Guislain Lemale, p
étaient spécialement militaires et qui avaient souvent des démêlés avec les autorités civiles pour des questions de police, de redevances ou de préséance '. Cependant nous devons mentionner ceux dont le pouvoir s'étendait sur un certain territoire dépendant de la ville, comme le gouverneur de Cambrai, qui l'était en môme temps du Cambrésis, comme le gouverneur de l'île de Ré, le chevalier d'Aulan. Le comte de Broglie disait de ce dernier qu'il était « le père, le juge , presque le roi » des liabitanis de l'Ile; « il est adoré, ajoutait-il, craint et obéi sur tous les points- ». Le sénéchal de Bigorre avait le gouvernement particulier de cette petite province , sous l'autorité du gouverneur général ^. Son pouvoir était plus sérieux que celui du gouverneur, parce qu'il était plus direct , plus incessant et plus régulier.
Si les lieutenants de roi et les gouverneurs de villes avaient des démêlés fréquents avec les municipali-
1. Voir la Vie militaire, l. II, p 235, 2'<3. — Lettres écrites à la cour par le comte d'Angerrillcrs, p. 9, 17. — Bibl. nationale, p. 8825, 8820, 8893, 889(5. — Ainsi, en 1085, le gouverneur de Vienne ne veut pas marcher en lèle de la procession avec le vibailli de la ville, précédé de ses huissiers; il veut marcher le premier, sans huissiers. Le commandant de la Seyne prétend être salué le premier par le prédicateur, avant le curé, comme cela se lait à Antibes. Les gouvernements de villes pouvaient être des sinécures données à de grands seigneurs. Le duc de Saint-Simon était gouverneur de Blaye, de Senlis et capitaine-concierge de PontSainte- Maxence. Blaye lui rapportait de 24 à 26,000 francs , Senlis 1,800; Pont-Sainte-Maxence, 1,200. Il n'alla à Blaye que deux fois. (A. de Boislisie, Me'm. du duc de Saint-Simon, t. I, p. 539-547.)