Roschach, t. XIII, p
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même ailleurs. Le premier président était le seul qui fût nommé directement par le roi ^, qui pouvait être guidé dans son choix par la faveur non moins que par le mérite-, mais qui avait parfois égard à l'hérédité, en nommant le fils pour remplacer le père ^. D'ordinaire, logé aux frais des villes '*, entouré d'une grande considération , paraissant dans les cérémonies publiques avec son grand manteau écarlate doublé d'hermine et relevé par des « létices d'or », il ne cédait le pas à personne, sinon au roi et au chancelier, et traitait de pair avec le gouverneur -J. Il était l'intermédiaire entre les ministres et les conseillers. 11 lui fallait à la fois beaucoup de prudence
1. La charge, quoique révocable, était frappée d'un brevet de retenue, impliquant l'obligation pour son successeur de payer au prédécesseur ou à sa famille une somme déterminée par le roi , 500,000 1. à Paris, 150,000 à Toulouse. (De liastard-d'Estang , les Parlements de France, 1857, t. II, ch. m. Prérogatives des premiers présidents.)
2. L'intendant Pellot est nommé premier président de Rouen, parce qu'il venait d'épouser une nièce de Colbert, qui ne voulait pas s'éloigner de Paris. (O'Reilly, t. I, p. 658.)
?>. Brulart succède à son père et à son grand-père, à Dijon; le père et le fils Le Bret occupent successivement la première présidence d'Aix.
4. Le devis pour la construction d'un hôtel pour le premier président à Rouen, en 1716, dépasse 120,000 livres qui seront fournies en trois ans par l'impôt des boissons. (Bibl. nationale, fr. 11,378.) Metz fournit au premier président un hôtel qui a coûté 86,736 livres, malgré les précautions prises par l'intendant contre l'excès de la dépense. En 1770, le premier président de Besançon réclame un logement dans l'hôtel de ville. (Arch. nationales, H. 1410.)
5. En 1676, dans une cérémonie donnée par le collège des Jésuites à Besançon, le parlement siège à droite de l'orateur, le gouverneur à gauche. (Bibl. de Troyes, man. n" 691.)
et de fermeté pour diriger sa compagnie et faire régner la paix dans son sein • , beaucoup de tact et d'habileté pour faire respecter l'assemblée dont il était le chef et l'autorité du souverain dont il était le représentant. Mais, tout fonctionnaire royal qu'il fût, il était fréquemment pénétré par l'esprit du corps à la tète duquel il était placé , et s'il fut en lutte avec lui dans certains cas , plus d'une fois il se fit l'organe de ses réclamations et de ses résistances.
Les parlements astreignaient leurs membres à une discipline exacte par leurs mercuriales-. Celles du parlement de Bordeaux étaient « insérées en chaque chambre » dans un livre attaché avec des chaînes; aussi jalouses que les lois de Venise , elles allaient en 1626 jusqu'à défendre aux présidents de chambre et aux conseillers d'aller visiter les personnages avec lesquels le parlement était en conflit. Le président Pichon , qui avait été voir le duc d'Epernon , fut exclu des délibérations où il devait être question du duc. Le parlement de Bourgogne avait nommé un conseil secret pour traiter spécialement de ses affaires avec le conseil du roi; il protestait vivement, si une demande d'enregistrement lui était transmise par un lieutenant de roi au lieu de hii être adressée
1. Lettre de PoatchaitraÏQ à Le Bret, 1711. Bibl. nationale, fr. 8896. — Eslignard, t. II, p. 137.
2. lis étaient juges des écarts de leurs membres. En 1709, le conseiller de Michaelis fut poursuivi par le parlement d'Aix, et le chancelier de Ponlchartrain écrivit plusieurs fois à ce sujet au premier président. Il le loua de « l'exacte justice » que le parlement rendit à cette occasion, puisqu'il n'avait pas épargné un de ses membres. De Michaelis en appela au conseil du roi. (Bibl. nationale, fr., 8890.)
directement '. Certaines cours avaient des prétentions excessives; le parlement de Toulouse soutenait que les maisons de ses membres étaient inviolables. Un voleur avait trouvé asile dans l'une d'elles, et les capitouls, qui voulaient le faire arrêter, durent en appeler au conseil du roi qui leur donna raison '-.
L'esprit de corps, qui sauvegarde l'indépendance, maintient trop souvent la routine et les traditions mal raisonnées. Les parlements continuent à poursuivre les sorciers avec un acharnement tel que Louis XIV annula en 1682 toutes les procédures pour sorcellerie et magie , en ordonnant de relaxer tous les inculpés^. Les magistrats regardent comme nécessaire l'abominable emploi de la question préalable, et l'un d'eux la trouve trop douce pour obtenir la «rité^. On sait aussi avec quelle rigueur ils appliquèrent les lois contre Galas et le chevalier de la , Barre, et quel parti en tira l'opinion philosophique contre les institutions existantes. Trop souvent, ils multipliaient les procédures, faisant parfois des frais qui montaient à 10 écus pour des contestations de 5 sous"^, pressurant les justiciables qu'ils auraient dû soulager. En dehors de leurs attributions judiciaires, l'autorité des gens de justice était parfois excessive. / A Toulouse, on les appelait les « gens de main forte », f parce qu'ils recouraient souvent à la violence. Plu-