LeUrc du 26 mars lt)82. Bibl. nationale, fr
2. Arch. nat., G^ 102. — Chevalier, p. 275. — On se plaint aussi des rétributions qu'ils se font donner pour se transporter dans les paroisses. [Inv. Arch. Orne, C. 1335.}
et les élus , les lettres patentes précédées de considérants où le roi faisait connaître les raisons pour lesquelles il croyait devoir élever ou diminuer l'impôt. Les trésoriers mettaient leur attache à ces lettres; quelques-uns d'entre eux, de concert avec l'intendant , le receveur et les élus , allaient dans chaque élection régler ce que chaque communauté devait payer. Cette opération s'appelait le département de la taille, qui était personnelle dans la plupart des généralités, réelle ou tarifée dans quelques autres ^, en ce qu'elle portait sur tous les biens sans avoir égard à la qualité des personnes.
Les tailles réelles donnaient lieu à moins d'abus que les autres. En Dauphiné , on signalait seulement l'avidité avec laquelle les receveurs exigeaient les payements. Dans la généralité de Grenoble, comme dans celle de Montauban , les communautés étaient divisées en feux , les feux en étincelles , pour en asseoir la répartition. Le système des feux existait aussi en Provence et en Bretagne ; le feu comprenait une certaine quantité de biens fonds propre à supporter une imposition déterminée. Dans le comté de Foix, les feux reposaient sur une tradition qu'on n'avait jamais essayé de modifier par une vérification générale, mais à laquelle on avait quelque peu porté atteinte par des suppressions ou des additions partielles.
A diverses reprises, les contrôleurs généraux essayèrent de remédier aux abus de la taille. En 1734,
J. Auch, Grenoble, Montauban, plus tard Châlons.
Orry écrivait aux intendants : « Le mauvais état des habitants des campagnes doit moins s'attribuer à l'excès des impositions qu'aux vices de la répartition et des recouvrements. » Il signalait l'inégalité des répartitions; il croyait qu'une meilleure administration augmenterait les produits de l'impôt sans aggraver les charges des habitants. Colbert s'était efforcé d'agir dans ce sens ; de nombreuses circulaires furent envoyées par ce grand ministre et ses successeurs*. Les intendants, comme nous le verrons plus tard, s'efforcèrent fréquemment de les seconder dans leurs intentions bienfaisantes. Les publicistes, tels que l'abbé de Saint-Pierre, proposèrent des plans de réforme; des essais de taille perçue en nature, comme la dime ecclésiastisque, furent tentés sous la Régence, dans les élections de Niort et de Lisieux et dans la généralité d'Auch-. Circulaires et réformes restèrent souvent sans résultats , si l'on en croit le marquis d'Argenson. « Plus les gens d'autorité, disait celui-ci, se mêlent de la besogne commune (du rôle de la taille), plus elle est mal faite et avec injustice. Parmi ces gens d'autorité, convenons que les neuf dixièmes sont fort injustes et fort méchants... L'arbitraire des tailles, dit-il aussi, cause un grand mal à l'État... Les receveurs des tailles s'enrichissent davantage chaque jour ; plus les recouvrements sont