corcyra Nigra, M.; Corcyra Melœna, PI; ins. Corcyra^ T. P.; Corcora, Rav.) dépendait-elle du conventusdeSfllone ou de celui de Narona? Aucun document ne nous permet de le dire. Elle avait été, au reste, comme ifeHto, ravagée par Auguste. Les inscriptions qui y ont été découvertes sont rares et de peu d'importance; elle contenait cependant une ville, puisqu'on y trouve des sévirs'et des autels, dont un à Vénus maritime, Veneri Pelagi8e^ Mais elle devait se relever plus tard. (cGourzole, ditFortis, est fort utile à la République de Venise, parce qu'elle lui sert comme d'arsenal pour fabriquer et radouber les bâtiments, étant toute couverte de bois de haute futaie. Les sardines et le vin sont ses principaux revenus. Elle

^ Ihid., 3066.

GÉOGRAl'HIE POLITIQUE. 245

cinq villages peuplés de 1,400 à 1,500 âmes chacun, mis la ville n'en a guère plus de mille, et Tenceinte n'a as plus d'un quart de lieue. Les murailles ont été bâties ar Dioclétien, aussi bien que le dôme de Saint-Marc, qui stau milieu, sur une éminence, et auquel toutes les rues ont aboutir en montant. Les matériaux en sont presque )us de marbre qui se taille dans Tisle même à quatre ou nq milles de là, mais ils ne prennent pas le soin de le )lir.» La ville, aujourd'hui, après de 2,000 habitants 992), et l'île entière environ 7,000.

Lagosta est sans doute VjEstria de Mêla, Vladestris de Table, peut-être la, Leporaria du Ravennate.

Meleda {Melita de Pline et de la Table; Malata, Rav.) 3 s'est pas relevée de la destruction et des ravages qui raient suivi sa conquête par Octave. Elle tomba même ins une obscurité qui lui a fait ravir l'honneur d'être le 3rceau de ces petits chiens «Melitaei)) , en faveur, aux temps 3la décadence, auprès des courtisanes. L'usage prévalut 3 les appeler « chiens de Malte », et c'est sous ce nom l'ils sont mentionnés et décrits dans le Dictionnaire des Uiquités grecques et romaines de M. Saglio*: a Gatulus elitaBus, MehzaïQVKvvliiQv, chien de Malte, chien dameret, chon...; c'est un chien de petite taille, au front assez rge et au museau pointu ; les oreilles sont droites, le ûl long et fourni, la queue touffue, ordinairement reurnée sur elle-même.» L'application d'un de ces petits •iens sur le ventre était, au rapport de Pline ^, un re-

* Art. Canis.

^ Pline; Hist. nat.j XXX, 14.

mède infaillible contre les maladies de cet organe. Mais c'est d'une simple question géographique qu'il s'agit ici. Strabon* les fait originaires de Malte. La race ne se retrouvant aujourd'hui ni dans Tune ni dans l'autre de ces îles, la question ne peut être décidée que par le poids des témoignages de l'antiquité. De quelque légitime autorité que jouisse Strabon et quelque sanction que son assertion ait reçue de l'usage, je n'hésite pas à me ranger ici du côté de Pline. Il est postérieur à Strabon, dont il a connu Topinion, et c'est peut-être pour le réfuter qu'il cite ici celle de Callimaque. Plus haut, il a invoqué Varron dans sa description de l'Illyrie ; il s'est donc entouré de tous les renseignements, il a consulté, compilé, si l'on veut, ce qui, dans le cas dont nous nous occupons, donne plus de portée à ses paroles, et l'appellation de chiens de Meleda serait celle qui traduirait le mieux, à mon avis, l'expression de xuviSta MeXtrata, ouMelitaei catelli.

D'autres îles ne sont même pas arrivées à un aussi humble degré de célébrité. Mêla nomme encore Pytia, qui serait peut-être la ntriefa d'ApoUonios, et la même que Pharos; Hydria, ElectrideSj qui sont les îles de l'embouchure da Pô; Diomedia, qu'il faut reporter dans Tarchipel des Tremiti, sur la côte italique.

