‹ La province sous l'ancien régimeChapitre 88 sur 205 · De Kerorguen, t. I, p. 183. — Louis Legrand, p · texte numérisé non relu

De Kerorguen, t. I, p. 183. — Louis Legrand, p

3. Les députés d'Artois n'étaient admis qu'à l'audience du roi. (Duc de Luynes, t. IX, p. 469). Mais ceux de Corse étaient reçus par tous les princes et princesses du sang, et ne manquaient pas de les haranguer. (Arch. nationales, K. 68G.)

LES DÉPUTÉS A LA COUR. io7

autour d'eux des gratifications, que nous croyons devoir faire connaître pour donner une idée des mœurs administratives du temps. En 1776, les députés de Bourgogne distribuent 24 1. à chaque garçon du gobelet, de l'office et de l'écbansonnerie , 36 1. aux suisses de la salle des Ambassadeurs, i8 1. au suisse de l'œil de bœuf, 60 1. aux fontainiers, Si 1. aux garde-bosquets, 168 1. aux suisses traînant les calèches (les députés s'étaient sans doute fait traîner); 24 1. aux suisses portant baudriers, 48 1. aux gondoliers et aux fontainiers de Trianon, enfin 6 1. au garçon du jardin de Trianon.

ils ne bornent pas là leurs libéralités. Comme ils vont chez le contrôleur général, chez le ministre de la province et chez le garde des sceaux, ils n'ont garde d'oublier leurs laquais et leurs suisses, à chacun desquels ils donnent de 12 à 481. K II fallait, en effet, faire des démarches et mettre en jeu les influences dont on disposait pour obtenir des réponses favorables au cahier. L'examen de celui-ci durait environ un mois. Le gouverneur et l'intendant étaient consultés par le ministre , et leur avis était assez fréquemment conforme aux demandes de la province -. Quand le travail était terminé , le gouverneur, le chancelier et les membres du conseil se réunissaient dans la salle du Conseil, autour d'une

1. Arch. nationales, H. 139. — Le baron Trouvé (t. I, p. 338) raconte que les députés de Languedoc offraient tous les ans un mouton de Ganges.

2. Le contrôleur général se rendait chez le gouverneur pour lui soumettre les réponses. (Arcb. nat., H. 99.)

158 LES ASSEMBLÉES d'ÉTATS.

longue table , à l'extrémité de laquelle était placé le fauteuil du roi, qui était brodé d'or et d'argent et restait vide. Le secrétaire d'état lisait les demandes et les réponses; à chaque article, le chancelier prenait les voix, et chacun « opinait du bonnet » d'une manière affirmative, « toute cette cérémonie n'étant que de pure forme. » Le gouverneur ne disait rien , parce qu'il n'était pas d'usage qu'il fit aucune objection, et le même silence était observé par les députés de la province, lorsqu'ils étaient admis dans la salle à entendre le texte du cahier et des réponses, dont la lecture était faite pour la seconde fois par le secrétaire d'état ^

Ces réponses n'étaient pas catégoriquement négatives; elles étaient vagues et dilatoires pour la plupart, cherchant à laisser quelque espoir même lorsqu'il n'y avait pas lieu d'en avoir. On lit souvent en marge des articles : (( Le roi fera examiner dans son conseil ce qu'il conviendra de faire pour la plus grande utilité de ses sujets. — Il se fera rendre compte de l'afTaire. — Il ne prendra pas de résolution nouvelle sans entendre les parties intéressées-, » Aux plaintes que font entendre les députés de Languedoc, LouisXV répondra : « Je ressens tous leurs maux; je m'occupe des moyens de les soulager et de suivre les mouvements de mon cœur, en faisant éprouver à mes sujets de cette province l'effet de mes favorables dispositions pour eux. Vous peignez si bien leur si-

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