‹ La province sous l'ancien régimeChapitre 113 sur 205 · U Reilly, t. I, p · texte numérisé non relu

U Reilly, t. I, p

2. De la Cuisine, t. III, p. 153. — Noguier, loc. cit., p. 294-295. — A. de Boislislc, Con'. des contr. gén., t. III , n" 50. — En 1777, le parlement de Pau s'abonna avec les états pour la capitation. Le premier président paya 792 livres; les conseillers et le procureur général 125 1. 8^ (Arch. nationales, H. 1155.)

charges, par ce qu'il aurait fallu en même temps prendre sa part de ses dettes. Le prix des charges , très variable, selon leur dignité et leur nature, était toujours élevé pour les magistrats des cours supérieures et n'en permettait l'accès qu'à des hommes pourvus d'un certain patrimoine K Us devaient aussi faire preuve d'une instruction spéciale, et lorsqu'ils avaient subi une sorte d'examen d'admission , ils faisaient un stage auprès du tribunal , où ils n'avaient pendant un certain temps que voix consultative.

Ils tiraient leur autorité, non seulement de leurs fonctions et de leur dignité, mais de leur constitution en corporations, qui s'unissaient parfois pour la résistance. Comme les membres du clergé , les gens de loi formaient une sorte d'armée en robes noires , dont les nombreux soldats se rattachaient aux cours supérieures par les liens de la hiérarchie et de la discipline. Les hommes de loi subalternes étaient euxmêmes enrégimentés dans les compagnies de la Basoche ; elles se nommaient un roi , qui créait en Lan-

1. Sur le prix des charges sous Louis XIV, voir les Bourgeois d'autrefois, p. 142, 143. — En 1665, les charges du parlement de Bourgogne sont fixées par le roi à 120,000 livres pour les présidents à mortier et le procureur général, à 52,000 livres pour les conseillers et les avocats généraux. (Bibl. de Troyes, man. 086, fol. 88.) Les charges de juges mages dans le Qucrcy valent de 80 à 100,000 livres. (Noguier, p. 306.) Au parlement de Metz, les prix descendeni do 35,000 à 25,00!», après la paix de Ryswick. (Dt'pi)ing, t. II, inlr., p. xvii.) Estignard,t. 1 , p. 14t. —En somme, la vénalité des charges ne nuisait paii plus au recrutement des magistrats qu'elle ne nuit de nos jours à celui des officiers ministériels.

guedoc des sénéchaux dans les présidiaux. On évaluait à six mille le nombre des suppôts de la Basoche en Guienne, et Ton rappelait qu'ils avaient rendu de grands services à Henri II dans une guerre civile ' . Le trop grand nombre des magistrats et des gens de loi souleva, à maintes reprises, de vives réclamations 2. Les créations d'offices qui eurent lieu à la fin du règne de Louis XVI dans un but fiscal , empêchèrent ce nombre de se restreindre. En 1750, une ville de médiocre importance renferme cent neuf personnes occupées à rendre la justice, cent vingt-six, à en exécuter les arrêts^. A Dijon, en 1789, le parlement compte quatre-vingt-deux présidents et conseillers, cent trente-quatre avocats, quatre-vingt-dix-sept greffiers, procureurs et huissiers. Quarante-quatre personnes sont en outre attachées au bailliage^.

Vastes devaient être les édifices où ils siégeaient. C'étaient d'ordinaire d'anciens palais royaux ou seigneuriaux dont les grandes salles servaient de salle des pas perdus, comme à Paris , à Bourges, à Troyes. Tels étaient, à Bourges, l'ancienne demeure de Jean duc de Berry, qu'on appelait le logis du roi; à Troyes, la vieille résidence féodale des comtes de Champagne; à Blois, le Palais avait été bâti par les ducs

1. Noguier, Bulletin de la Société archéologique de liéziers, t. X, p. 327-330.

2. Le chancelier dAguesseau prescrivit, en 1740, une enquête minutieuse pour réduire le nombre des sii-ges de justices. (Garnier, Inv. des arch. de la Côte-d'Or, Jnlr., p. xv.)

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