Le géographe de Ravenne en nomme un certain nombre d'autres sans qu'il soit possible de savoir lesquelles il a voulu désigner et dont beaucoup tirent, ainsi qu'on l'a remarqué, leurs noms d'animaux qui devaient s'y

^Str., VI, 2, 11.

trouver en grand nombre: Pullaria, Leporaria\ ete. •

Le chef-lieu du 3* conventus, Narona^ déjà romaine au temps de la République, avait reçu une colonie. Son port était depuis longtemps connu et fréquenté. « Après les Nestiens est le fleuve Naron (Narenta), dit Scylax*. L'entrée du fleuve n'est pas étroite. Une trirème peut y pénétrer et naviguer vers le marché, qui est plus haut, à 80 stades de la mer. Les Manions, qui l'habitent, sont un peuple illyrien. » Son emplacement est aujourd'hui fixé à Viddo, à quelque distance de la rive droite de la ^arenta, où l'on a trouvé des ruines considérables de murs, de bains, d'aqueducs et de bâtiments magnifiques*. Des inscriptions nombreuses et importantes ontété de là transportées en Italie, d'autres portées dans la localité voisine de Tchitluk, en assez grand nombre pour tromper un instant sur la véritable situation de l'ancienne ville, que remplace mal le pauvre village fiévreux de Metkovitj, avec ses 154 maisons et ses 547 habitants. Les thermes*, les temples*, les autels *, les collèges de prêtres qu'elle renfermait, témoignent d'une ville opulente. La ce République^ ))de Narona avait ses questeurs', ses tribuns*.

* Vid. Rav., V, 24.

2 Scylax, chap. 24.

^ Fortis, Op. cit,

^ Ibid., 1769, 1789, 1790.

« Ihid., 1772, 1794, etc.

^ Ihid., 1805.

«/Mrf., 1820.

»/Wd., 1797.

248 DALMÂTIfi.

ses sévirs*, etc. Les atterrissements du fleuve l'ont ruinée. C'est dans la plaine de Mostar que se trouvait Tancien lac dont parle Scylax', et déjà Narona était beaucoup plus près da la mer que Teniporium du vieux géographe, dont il faudrait chercher remplacement à 5 kil. au nord de Viddo, près de Struge '.

La route littorale, qui se continuait au-delà de JVarona vers le sud, après avoir franchi la station de Ad Turres M. P. XXII [T. P.), arrivait k Dilunto XII (r.), Dallmto XXV {It. A.) et par Pardua XIIII {T, P.), Pardua* idest Stamnes (Rav.), joignait Ad Zizio XVI {T. P.), Zidion (Rav. IV, 16), Assiditi/m (Rav. V, 14), où elle bifurquait, pour gagner Scodra par le littoral et par Tintérieur. La première route que nous donnent la Table ei le Ravennate touchait AsamoXXNlïl {T.),Asamon (Rav.), EpitauroU (r.), Epitaurum id estRagusium^ (Rav. ), Resinum XX (T.), Rucinium (Rav. ), Vicinium XX (r.), Buccinium (Rav.), 5atua XV(r.) , Butua (Rav.); mais celui-ci ajoute Decadaron, entre Buccinium et Batioa, Enfin, viennent sur la Table Scodra XX , Lissum XXX , tandis que le Ravennate continue la voie (VI, 16) par Saluntum^ Aleta^ Burzumi. Ailleurs (V, 14), il donne, lui aussi, Scodris et iterum civitas Lissum.

1 C. /. L, HT, 1, 1768, 1769, 1792, etc.

2 Scylax , loc. cit.

^ Bull. di. arch. est, daim., I, pag. 155; Cf. Lago ; Mem. sulla Dalmazia, II, pag. 211 ; De Sainle-Marie, L'Herzégovine.

* Le Rav., V, 14, met au lieu de Pardua^ Bretorum.

* Au livre V, U, il dit ici : Butua, Dtcadoron, Bicinion, Epitauron

M. Mommsen propose avec raison do modifier la islance donnée par la Table entre Narona et Ad Tuâres, n supprimant un X introduit par un copiste. La correction end alors la concordance parfaite entre V Itinéraire et la ^ahk. Cette route est encore mal reconnue. On place )iluntum à Neum (?), Pardua à Stagne, bien que cetle dlle soit en dehors de la route. Elle serait mieux à Slano; Issidium ou Ad Zizio pourrait être alors entre Slano et laguse, Asamo à Raguse, Epitauro à Ragusa Vecchia, où int d'inscriptions et de débris attestent l'existence d'une ncienne ville.

