‹ La province sous l'ancien régimeChapitre 112 sur 205 · En 1720, en Franclic-Comté. (Arch. nationales. G · texte numérisé non relu

En 1720, en Franclic-Comté. (Arch. nationales. G

L'opinion se passionna pour ces mag-istrats , qui parlaient au roi un langage dont la rudesse étonne sous un régime d'apparence absolue. Les avocats généraux eux-mêmes, tout en étant les organes de la loi , étaient indépendants du pouvoir supérieur par la propriété de leurs charges; au besoin, ils requéraient « pour le roi contre le roi » , c'est-à-dire qu'ils défendaient le droit contre ceux qui étaient en possession de la force. Les parlements mirent-ils toujours leur fermeté et leur indépendance au service de la justice? Ne luttèrent-ils pas parfois pour les privilèges contre l'équité? Ne furent-ils pas plus souvent les apologistes des traditions que les zélateurs du progrès? L'opinion publique, qui ne saisissait pas ces distinctions, les regardait comme ses défenseurs ; elle donnait à ses membres le beau titre de « pères de la patrie » , et suivit leur disgrâce de ses regrets comme elle salua leur retour de ses acclamations '.

Le pouvoir royal, malgré sa puissance, dut plus d'une fois compter avec eux; il ne recourait pas toujours à la force; il négociait secrètement, il cédait sur quelques points; il acceptait, par exemple, un abonnement pour un impôt nouveau ; il consentait à atténuer les etfets d'une loi vexatoire^; il savait au

1. Leur exil n'avait rien de pénible, si l'on en juge par le journal anecdotique du président de Meinières, publié par M. Grellet-Dumazeau , dans les Exilés de Bourges j 1892. — Voir aussi te Parlement (le Paris à Troyes en 1787. — Floquet, Ilist. du Parlement de Normandie . t. VI, p. 584; t. VII, p. 23. — Mercure Dijonnois, p. 3i8. — La Ville sous l'ancien régime, t. II, p. 175 à 178.

2. Le Parlement de Franche-Comté se rachète d'un droit sur les

besoin assouplir son action devant la résistance d'un corps qui était un des organes attitrés de l'opinion provinciale. Quelquefois aussi, le parlement enregistrait redit, et ne s'y conformait pas. C'est ce qui arriva à Pau, en 1682 K

Les corps judiciaires, fortement organisés comme les communautés religieuses, municipales et industrielles, pouvaient avoir leur bourse commune, leurs biens, faire des dons et des emprunts. Le parlement de Bourgogne offrit 200,000 francs au roi en 1689, qu'il se procura par un emprunt collectif garanti sur ses gages 2. Le présidial de Béziers, à la fin du dix-huitième siècle, était chargé de dettes, à tel point qu'on saisissait les offices des titulaires; Louis XIV autorisa la création de nouveaux offices pour contribuer à l'extinction des dettes. En 1696, le présidial fit un don gratuit de 40,000 livres au roi, en raison de la situation financière. Celui de Carcassonne empruntait 100,000 fr., en 1708, « pour le service de Sa Majesté en diverses occasions. » Le nombre de ses membres était réduit de vingt-six à neuf, personne ne voulant plus y acquérir de

francs alloux, en 1C92, moyennant 200,000 fr.; en 1709, il s'abonne aux dixii>mes, moyennant 370,000 fr. par an; en 1727, il obtient que les révocations d'aliénations du domaine ne portent pas sur les aliénations antérieures à 1674. (E.stignard, 1. 1, p. 170, 173, 240.)

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