Corresp. de 3/™» du Deffand, t. I, p
3. 11 essaya même de le contester. (L. de Froidour, Mémoire sur le Bigorre, ch. IV et V.)
LIKUTENANTS r.KNKRAUX ET COMMANDANTS. ;]21
tés, les gouverneurs et les lieutenants généraux curent surtout des conflits avec les parlements. Ceuxci défendaient avec insistance leurs prérogatives, surtout pour des questions de formes. Il s'éleva une grande querelle entre le parlement de Toulouse et le duc de Fitz-James, parce que celui-ci refusait de terminer les lettres qu'il adressait au premier président par ces mots : « Avec respect. » Fitz-James remit à ce sujet une note au ministre dans laquelle il disait : « L'autorité du roi dans les' provinces est partagée entre le gouverneur ou celui qui en remplit la place, et le parlement. Ces deux autorités sont fort indépendantes l'une de l'autre; elles ont également un pouvoir coactif qui n'est subordonné qu'au roi. « Le ministre Saint-Florentin donna raison à Fitz-James et cassa les délibérations que prit le parlement à rencontre de sa décision.
Le parlement alla jusqu'à défendre de le reconnaître comme commandant en chef dans la province. Le ministre écrivit à Fitz-James : « Je dois vous dire que si vous êtes inquiété ou poursuivi pour avoir obéi à mes ordres, vous pouvez compter d'être soutenu et protégé de toute la force de l'autorité que le roi m'a confiée. » Et comme la maréchaussée refusait d'obéir au commandant, Saint- Florentin l'autorisait « à en tenir les officiers aux arrêts dans tel lieu qu'il jugerait à propos ^ ».
On pourrait citer d'autres exemples de querelles, notamment entre le parlement de Bordeaux et les
1 Bibl. nationale, fr,, 6828.
ducscVEpcrnon' etdeRichelieu.Leg-ouverneur, dans certains cas, réprimait les excès des g-ens de main forte, chargés d'exécuter les sentences judiciaires. Le prince de Conti envoyait souvent ses gardes pour y mettre un terme; mais les abus reprenaient, aussitôt qu'il était parti pour la cour-. Le gouverneur modérait aussi l'ardeur des parlements; le marquis de Beuvron, à l'époque de la révocation de l'édit de Nantes, aurait lutté contre le parlement de Rouen, plus intolérant que les ministres eux-mêmes, et se serait efforcé d'atténuer dans leur application les ordres inexorables de Louvois 3. Dans d'autres circonstances, les gouverneurs eurent à faire prévaloir la volonté du roi sur les résistances parlementaires, en faisant enregistrer par voie de commandement les décisions du souverain. Ils soutenaient par la même raison les intendants contre les cours judiciaires; le duc de Gramont, pour contraindre le parlement de Pau à se conformer aux volontés de l'intendant, se rendit dans cette ville à la tête d'une compagnie, dont il menaça de faire loger les hommes chez les conseillers^. En 1760, le duc de Luxembourg et le
1. En 1625, le duc d'Épernon se plaint du parlement de Bordeaux qui a fait chanter un Te Deum sans l'avertir, et déclare au premier président qu'il ne l'a en aucune considération. Le premier président répond «qu'il ne se souciait point qu'une autre personne le considérât que le roi. » (Registres du Parlement de Bordeaux. Bibl. de Troyes, man., 713. i