Séjour préféré de Dolabella , Épidaure avait reçu ne colonie romaine * ; mais lorsque la constitution éfinitive de la province eût fait de Salone^ plus au centre ; mieux située, la capitale, elle perdit de son impor- -nce, jusqu'à ce qu'enfin les dévastations des barbares - les tremblements de terre aient forcé ses habitants fuir dans la nouvelle Raguse et fait disparaître jusqu'à

certitude de son ancienne situation, que l'on a voulu porter à Prevlaca, à l'entrée des Bouches de Cattaro.

On dit qu'une partie de ses anciennes murailles existe- .itencore au fond de la mer, à quelque distance du rivage, >mme à Risano celles de l'ancien Risinum^ autre colonie >maine^, détruite égalementpar un tremblement de terre, aï parfaitement reconnu à la faveur d'une belle matinée, i face de la partie de la ville de Risano appelée Tsarina,

* PI., m, 26 ; habitants Epilaur, (G. /. L., III, 2, pag. 850.) ^Dec(urioQi) col(oaiae) Ris(irii) de(fuiicto). G. l. L., III, 1, 2766. Les Lbitants Risinitani {Id.j III, 2, pag. 850); Rhizon^ Rhizonites.

à 30™ à peu près du rivage, et environ un mètre de profondeur, la base d'un mur de 3™ environ de longueur et 25 à 30 centim. de hauteur. Mais le mur est recouvert d'herbes qui empêchent de saisir le détail de sa construction. Quant au reste de Tenceinte, j'ai bien vu sur une ligne inclinée de gauche à droite en regardant le fond de la baie, de 20 à 60™ du rivage, sur une longueur de 50" environ, des pierres qui ont pu appartenir à des construc* tions mêlées à des pierres descendues de la montagne; j'ai même reconnu quelques pierres, en petit nombre, qui proviennent évidemment d'édifices romains, mais je n'en puis tirer aucune conclusion certaine sur l'étendue de l'enceinte de la ville ancienne. Des médailles et des monnaies se retrouvent journellement sur les flancs de la colline; d'assez nombreuses inscriptions y ont été découvertes; j'ai pu même voir à Perasto, avec M. G. Gelcich, professeur au gymnase de Raguse, qui m'en avait signalé l'existence, un fragment remarquable par son état de parfaite conservation*. Il est en très beau marbre blanc, encastré dans le mur en maçonnerie d'une terrasse, et se présente sous l'aspect d'une plaque que les ouvriers n'ont, on le voit, consenti qu'à regret à ne pas recouvrir de plâtre. Il se compose d'un fronton dans Tintérieur duquel est une rosace. Au-dessous, une inscription très lisible •.

ZQPIKIÛI HrH2lA2 MENEKPATH2

$IAQN02 0EÛNOS MENER

* Cf. Memorie sloriche délie Docche di Cattaro, di Giuseppe Gelcich. Zara, 1880.

c'est-à-dire à Zorikion, fille de Phîloii\ Égésias, fils de ThéoD, Ménécrate, fils de Ménécrate.

La fin du dernier mot de la 2* ligne a seule été emportée par un éclat. Plus bas le mot XAIPETE , puis en relief trois têtes : une de femme devant laquelle est un miroir rond dans lequel elle se mire ; une tète d'homme sans barbe, de face ; une autre tète d'homme un peu plus haut, presque de face. La cassure du marbre est immédiatement au-dessous des tètes. La dimension du monument est, dans sa partie la plus large, de 0™,448 ; lahauteurde0",255. Les lettres de la première ligne me-

surent 0°*,01, celles delà seconde, 0™,021; la première tête à gauche, 0°',084; la seconde, 0",073; la troisième, 0*,068; toutes les lettres ne sont pas de même dimension.

Ce monument, qui semble appartenir à une bonne époque, est une preuve des relations qu'entretenait avec la Grèce cette ancienne colonie phénicienne.

Bibccinivmi, que le Ravennate place entre Decadaron et Rv^inium^ est, vu surtout la distance de XX M. P. que met la Table &nXvQ Resinum et lui, plus difficile à placer. Les traces de voie romaine qui ont été découvertes il y a quelques année3, en ouvrant un chemin le long du golfe, indiquent qu'il faut chercher cette localité sur les bords delà mer, peut-être, puisque le Ravennate la distingue de Decadaron^ tout près de cette ville, à Dobrota.

Quant à Gattaro, dans laquelle on s'est cru autorisé par les inscriptions à reconnaître Acruvium, ce qu'en dit

* Je corrige WAnNOZ en ♦lAftNOZ.

