Lettre du 12 oct. 1693. Bibl. nat., fr
sieurs abusaient de leur pouvoir, soit pour se « faire vendre par force les biens et fonds qui les accommodaient* », soit pour faire décharger de contributions leurs parents et leurs fermiers-, pour exiger des habitants de leurs terres des corvées et des redevances qui ne leur étaient pas dues. Le conseil du roi fut obligé d'intervenir en 1 G65 pour condamner un président au parlement de Bourgogne coupable de pareilles exigences. En 1683, Colbert de Croissy ordonne une enquête sur un conseiller au parlement qui a levé des tailles sur les paroisses dont il est le seigneur^. D'autres fois, ce sont des magistrats qui entravent le cours de la justice dans un intérêt personnel; c'est un bailli assassinant à coups de canne et d'épée un sergent qui lui avait fait une signification sans lui en demander la permission. Le bailli, qui a pour parent un assesseur au présidial de Béarn, échappe par l'appui de ce parent aux poursuites que son crime eût méritées^. En 1692, un élu a une créance de 5,000 francs sur le lieutenant général de Clermont et sur deux gentilshommes. Il comptait sur cette créance pour acquitter le prix de sa charge ; il est obligé de recourir au contrôleur général. « Le lieutenant général, lui écrit-il, à cause de sa charge, ne paie ses dettes que quand il veut ; les deux autres