F. Filon, p
tapis de drap bleu, s'élevait « une chaire voûtée en forme de dôme » , recouverte d'une étoffe semblable à celle du tapis. A droite et à gauche, des bancs étaient disposés pour le clergé et la noblesse. Au milieu, une longue table revêtue d'un tapis bleu fleurdelisé était destinée aux syndics généraux, greffiers et trésoriers des états'. Parfois, on y dressait un autel, auquel le prélat président célébrait la messe du Saint-Esprit, avant l'ouverture des sessions, et devant lequel , à la clôture , les musiciens des états chantaient un Te Deum.
Le plus souvent, la messe était dite dans la chapelle du couvent ou dans une église voisine. A Montpellier, elle était chantée dans l'église de Notre-Dame des Tables par l'aumônier de l'archevêque-président, et servie par la livrée de celui-ci-. Un des évoques, membre des états, ne manquait pas d'y prononcer un sermon. Le célèbre évêque de Nimes, Fléchier, fut chargé quatre fois de cette tâche ■''. Le sermon était quelquefois plus politique
1. La collection Hennin, delà Bibliothèque nationale, contient une très intéressante gravure de B. Picart , représentant une séance ordinaire des étals de Languedoc en 170i (t. LXXVIII); un dessin à l'encre de Chine dune séance des états de Bourgogne vers 1775 (t. CIX) et une estampe d'Hénon montrant la salle où l'on tient les états de Bretagne en 1772 (l. CVIII), que l'on peut comparer à une planche sur l'ouverture des mêmes étals reproduite par M. du Bouëtiez de Kerorguen en tête du premier volume de son ouvrage.
2. Registre du cérémonial, Bibl. nationale, f. fr., 11784. — De Carné, t. Il, p. 276, Règlement des états de Bretagne. — Filon., p. 59-60. — Les états de Nébouzan donnent 18 livres pour la messe du Saint-Esprit. (Arch. nationales, H. 70.)