Constautin Porphyrogénète est d'une remarquable exactitude, a La ville de Décalera (rwv Aexarepov) veut dire, dans le dialecte romain, un lieu étroit et battu par la mer, parce que la mer entre comme une langue très étroite jusqu'à 15 et 20 milles, et cette ville est située sur ce complément de la mer. Elle est entourée d'un cercle de hautes montagnes qui ne lui permettent de voir le soleil qu*en été, lorsqu'il est au milieu du ciel, et jamais en hiver*.»

Des traditions locales veulent qu'une ville ancienne ait existé au fond delà baie de Teodo, et l'on m'a aflBrmé que dans certaines conditions d'éclairage et de calme absolu, on pouvait, comme à Risano, en apercevoir les débris au fond de la mer. Sans m' arrêter aux fables qui font de Teodo une ancienne résidence de Teuta, comme on m'aflBrmait qu'un très grand nombre de monnaies avaient été et étaient encore fréquemment trouvées sur le flanc occidental du mont Saint-Élie, comme cef emplacement pouvait correspondre à l'ancien Acruvium, dont les itinéraires auraient certainement fait mention s'il se fût trouvé sur la route de Budua^ je m'y suis rendu, mais il m'a été impossible de rien voir et je n'ai pu que recueillir de nouvelles affirmations de l'existence d'un reste de

^ Const. Porph.; Adm. imp.y 19. Palladius Fuscus donne du nom de Gattaro une autre étymologie : « la fiae (sinus) ubi tellus expatianti pelago fit obvium, sub praerupti montis cacumine consurgit Ascrivium quondam civium romanorum oppidum, quod nunc propter aquarum quae ex alto defluuut desceusuni, « Catarum » vocari constans est opiaio. (Pâli. Fusci Pataviiii; De situ orx lUyrici, 1540.)

mur analogue à celui deRisano. Ce côté du canal est trop fertile et trop bien situé pour qu'une ville ne se soit pas élevée sur ses bords. Ne serait-ce pas là qu'aurait existé l'ancien Acriwiumy peu à peu abandonné, comme l'est aujourd'hui Teodo, pour l'emplacement où s'élève maintenant Gattaro ? Ce changement assez fréquent, qu'expliquerait le développement des communications le long de la route et avec les pays placés au-dessus, dans la montagne, se serait opéré après l'époque de Pline et avant celle où écrivait le Ravennate. Déjà les Catarienses son', mentionnés dans la Noiitia dignitatum^ et une inscription*. Il existait donc alors, en même temps qu'i4crî^i;mm', dont il est peu probable que le nom ait changé pendant la durée de l'empire, une ville de Catarum, Decatera, ou Decadaron, ce qui justifierait mon hypothèse. Acruvium était un municipe de citoyens romains.

Budua*et Scodra ne nous ont encore rien livré, mais ont conservé dans leurs noms la mémoire de leur vie passée. Batua, aux souvenirs mythologiques plus qu'historiques, était au débouché de la route qui venait des bords du golfe, à l'extrémité d'une plaine qui s'étend jusqu'au fond de la baie de Teodo, au pied d'un cratère volcanique; Sœdra, sur les bords de la Bojana, aujour-

1 Nat. dign. Occ, c. VII, pag. 35, 23, éd. Bœcking.

2 Caddareasium (Or. Henzen, 5271).

^ Ce sont très probablement les habitants di' Acruvium que Tile-Live désigne à côté des Rhizonites et des Olciniates sous le nom d'Agravonites (XLV, 26).

^ Batua(T. P,], Bouôoîïî (Byz.); ses habitants sont appelés Bathiates par Appien {III., 16)

d'hui le principal bras du Drin. L'ancienne capitale de Teuta est encore une des principales cités de Tempire Ottoman, mais «aucune ville n'a davantage l'aspect d'un village ; Scutari cependant compte plus de 35,000 âmes. Au printemps, le vaste espace qu'elle occupe devient une forêt de verdure ; malgré les arbres, la poussière et le soleil y sont alors insupportables; en hiver, la ville est un lac de boue au milieu duquel les maisons s'élèvent comme des îlots* ».

Quand la Prévalitane aura été détachée de la Dalmatie parDioclétien, Scodra reprendra son rang, depuis longtemps perdu, de capitale.

La route qui de Ad Zizio ou Assisium y menait par l'intérieur, quoique décrite à la fois par l'/^in^raire et par la Table^ est encore moins bien connue que celle du littoral.

Voici les deux tracés :

Tablé .

Itinéraire.

Ravennate.

Pilunto.

Dallunto.

Pardua,

Ad Zizio.

Leusino,

Leusinio M. P. XL.

Sallunto.

^ Alb. Dumont; Le Balkanet l'Adriatique^ 2^ éd., pag. 262.

Table.

Itinéraire.

Ravenxatk.

Sanderua.

AndarbaU. P. XXVIIII.

Anderba,

Varis,

Sallunto.

Sallunto M. P. XVIII.

Saluntum.

Nalata,

AlataM, P. XVII.

Alcta.

Bersumno.

BirziminioM, P. X.

Burzumi.

Sinna,

Cinna M. P. XVIII.

S cobra.

Scodra M. P. XII.

iif pour la distance entre les deux derniers points, les aires s'accordent ici. Cette route intérieure est sans > celle de la Trebintchitza. ce La vallée de Popovo la it à Trébinyé, d'où, pour éviter la traversée si diflBdu massif de la Tsernagora, elle devait gagner litch, y rejoindre une autre route venue de Mostar es vallées de Névésinyé et de Gatsko et le défilé de a * , pour gagner ensuite par la vallée de la Seta % (Dukle) et aboutir à travers la plaine couverte de les qui s'étend à Test du lac de Scutari (Labeatis) à dernière ville.

usinio serait alors Trébinyé ; Andarba, la même sans î que VArduba de Dion Cassius, Nikchitch, que baigne ïluent de gauche de la Seta. Mais la Table et les

'. De Sainte-Marie; Herzégovine et Bosnie.

itinéraires n'auraient assurément pas omis Doclea si cette ville, dont les ruines encore aujourd'hui visibles au village do Dukle, près de Podgoritza *, s'était trouvée sur le parcours de la route. Celle-ci la laissait sans doute à quelque distance, de môme que celle qui desservait Delminium passait à Tilurium. Ce tracé est celui qu'adoptent MM. Kiepert et Mommsen, Le point voisin de Docka^ serait Bersumno, Birziminio, Burzumi, dont la distancd de Nikchitch correspond à celle que donnent la Table et Y Itinéraire entre cette ville, Andarba ou Sanderua\ c'est cette station de Burzumi que le Ravennate prend comme point de départ pour son voyage à travers le pays, et ce choix se trouverait justifié par sa situation à l'intersection de plusieurs routes. L'éloignement de Scodra est plus grand que celui que donne V Itinéraire^ il est vrai, mais répond exactement aux chiffres portés sur la Table.

Les points intermédiaires entre ces stations ne sont pas encore déterminés d'une façon précise , mais nous pouvons fixer d'une manière à peu près certaine la position de la plupart des peuples dont les noms nous ont été transmis par les historiens et les géographes. Les Ceraunes ( Cer^i^ni ) , que Pline nomme les premiers, divisés en 24 décuries , sont placés par Ptolémée audessus desDerriens, dans l'intérieur de la Bosnie actuelle, à Test des Derriopes , au sud des Dindares et des Ditions. Ces dorniors occupaient, à l'orient des Mazéens, la frontière septentrionale de la Dalmatie. Il faut donc

* Vi(i. m/?" , chap. VIII.

chercher les Gérauniens au centre de ce pays , plaçant à côté d'eux, en se dirigeant vers le levant , les Daorses * , réduits à 17 décuries, puis les Désitiates *, qui en comptaient encore 103 et tenaient, au-dessous des Dilions, la rive occidentale de la Drina {Drinus). Plus bas, les Docléates', que nous mettions tout à l'heure près de Podgoritza ; les Enderudins, autour d'Endero ( Ev8>3pov, Pt.), dans r Albanie actuelle , près de la Servie *, et les Deremistes ou Deraemestes*.

Pline distingue les Deretins des Enderudins, dont il failles voisins des Labéates. Peut être alors conviendrait-il d'assimiler les Deretins aux Derriens de Ptolémée, et de les reporter vers Mostar, où quelques-uns veulent qu'ait existé une ville d'AnderiimipnMandetrium. Nous descendrions alors avec eux dans cette vallée de laNarenta, où les Naresiens, au nombre de 102 déc^uries, ont hérité de Tancienne puissance des Vardéens, réduits à 20 décuries et relégués à la droite du fleuve, au-dessous des Melcumans et des Glinditions.

Les Siculotes étaient les descendants des colons établis par les Syracusains à Lisses , chassés des bords de la mer et établis avec les Pirustes et les Scirtons ou Scirtares (PI.) près de la Macédoine.

* Daver8(o) ou Daorso. C. I. L,, III, 2, pag. 859 ; Bull, dell. Inst. arch., 1841, pag. 189; 1842, pag. 125.

2 C. /. L., m, 1, 3201 : III, 2, pag. 849 ; Eph. ep., IV, 1 et 2, 350. ^RespublicaDocleatium.— (7. 1. L., III. 1, 1705.

* PouqueviUe ; Voyage dans la Grèce. — Var. Enderoduai,

6 C. L L., III, 2, pag. 859. DeraemestaB (Pline ; éd. Jahn. Teubaer, Leipzig, 1870).

258 DAL&IATIE.

Avant d'arriver à cette province, de laquelle dépendait déjà depuis longtemps l'Illyrie grecque, avec les territoires des Parthins et des Taulantiens, se trouvaient encore sur la côte des Labéates quelques ports importants : ainsi, Old' nium (Dulcigno), fondé par les Golchidiens, nous dit Pline , qui eut un moment d'éclat plus lard et, quoique bien déchu, sert encore, avec Antivari, déporta Scutari; Lissos (Alessio) enfin, abandonnée aujourd'hui et paria mer, sur les bords de laquelle elle s'élevait autrefois, et par le fleuve, qui baignait encore il y a quelques années ses murs, et par ses habitants, que les fièvres paludéennes ont chassés de ses dernières masures. Lissos avait reçu de César une colonie romaine ; peut-être aussi , mais le bit est plus douteux , bien que l'importance de cette ancienne capitale dos rois d'IUyrie le rende très possible, un établissement semblable avait-il été fait à Scodra (Scutari)*. Les Ënchèles avaient disparu; les Labéates restaient autour de Scutari,

Ainsi, parles dix colonies de Senia, lader^ Siclis^Salone, /Equum^ Narona, Épidaure, Risimbm^ Scodra^ Lissos ^ dont une seule, /Equum^ était située dans l'intérieur des terres ^; parles villes, alliées ou fédérées , d'/wa, Tragu' riu/ni , Epetivmi ; par les municipes de citoyens romains, les villes libres ou républiques , les municipes et les cités

< Spanheim; De usu numismatum, II, pag 603.

2 Peut-ôtre une onzième colonie leur ful-ellp ajoutée plus tard, établie, comme celle d'i^guwm, à l'intérieur, dans cette ville d^'Asseria (Podgradye) dont les habitants avaient, au temps de Pline, l'immunité d'impôts. Le numéro de juin 1881 du Bull, di arch. e st, da/m., IV, pag. 82,

de droit latin , les Romains étaient fortement établis sur les côtes et dans la plus grande partie du versant de l'Adriatique. Mais en dehors du territoire de la Dalmatie actuelle , Tintérieur du pays échappait encore à leur action civilisatrice. Les postes fortifiés tenaient les habitants en respect ; les routes établies partout témoignaient de la puissance de Rome ; les levées faites en Dalmatie pour le service des légions auxiliaires mettaient à son service les forces vives du pays ; mais la plupart des tribus subsistaient avec une sorte d'indépendance qu'elle n'essaiera jamais de leur enlever. La civilisation devait longtemps encore s'arrêter au seuil de ces rudes montagnes.

contient en effet trois inscriptions, dont deux, si leur authenticité était prouvée, ne laisseraient sur ce point aucun doute.

lo Pont» fel. nom. Gratiani in usum Seaa | tus ac Populi Romani

constr. dedic. jusse | runt dni nrilmp Gaesar. 20 Colon. Rom. dil. Ass.

Ces trois inscriptions, ajoute M. Glavinich, trouvées dans un vieux manuscrit par le conservateur Mons. Bianchi, de Zara, communiquées à la Commission centrale de Vienne et retenues inédites, ont été publiées dans les Mittheilungen de 1880 (pag. 87). Elles auraient été découvertes àPodgradye de Benkovatz en 1760.

Ce transport de colons romains à Asseria, par Gratien, aurait eu pour but de faire de cette ville un des boulevards de la Dalmatie et de l'Italie contre les invasions des Goths.

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